Critique : Les Rives du Pacific (film).

(Par Marc-Olivier Lalonde)

Qu’arrive-t-il lorsqu’un film de série B obtient le budget d’un film de série AAA? Pacific Rim. C’est de cette façon qu’il faut le percevoir sinon vous risquez d’être déçu. Des robots géants se battent contre des monstres tout aussi gigantesques. Voilà le nécessaire. Vous pouvez dire à votre cerveau de prendre congé pour les deux heures et onze minutes que dure ce film. Disons que les performances des acteurs ne passeront pas à l’histoire. Vous êtes toujours intéressé à lire ma critique du film? Parfait, parce que j’en ai long à écrire!

Le 11 août 2013, une ouverture se crée dans le fond de l’océan Pacifique. Cette crevasse, comme le découvrira rapidement l’humanité, est en fait un portail vers une autre dimension. Dès lors, des créatures géantes, appelées des Kaiju, s’y échappent et attaquent les grandes villes côtières. Les humains utilisent leur arsenal régulier afin de les combattre, mais réalisent que seule une bombe atomique peut réellement être efficace. Comme cette solution n’est pas viable à long terme, un programme est mis en place afin de créer des robots qui pourront affronter les Kaiju à armes égales : les Jaeger.

Les principales forces armées se réunissent pour former le Pan Pacific Defense Corps (PPDC). Cette organisation doit centraliser les efforts des différents pays dans leur lutte contre les monstres.  Puisque contrôler les Jaeger s’avère une tâche quasi impossible pour une seule personne, ils possèdent au moins deux pilotes. Un lien, surnommé le drifting, entre les esprits des pilotes est créé afin qu’ils puissent fonctionner dans un synchronisme presque parfait. Je n’irai pas plus loin dans les détails parce que je risque d’en perdre quelques-uns dû à la complexité du fonctionnement du drifting. Libre à vous de me poser des questions si vous voulez des renseignements supplémentaires. De plus, la bande dessinée Pacific Rim : Tales From Year Zero saura satisfaire les plus curieux (dont je fais partie). Elle illustre particulièrement bien ce qui s’est déroulé au tout début des attaques des Kaiju.

Dix ans après ce qui s’appellera désormais le jour K, la situation s’envenime graduellement. Les monstres se manifestent de plus en plus rapidement et l’humanité peine à suivre le rythme. Seuls quatre Jaeger sont toujours fonctionnels : Crimson TyphoonCherno AlphaStriker Eureka et Gipsy Danger. Les gouvernements qui fournissent de l’argent au PPDC lui indiquent que le programme sera aboli dans les huit prochains mois en faveur de la construction de murs qui protègeront les rives. Ils autorisent néanmoins une dernière offensive contre la crevasse. C’est ici que commence réellement le film.

Stacker Pentecost (Idris Elba) est le commandant en chef du PPDC ainsi qu’un ancien pilote. Il souhaite utiliser une bombe nucléaire massive contre la crevasse afin de la fermer pour de bon. Pour ce faire, il a besoin de tous ses Jaeger. La réparation de Gipsy Danger presque complétée, Pentecost doit lui trouver des pilotes. Il se tourne vers Raleigh Becket (Charlie Hunnam), pilote à la retraite depuis la mort de son frère qui pilotait avec lui il y a six ans. L’autre pilote se nomme Mako Mori (Rinko Kikuchi), recrue la plus prometteuse de son groupe.

Tous les personnages du film ou presque sont des caricatures ou des stéréotypes. Ils possèdent peu de profondeur et auraient pu être interprétés par n’importe quels autres acteurs que ceux qui ont été choisis pour faire partie de la distribution. Les deux seules exceptions à mes yeux : Idris Elba et Ron Perlman. Elba vole la vedette à chaque personne qui partage une scène avec lui. Il a une présence qui fait en sorte qu’on se tourne continuellement dans sa direction. Il respire la confiance et l’autorité. Son personnage est le seul qui nécessitait un acteur digne de ce nom. Pentecost doit livrer des messages inspirants à son équipe tout en se montrant autoritaire face à ses soldats. Le tout enveloppé d’émotivité perçue occasionnellement. Elba fait un très bon travail. Il ne lui manque qu’un rôle taillé sur mesure pour qu’il devienne un nom connu de tous. Les téléséries Luther et The Wire lui ont permis d’être reconnu et de devenir une étoile montante.

