Archives de catégorie : Dossiers

Osheaga 2014 : Jour 3

(Par Jean-Maxime Touzel)

Nous étions sensés voir Wake Owl, l’une des meilleures découvertes parmi la liste d’artistes initiale.  Or, le groupe n’aura pu être présent et nous savons devoir commencer par Hey Rosetta!  Leur nom est ridicule, mais nous savions qu’ils performaient d’une façon qui ne l’était pas.  Plusieurs personnes affichent clairement leur enthousiasme, plus qu’à l’habitude.  Il est facile d’observer plusieurs bracelets exclusifs à la journée plutôt qu’à la fin de semaine, encore facile de comprendre que c’est parce qu’on se rue à la présence d’Arctic Monkeys, le groupe qui en fait rêver plus d’un et qui, pour plusieurs, justifie la présence à Osheaga.

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Osheaga 2014 : Jour 2

(Par Jean-Maxime Touzel)

La journée s’amorce en sachant qu’elle risque d’être plus conciliante envers les goûts plus conventionnels de ma copine, sans toutefois ignorer les miens.  Nous sommes arrivés plus tard dans la journée, autant pour dormir que par inutilité d’arriver plus tôt.  Le premier artiste à intéresser l’un de nous deux est le montréalais Kaytranada.

Kaytranada

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Nous nous dirigeons à nouveau vers le Piknic Électronik afin de voir, mais aussi découvrir l’artiste en question.  Il adore déjà la foule qui lui fait face et l’interpelle constamment.  Nous lui répondons et répondons à sa musique, jusqu’à ce que le canon à eau jute de façon désagréable sur la foule afin de la rafraîchir.  Ce simple fait nous donne envie de partir et de revenir pour plus tard, entre autres puisque nous avions tous deux envies d’aller voir la performance de Local Natives afin de nous préparer à Volcano Choir, l’un des groupes me faisant le plus saliver.

Local Natives   

Local+NativesLa scène de la Rivière et celle de la Montagne se côtoient et se partagent les artistes les plus populaires et attendus de la journée.  En arrivant aux deux, nous décidons de prendre celle de la droite qui accueillera Volcano Choir, autant pour se préparer que parce qu’elle était complètement vide.  Chose surprenante considérant la popularité des deux scènes.  Ainsi, en première rangée, il n’est possible pour nous de voir The Local Natives qu’au travers deux énormes écrans affichant leur performance.  Cependant, nous sentons tout de même leur énergie, contagieuse, qui accompagne leur musique interprétée de façon excellente.  Aussi peu visible, pourtant inoubliable, il est difficile de ne pas souhaiter les revoir sous un meilleur angle.

Volcano Choir

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Pourtant l’attente en a valu toute la peine du monde.  Mes goûts se partagent plusieurs genres en dichotomie réelle.  Pourtant au travers toute cette complexité se place mon groupe préféré : Bon Iver, qui accompagne à sa discographie deux des meilleurs albums à mon avis jamais créés.  Volcano Choir est un groupe dirigé par Justin Vernon à la tête de Bon Iver.  Inutile de mentionner mon enthousiasme à l’idée de voir le groupe performer en toute première rangée.  C’est Justin Vernon qui semble tout diriger, pourtant celui qui s’exprime le moins : d’un génie particulier, il recalibre le son de son groupe au fur et à mesure qu’il interprète le morceau d’ouverture de son dernier album, Repave, fait des gestuelles aux techniciens de son et aux membres du groupe : tout semble à sa place et joué de façon parfaite au final.  Pourtant c’est le guitariste qui remercie la foule, la dirige vers leurs prochains morceaux, la complimente : Justin Vernon ne fait que glisser un mot de remerciement à la fin du morceau du festival : Byegone.  La foule qui cri son refrain à tue-tête alors que le groupe le cri encore plus fort.  C’est d’assister à un réel moment que d’entendre performer le groupe : Osheaga prend toute sa forme.

Haim

Haim

Est mesurable la qualité d’Osheaga en voyant un groupe aussi puissant que Volcano Choir se faire suivre par le trio Haim, des emblèmes iconiques du rock.  Or le génie du groupe composé de trois sœurs ne s’apprécie complètement qu’en les voyant performer.  Haim est sympathique, talentueux et exalté : la première des trois sœurs chante, joue de la guitare et parfois joue de la batterie (maladroitement, mais le fait tout de même), la seconde s’occupe de la basse alors que la dernière tape sur des tambours.  Mais la façon dont elles le font offre un charme immesurable, mais surtout incomparable.  La bassiste grimace et étire son visage tout au long de la performance alors que la percussionniste danse de façon entrainante alors qu’elle frappe avec violence ses instruments.  La chanteuse, elle, interprète la musique du groupe, déjà là incommensurablement mémorable, de façon unique.  Haim, en studio, est un groupe génial.  Haim, en concert, est un groupe idéal.

