Critique : Of Atlantis – Hopeless

(Par Jérémie Bernard)

Premier simple d’un jeune groupe prometteur et énergique, « Hopeless » est une excellente carte d’affaires pour un projet qui doit se faire connaître rapidement et efficacement. Digne ambassadrice d’un style émergent et noyé dans les nouvelles apparitions, cette chanson incarne le bon dosage d’originalité et d’influence recherché par les nouveaux groupes. Accessible par la présence de voix claires et superbement violentes durant ses « breakdown », cette première pièce apporte l’espoir de recréer la qualité d’ « Asking Alexandria » et de tous les autres grands noms du « hardcore » en sol québécois.

Tous les effets au clavier sont réalisés ici en studio, des accompagnements à l’intro. Très présents, ces éléments consolident le côté épique du morceau, restant en retrait sans jamais totalement disparaître sous la puissance des instruments principaux. Quelques sons électroniques viennent se mélanger à un piano très écho et des cordes faisant très bien le travail. Tout en modestie, les parties au clavier donnent un côté très mature et professionnel à la chanson, sans pour autant avoir la prétention d’être indispensables dans un groupe n’ayant pas de claviériste attitré. Quelques effets studio sont aussi ajoutés aux autres instruments pour une violence plus marquée et une connaissance des trucs efficaces dans ce genre musical.

Les guitares n’ont pas à rougir dans « Of Atlantis ». Le mélange de rythmique et de mélodie créée ici ressemble positivement à « We Came as Romans », pour une énergie jamais relâchée et un jeu aisément déchiffrable, mais possédant assez de subtilité pour ne pas ennuyer l’auditeur. Deux mélodies englobent la pièce, laissant place au piano et aux voix durant le cœur du morceau. La puissance des guitares provient donc justement des très nombreux changements dans l’utilisation des « riffs », ne laissant pas une seconde à l’oreille pour s’habituer à la section, enfermant l’énergie dans ces changements pour la porter tout en hauteur aux refrains ou dans les sinistres profondeurs de « breakdown » de fin du monde. Sachant être très directes dans les refrains et détonner en violence et en démence ailleurs, les guitares de « Of Atlantis » laissent assez de place à n’importe quoi lors de futures compositions, ne s’étant pas enfermées dans un jeu trop simple ou trop étranges pour « Hopeless ».

La batterie et la basse font ici tout le travail de soutien de la pièce, puisque celle-ci possède plusieurs parties distinctes et différentes. La basse, contrairement à plusieurs groupes du même genre, se fait très bien entendre, laissant sonner des notes aux bons endroits pour un mur incassable et faisant sourire tellement il est efficace. La batterie offre aussi quelques passes dignes de l’énergie de l’œuvre, et est à un niveau sonore exact pour le nombre d’éléments constituant le morceau. Le « hardcore » étant reconnu pour ses kits de batterie minimalistes, « Of Atlantis » ne fait pas exception en utilisant peu de cymbales, mais en restant tout de même très intéressant à écouter du début à la fin. Une batterie plus électronique laisse même place au son de base le temps du moment le plus calme de la pièce, pour détonner encore plus lors du retour de tous les instruments. Avec une basse encore plus efficace que la batterie, « Hopeless » est habitée par une section rythmique qui n’a peut-être pas le mérite d’être celle qui se démarque le plus, mais qui rend la chanson addictive et bonne à écouter en toute circonstance.

Les deux voix d’ « Of Atlantis » se partagent très bien l’importante et majestueuse histoire de la chanson. On parle ici de trouver la personne que l’on aime et de la sortir des méandres de la vie, d’ensemble se surélever par rapport à la triste masse aliénée de notre société, pour vivre mieux, dans une plus grande compréhension de la vie et le goût de changer les choses, d’améliorer son sort plutôt que de l’accepter tristement. Mélangeant brillamment chant clair et cris de toutes les hauteurs, les possibilités vocales de ce nouveau groupe deviennent infinies. Laissant des sections à une voix particulière ou encore superposant les chanteurs, le groupe détonne par la maturité de ses sections vocales et la qualité de paroles bien placées dans une chanson changeant beaucoup rythmiquement. Aussi brutaux que doux, les chanteurs placent la barre bien haute pour les futures productions du groupe, « Hopeless » étant amusante à apprendre et restant en tête par son refrain et ses « breakdown » à la voix aussi épique que destructrice.

Cette toute première pièce ne laisse surtout pas le public « Hopeless » quant à la qualité de ce groupe d’ici et qui n’est qu’à ses débuts en termes de composition et de production. Plus cette dernière est écoutée, plus elle devient originale et différencient ses influences pour une cohérence et la nouveauté propre à la formation. À surveiller, « Of Atlantis » surprend énormément par cette première claque à la figure de l’industrie « hardcore » d’ici, éclipsant déjà une énorme masse de chansons sans saveurs et pauvres en mélodies intéressantes. Tout sauf un faux départ, cette première impression n’augure que du très bon pour le futur de cette jeune formation!

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