Ron Perlman a obtenu son rôle dans Pacific Rim en grande partie grâce à ses deux précédentes collaborations avec le réalisateur Guillermo del Toro : Hellboy 1 et 2. Perlman a la réputation de jouer des personnages particuliers, mais forts. Hannibal Chau, son rôle, revend les organes des Kaiju morts sur le marché noir. Le rôle est secondaire, mais important pour la suite du film. Voir Perlman porter un habit, des lunettes et des souliers très excentriques surprend. Chau peut être aussi drôle que menaçant.

Charlie Hunnam accomplit un travail moyen. Le personnage est fade au point où on se demande si vraiment un bon acteur comme lui aurait dû accepter le rôle. L’argent a sûrement eu son rôle à jouer.

Rinko Kikuchi mérite qu’on la voit plus souvent à l’écran. Depuis sa nomination aux Oscars comme actrice de soutien dans le film Babel en 2006, je ne l’ai vu que dans The Brothers Bloom en 2008. Bien que son accent japonais soit assez prononcé, elle a du talent à revendre. Donnez-lui des rôles s’il vous plaît!

Charlie Day incarne le docteur Newton Geiszler. Lui et un autre docteur, Hermann Gottlieb (Burn Gorman), forment une paire de scientifiques qui étudient les Kaiju avec des techniques diamétralement opposées. Day joue pratiquement le même rôle qu’il joue partout ailleurs, mais poussé encore plus loin. L’interprétation de Gorman laisse à désirer, car elle tombe trop dans l’exagération. Un peu de retenue messieurs! Je veux bien croire que les superproductions essaient d’attirer les plus de gens possibles, mais un peu de subtilité ne nuirait aucunement. Quitte à ce que les plus jeunes trouvent le film un peu plate par moments.

Maintenant, passons aux choses sérieuses. Le film est visuellement magnifique. J’ai eu la chance de le voir en IMAX 3D et l’expérience a été fort agréable. Le seul point noir au tableau est le fait que les lunettes 3D rendent l’écran plus sombre. C’est vrai pour tout film qui utilise cette technologie cependant donc inutile de s’acharner trop longtemps sur ce détail. Il aurait été facile de perdre de vue toute l’action qui se déroule sous nos yeux. Par contre, la mobilité réduite des Jaeger et des Kaiju fait en sorte que nos yeux suivent la cadence même si pratiquement toutes les scènes sont générées à l’ordinateur. Les gens qui ont conçu le look des monstres et des robots ont fait un travail remarquable. Guillermo Del Toro ne leur avait donné qu’une seule consigne : vous devez créer des modèles originaux. Pas de références aux dessins animés japonais et aux Godzilla et King Kong de ce monde. Ils ont réussi de main de maître. Les Kaiju se distinguent facilement entre eux même s’ils possèdent quelques caractéristiques communes (à une exception près).

Les Jaeger, au contraire, n’ont rien en commun hormis le fait qu’ils sont humanoïdes. Ils partagent les traits des stéréotypes qu’on s’imagine des pays qui les ont conçus : Crimson Typhoon est rapide et agile (Chine), Cherno Alpha possède une force et une armure imposante (Russie), Gipsy Danger se retrouve dans le rôle de négligé même s’il est néanmoins le plus puissant (États-Unis, évidemment). Seul Striker Eureka évite les clichés.

Si, comme moi, vous avez grandi en regardant les Power Rangers, en lisant des mangas ou en visionnant des anime, ce film est définitivement pour vous. Vous vous régalerez du spectacle qui vous attend. Un Jaeger se servira même d’un pétrolier comme arme! J’avais des attentes spécifiques pour Pacific Rim et j’ai quitté le cinéma le sourire aux lèvres. Guillermo Del Toro, champion du visuel, a voulu rendre hommage aux films de monstres d’antan. Il y est parvenu. Pacific Rim est supérieur à beaucoup de films catastrophes. J’ose à peine le comparer à Godzilla (1998) et Cloverfield qui sont similaires, mais bien inférieurs. Faites-vous plaisir et allez voir ce film. Vous n’en ressortirez pas plus intelligent, certes, sauf que vous aurez été diverti.

 

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