Critique : Doctor Who christmas special – The time of the Doctor

(Par Arianne Lapierre)

Je dois le dire haut et fort, s’il y a bien une chose que je déteste, c’est de diviser les histoires entre les bonnes et les mauvaises. Je crois que les histoires entièrement géniales ou entièrement catastrophiques sont une chose rare. En toute honnêteté, The Time of the Doctorn’en est pas une.

Dans ce spécial de Noël, on retrouve le Docteur et Clara le Noël suivant The Day of the Doctor (le spécial 50e anniversaire). Le début adopte un ton léger alors que Clara appelle le Doctor en panique parce que la dinde qu’elle prépare pour son repas de Noël est insuffisamment cuite. L’ambiance de l’épisode se stabilise sur une note plus sombre alors que Clara et le Doctor visitent l’église du Silence afin d’investiguer une planète (Trenzalore) qui inquiète à cause d’un étrange message attirant des hordes d’ennemis.  Découvrant la source du message (et sa signification), le Docteur déclare un siège afin de protéger la planète et ce qui s’y trouve. Long de plus de 300 ans, le siège se termine, comme on s’y attendait, par la regénération du onzième Docteur en sa prochaine forme.

Tout en tentant de ne pas dévoiler les moments-clés de l’histoire, il y a dans cet épisode beaucoup d’éléments narratifs ainsi que d’anciens et de nouveaux sujets abordés qui s’entrecroisent sans liens apparents. L’intention étant clairement d’intégrer presque tous les éléments rappelant les aventures du Onzième, il n’en demeure pas moins que le récit est inutilement alourdi. Le choix d’illustrer l’ordre religieux du Silence, que les téléspectateurs connaissent peu, fait souffrir la trame narrative dans son ensemble. Son ablation aurait permis d’aérer grandement le récit.

Il y a quand même des éléments qui, avec cet effet « récapitulatif », fonctionnent très bien. J’irais jusqu’à dire qu’ils offrent une finalité appropriée à l’adieu au Onzième. Le siège de Trenzalore rappelle efficacement ce qu’est le Docteur : l’extraterrestre prêt à donner sa vie pour sauver celle d’étrangers; celui qui veut le pardon de sa race; celui qui a vu trop de morts dans sa longue vie (au moment de sa regénération, on estime qu’il est âgé de plus de 1600 ans). Non seulement c’est le Docteur, mais il est également le Onzième, le grand bambin excentrique et parfois arrogant, l’enfant hyperactif. Son interprète, Matt Smith, est le plus jeune acteur à camper le rôle-titre de la série et celui qui a relevé le défi de succéder à David Tennant.

La scène de régénération est le point fort de l’épisode et un bel hommage à Matt Smith, qui se spécialise dans les monologues. Cette scène, bien qu’émotionnelle, adopte une atmosphère douce-amère. Malgré la tristesse de la séquence, la jovialité du Onzième et son évident  émerveillement face à l’univers, au temps et au changement, est si belle et naïve qu’on en oublie presque les nombreux faux pas du récit. À la toute fin, la boucle est bouclée et le conte du Onzième ne fait qu’une grande histoire. L’arrivée subite et plutôt loufoque de Peter Capaldi semble naturelle.

The Time of the Doctor est un récit complexe, peut-être trop, mais c’est également un épisode que l’on se plaît à regarder plusieurs fois parce que chaque visionnement révèle de nouvelles surprises et compréhensions. Après deux visionnements, je peux dire avec certitude que si ce n’est pas une perle rare, c’est quand même une belle histoire. Bonne nuit, Docteur!

 

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