Basia Bulat

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Après la performance entraînante d’Haim, tout pourrait sembler timide et non assumé.  Il est ainsi facile de s’imaginer le pire en voyant cette petite artiste que trop peu de gens semble connaître.  La scène accueille trop peu de gens, pourtant rien ne semble déranger l’artiste, un sourire jovial et accueillant tout au long de la performance.  Elle chante avec un plaisir réel qui dore son talent, exprimé au travers plusieurs chansons que toute la petite foule semble connaître, y compris ma copine qui semble y prendre un réel plaisir.  Je le partage de façon surprenante avec elle, même si je connais trop peu l’artiste.  Or, je ne pouvais que penser à ce qui m’attendait, l’artiste qui criait mon nom et qui m’interpellait vers sa scène tant je souhaitais le voir.

Gesaffelstein

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Quelle déception réelle.  J’en ai le vomi à la bouche.  Il faut d’abord connaître la réelle cruauté que me présentait le festival bien avant que j’y participe : les trois artistes que je souhaitais le plus voir, Danny Brown, Young & Sick et Gesaffelstein, ont été placés dans l’horaire du festival EXACTEMENT en même temps.  J’ai ainsi choisi Gesaffelstein étant donné la qualité gigantesque de son album.  Rien ne me ravissait plus que l’idée d’entendre Pursuit en spectacle, je ne pouvais ainsi plus attendre malgré la déception.  Rendu à la scène, un affreux spectacle s’amorce.  Un Gesaffelstein confiant et sur de lui-même arrive sur scène, acclamé par la foule et joue un mix d’une heure et demie.  Parmi ce mix, et je tiens à préciser que j’ai cherché du mieux que j’ai pu, il était possible de n’entendre aucune chanson de Gesaffelstein.  Aucune.  L’artiste, avec un registre riche en morceaux incroyables, s’est plutôt attardé à jouer une heure et demie de morceaux d’acid techno inconnus et dépourvu de charme.   Il faut préciser que Gesaffelstein en tant que tel est un DJ incroyable qui mix plusieurs morceaux tel un réel génie.  Or, voir un artiste implique aussi entendre un artiste, l’entendre lui dans ce qui le démarque des autres.  Rien ne réussissait à démarquer Gesaffelstein du lot d’artistes qui auraient pu prendre sa place.  Une boule amère à la gorge, je me précipite en courant vers la scène Verte pour voir quelques brefs instants de Danny Brown, mais il était trop tard.  Danny Brown était parti.  Comme mon enthousiasme.

SBTRKT

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Je traine avec moi une déception réelle jusqu’à la prochaine scène, celle qui a réussi à me remonter le moral.  SBTRKT m’apparaissait d’abord comme un producteur très talentueux et avant-gardiste, pourtant m’a au final laissé l’image d’un génie au-dessus d’un art.  Un énorme animal gonflable lévite au-dessus de la scène alors qu’une atmosphère se crée, remplie d’un groupe de gens qui adorent déjà l’artiste.  Un band se place sur la scène et recrée un son unique en son genre lors d’une performance mémorable.  Wildfire débute et tout le monde hurle de plaisir : c’est le morceau que tout le monde attendait.  Il est interprété, retravaillé, remixé, remis à neuf.  Le résultat final est tout simplement brillant.

Métro

Plutôt qu’un goût amer, la journée nous laisse heureux.  Le métro s’évacue de façon rapide et efficace alors que les festivaliers discutent de leur journée remplie d’évènement.  La majorité d’entre eux semble discuter avec plaisir de la performance de Jack White en tête d’affiche, un spectacle que nous souhaitions voir, mais qui s’affronte trop tristement au talent des autres artistes à l’affiche.  Demain risquait de nous obliger à trancher avec une plus grande peine.

Revue de la première journée : http://jestermind.com/2014/08/11/osheaga-2014-jour-1/

Entrevue avec Jonathan Pilon

(Par Pierre-Luc Latour)

NDLR : Un des points positifs d’écrire pour Jestermind est qu’on est assez libre de créer ce qui nous passe par la tête. Récemment, j’ai remarqué que je m’enlignais pour vous parlez seulement d’artistes anglophones. C’est pourquoi, depuis quelque temps, je chérissais l’envie de faire une série d’interviews avec des artistes d’ici qui essaient de percer la scène musicale. Continuer la lecture de Entrevue avec Jonathan Pilon

« Crispo da ulwan um chinka creeta », ou pourquoi Star Wars est si incroyable.

