Archives de catégorie : Critiques

Critique littéraire : La vérité sur les médicaments.

(Par Mimi)

Le livre ‘’La vérité sur les médicaments’’ coordonné par Mikkel Borch-Jacobsen est une avalanche d’information, ou plutôt l’exhumation de secrets bien gardés. Ceux qui me connaissent savent que l’éducation que j’aie eue ne m’a jamais poussé à guérir mes maux par les médicaments, trop faciles à obtenir. Ce livre m’a donc interpellé dès le premier regard et j’en ai pris un réel plaisir à lire (ou digérer) chaque chapitre d’information.

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Critique CD : In Flames – Siren Charms

(Par Maxime Pagé)

In Flames est un groupe qui n’a plus besoin de présentation. Véritables piliers du melodic death metal suédois, ils ont créé un son unique appelé « Gothenburg » avec d’autres groupes de renom comme Dark Tranquillity et At The Gates. Leurs albums sortis dans les années 90 sont souvent cités comme étant les meilleurs albums du genre. Que ce soit du légendaire The Jester Race, des magnifiques parties acoustiques de Whoracle, de la mélodie et de la vitesse de Colony ou des ambiances plus électro de Clayman, tout ça fait partie des albums que j’écoute encore régulièrement.

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Critique littéraire : Maxime St-Georges – Génome

(Par Jérémie Bernard)

Le 12 août dernier, j’ai acheté plusieurs livres québécois. Génome, par Maxime St-Georges, est un de ceux-ci. Originaire de Sept-Îles, ce policier/écrivain offre au monde un premier roman qui mélange justement les genres du polar et de la science-fiction. Pour un premier essai, il faut dire que ce jeune auteur s’en sort plutôt bien. Le récit qu’il propose est difficile à poser et ses personnages sont aisément aptes à retenir la curiosité du lecteur.

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Critique littéraire : Jack Kerouac – The Dharma Bums

(Par Jérémie Bernard)

Contrairement à la croyance populaire, Jack Kerouac n’était pas l’homme d’une seule œuvre. Même s’il n’y a que Sur la Route qui a su traverser le temps et les continents avec aise, Kerouac a aussi écrit quelques autres romans d’une très grande qualité littéraire. C’est le cas de The Dharma Bums, moins connu ici, mais pourtant à un certain point un peu plus réfléchi que le célèbre roman de l’Amérique qui l’a rendu célèbre.

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Critique littéraire : Nelly Arcan – Putain

(Par Jérémie Bernard)

Nelly Arcan a marqué le Québec pour les mauvaises raisons. Tout le monde se souvient de cette jeune et belle femme pour son passé d’escorte et, plus tristement, son suicide. Écrivaine, Nelly Arcan avait déjà expliqué sa condition de prostituée montréalaise bien avant de s’enlever la vie. Cette condition, elle est complexe, et beaucoup plus intérieure qu’à première vue. Voici Putain, un mélange entre l’autobiographie et la réflexion personnelle. Voici la manière dont on devrait se souvenir de Nelly Arcan : déchirée, mais consciente, perdue dans sa condition, à la dérive, mais capable de la décrire avec génie.

Dans le texte, on parcourt l’enfance troublée de l’auteure (et de la narratrice). On voit que ses parents ont joué un grand rôle dans le besoin de plaire de Nelly Arcan. Elle a toujours été la petite princesse, celle que l’on adore, que l’on trouve jolie, que l’on câline. Plus tard, tout allait devenir cauchemar.Maquette Fiction OK

Cette étudiante a décidé de devenir escorte pour payer son éducation universitaire. Même si cela semble être une mesure plutôt extrême, il y a plus de jeunes femmes qui partagent le sort de Nelly que l’on pourrait croire. Le lecteur est plongé dans ce choix de vie, dans le quotidien d’une escorte, et dans le tourbillon incessant des pensées négatives et un peu folles de l’auteure. C’est le seul point qui m’a un peu dégoûté du roman, la manière dont Nelly rapporte sans cesse les mêmes idées sans jamais les faire évoluer. La femme que l’on rencontre au début du livre est exactement la même à la fin. Le lecteur n’assiste qu’à la constatation d’une condition, non à la guérison ou le désir de changement de la narratrice.

On en vient même à se demander si Nelly Arcan n’était pas bien dans sa condition d’escorte de luxe. Elle avait de l’argent, de l’attention et le loisir de mépriser avec sa plume et son esprit tous les hommes sur Terre. Chaque phrase témoigne de la condition malade de l’auteure, de son besoin de parler sans pourtant se sortir de là. Le livre m’a donné l’impression qu’il était déjà trop tard, qu’elle s’était déjà trop empêtrée dans ce style de vie pour ne jamais en sortir vivante. L’avenir a témoigné de mon raisonnement hâtif.

Le titre parle de lui-même, Nelly Arcan était une putain, selon le livre toujours. Elle désirait continuer cette tempête de sexe et de fausseté. Elle désirait mépriser les hommes en leur offrant son corps. Sans vouloir faire le procès de Nelly Arcan, je veux à tout le moins marquer le fait que la narratrice (aussi proche ou loin de l’auteure soit-elle) est très difficile à trouver sympathique. Il faut un peu de courage pour traverser ces pages et ces pages de lamentations et d’abandon face à la vie.

Pour son propos hors du commun et sa manière d’amener l’acte sexuel, témoin de vie, dans la mort et la déchéance, il vaut le coup de jeter un œil sur ce livre, en étant bien conscient que l’absolution n’existe pas dans l’univers de Putain. Existe seulement la souffrance éternelle et un destin figé à jamais.

Critique littéraire : Georges Bataille – Madame Edwarda, Le mort, Histoire de l’oeil

(Par Jérémie Bernard)

Pour ceux qui ne le savaient pas, j’ai suivi un cours sur la littérature érotique en cette damnée session d’été 2014. Au cours de ces deux mois, je me suis beaucoup intéressé à Georges Bataille. J’ai d’ailleurs déjà publié un article sur son principal traité théorique traitant de l’érotisme. Je m’attarderai aujourd’hui à la dimension plus littéraire de l’œuvre de Bataille, en vous présentant son principal « recueil » de nouvelles. Voici trois textes qui étaient déjà empreints de la théorie de Bataille avant qu’il la mette sur papier, ou qui ont contribué à la consolider à fortiori. Continuer la lecture de Critique littéraire : Georges Bataille – Madame Edwarda, Le mort, Histoire de l’oeil

Critique théorique : Georges Bataille – L’érotisme

(Par Jérémie Bernard)

Georges Bataille (1897-1962) est un des grands théoriciens à avoir traversé une partie du XXe siècle. Vous me direz qu’il est facile d’affirmer une chose pareille à propos de n’importe qui, mais ce qui fait que Bataille a réellement marqué les esprits est la grande diversité de ses études ainsi que l’excentricité de certains de ses projets. Après avoir réfléchi autant sur l’économie que l’anthropologie ou l’histoire de l’art, Bataille deviendra un des premiers grands théoriciens de l’érotisme. Dans son traité théorique du même nom paru en 1957, Bataille va mettre sur papier toute sa théorie de l’érotisme, qu’il avait préalablement exposée en partie dans la revue Acéphale et dans ses propres textes littéraires. Nous avons donc affaire à un théoricien qui a aussi pratiqué ses propres théories au sein d’œuvres de fiction, chose peu commune et non négligeable permettant de donner un peu de crédibilité à un argumentaire. Continuer la lecture de Critique théorique : Georges Bataille – L’érotisme