(Par Pierre-Luc Latour et Alexandre Poirier)

Il y a bien longtemps, dans une galaxie lointaine, très lointaine…

Scratch that.

Dans un « appart » miteux du quartier Villeray, deux séduisants et brillants chroniqueurs, un peu en lendemain de veille en ce matin pluvieux de mai (bière, Schnapps et Curaçao ne font pas bon mélange), s’apprêtent à écrire un palmarès des raisons qui justifient l’« awesomenitude » de la saga de George Lucas. Ceci étant dit, voici dix arguments qui devraient vous inciter à écouter la série au complet en pyjama, armé de votre Snuggie, vos friandises et votre boisson chaude préférée, idéalement un café Bailey’s. Continuer la lecture de « Crispo da ulwan um chinka creeta », ou pourquoi Star Wars est si incroyable.

Palmarès surprise d’une fangirl

(Par Sophie Vaillancourt)

Bon. Vous direz ce que vous voudrez de mes gouts musicaux, ça ne m’affectera pas beaucoup. Depuis un certain temps, j’ai beaucoup de difficulté à écouter les morceaux populaires qui passent à la radio, peu importe le genre de musique. Je trouve que les genres stagnent et se ressemblent tous. Ceci étant dit, un soir que je voulais écouter de la musique en faisant mon ménage de chambre, j’ai décidé de fouiller dans ma musique « d’autrefois ». Savez-vous sur quoi je suis tombée? Ben oui! Les fameux et délicieux Backstreet Boys. Ils nous ont toutes fait chavirer le cœur, ces p’tits boys là! Alors j’ai épluché leur discographie (que je possède en entièreté sur mon ordinateur) et j’ai relevé, pour ma liste d’écoute de ce soir-là, une quinzaine de titres qui sont, d’après moi, les meilleurs. Encore ici, il peut y avoir un grand débat, mais sachez que ce palmarès est hautement subjectif, donc vous pourriez ne pas partager mon opinion! Continuer la lecture de Palmarès surprise d’une fangirl

Le top 50 musical de 2013 selon Jean-Maxime Touzel (Page 3)

(Par Jean-Maxime Touzel)

Faire hommage de façon appropriée à l’année 2013 musicalement parlant reste un effort en soi.  Il serait simple d’extrapoler la suffisance d’une sortie d’album par Queens of the Stone Age, Beyonce, Drake, Justin Timberlake, Kanye West ou même Daft Punk pour satisfaire les goûts les plus capricieux et exigeants.  Or, il est à chérir l’année 2013 pour tant d’autres choses qu’y restreindre ses succès à 50 albums ou EPs serait un affront à la qualité musicale dont l’année dernière a su faire part.  Des mentions notables ne peuvent que s’accorder à l’album de Woodkid, The Golden Age, qui n’arrivera pas à atteindre le top 50, mais qui saurait séduire toute personne qui s’est essayé à l’avant-gardisme du mélange orchestral et tribal qu’apporte Yoan Lemoine au sein de son tout premier ensemble musical.  La compilation Feathers par le label de disque Pelican Fly illustre parfaitement la versatilité du trap, qui renaît sous une touche française qui lui va à merveille.  Continuer la lecture de Le top 50 musical de 2013 selon Jean-Maxime Touzel (Page 3)

Top 100 des chansons de l’année 2013

(Par Jean-Maxime Touzel)

L’impression laissée par l’aspect musical de l’année 2013 est d’une impressionnante portée.  Tant bien on discute trop souvent des meilleurs albums de l’année pour qualifier sa préséance artistique sur celle des années précédentes, il en est de cette liste d’un tout autre hommage, autant sinon plus important que les autres : une compilation des cent meilleures chansons de l’année. Cela devient une tâche ardue, non de par son amplitude, mais par sa constitution qui, du mieux qu’elle le peut, tend à rendre hommage à bien plus de nouveaux artistes n’ayant pu sortir autre chose que des morceaux singuliers. Vous verrez ainsi naître un visage trop peu connu de la musique d’aujourd’hui, celui de l’artiste qui s’essaie au succès, à l’accession à la popularité, ou même celui qui l’attend tout simplement. Chacune des chansons ici présentes ne peut, cependant, qu’être qualifiée d’exemplaire, de preuve d’un talent qui s’exprime trop difficilement par des mots, et trop aisément par l’écoute du morceau, tout simplement. Continuer la lecture de Top 100 des chansons de l’année 2013