Critique : Riddick (film).

(Par Marc-Olivier Lalonde)

L’année 2000 en aura été une charnière pour Vin Diesel. Jusqu’à ce point, il n’avait jamais obtenu de rôle significatif au cinéma. Dans l’espace de 16 mois, il est devenu une vedette internationale grâce à Pitch Black (22 février 2000) et The Fast and the Furious (16 juin 2001). Son physique imposant, sa tête rasée, son nom particulier et sa voix grave ont fait en sorte qu’il se distinguait de ses semblables. À mi-chemin entre les brutes qu’étaient Arnold Schwarzenegger et Sylvester Stallon et les quasi-ninjas Jet Li et Jackie Chan, Diesel a su faire sa niche. Disons qu’on ne va pas voir l’acteur pour ses habiletés à interpréter Hamlet. S’il conduit des voitures rapides, tire des armes à feu ou frappe des extra-terrestres avec ses poings, les cinéphiles (masculins pour la très grande majorité) ressortiront du cinéma satisfaits. À ce titre, il a fait le travail dans Riddick.

Ce n’est pas du grand art comme on doit s’y attendre. Diesel a dû hypothéquer sa maison (son château?) afin de trouver les fonds nécessaires au tournage. Le budget de ce nouveau film est plus près de Pitch Black que de The Chronicles of Riddick. Diesel avait 38 millions de dollars à sa disposition plutôt que 105 millions pour le film précédent. C’est tout de même 15 millions de plus que le budget du premier opus. Le studio n’avait pas assez confiance en la franchise puisqu’il avait à peine bouclé son budget avec The Chronicles of Riddick. Avec moins de moyens à sa disposition, Diesel a évidemment dû couper dans les effets spéciaux. Voilà pourquoi, esthétiquement, le film ressemble beaucoup plus au premier film qu’au deuxième. Fait cocasse : Riddick a été tourné dans les studios Mel’s à Montréal.

Lorsque nous retrouvons Riddick, il est seul sur une planète désertique. Blessé, l’anti-héros ne sait pas où il s’en va et se retrouve rapidement traqué par la faune locale dangereuse. Au terme de quelques mois de survie, Riddick trouve un immeuble qui sert de base pour des mercenaires. Il active le signal d’alarme et s’identifie dans le message de détresse qui est envoyé dans les environs de l’espace. Arrivent alors deux groupes de mercenaires qui veulent trouver Riddick afin de récupérer la somme gigantesque qui les attend s’ils réussissent. Riddick jouera au chat et à la souris afin de s’emparer d’un des deux vaisseaux pour lui permettre de quitter la planète. Le tout, avant qu’une tempête meurtrière annuelle les frappe.

Vous comprendrez que l’histoire du film n’est pas très complexe et ressemble étrangement à celle de Pitch Black. Encore plus que vous ne pouvez l’imaginer mais je n’en dirai pas plus. Les références au film précédent ne sont pas nombreuses, hormis au début. Riddick n’était-il pas le roi d’un peuple? Comment a-t-il pu se retrouver aussi mal en point, seul, sur une planète aussi dangereuse? Vous aurez vos réponses assez rapidement. Il est pratiquement possible d’écouter ce film et faire comme si les deux précédents n’existaient pas. En effet, je suis presque certain qu’une personne qui n’a pas vu les deux autres pourra apprécier.

Comme il le mentionne, Riddick retrouve son côté plus animal. Dans The Chronicles of Riddick, surtout à la fin du film, il devient trop civilisé. C’est plaisant de le revoir en pleine nature, réellement dans son élément. J’aurais aimé le voir profiter plus souvent de son habileté à voir dans le noir. Hormis sa capacité exceptionnelle de régénération et sa force surhumaine, ses pouvoirs ne sont pas aussi présents que durant le film précédent. De plus, en se retrouvant seul la plupart du temps, Riddick dialogue beaucoup moins. Une bonne chose car le script n’est pas une des forces de la série. Je préfère quand il est seul et doit se défendre contre des bêtes qui, de prime abord, semblent bien plus fortes que lui.

Parmi les mercenaires, il y a un dénommé Johns. Ce nom devrait être familier à ceux qui suivent la saga depuis le premier film. Il est le chef d’une des deux bandes. Son groupe est très bien armé et ressemble pratiquement à un commando d’élite. Tout à l’opposé de l’autre bande qui semble plutôt composée d’hors-la-loi. Leur équipement est bas de gamme et le linge qu’ils ont sur le dos est sale et en mauvais état. Disons que leurs idéologies sont différentes et les meneurs de chaque groupe ne s’entendent pas. Le tout à l’avantage de Riddick évidemment. Parmi tous les mercenaires, seuls Johns (Matt Nable), Dahl (Katee Sackhoff) et Santana (Jordi Mollà) ressortent un peu du lot. Ces trois n’arrivent cependant pas à se distinguer suffisamment pour s’extirper des stéréotypes. Leurs personnages ont toutefois plus de personnalité que les autres. Dahl (prononcé « doll » en anglais, coïncidence? Je ne sais pas.) est une femme et, comme on peut s’y attendre, fait partie des membres les plus forts du groupe de Johns. Sans quoi, elle serait une cible facile, surtout face au groupe de brigands. Ses propres alliés la respectent et savent ce qu’elle vaut réellement.

Les effets spéciaux, comme il fallait s’y attendre, prennent un peu de recul cette fois-ci. C’est un contraste frappant entre l’urbain et le rural. Il est beaucoup moins dispendieux de filmer des endroits extérieurs que de devoir recréer des villes entières. Les animaux extra-terrestres ont l’air bien plus réels que ceux dans Pitch Black. Il ne faut pas oublier que neuf ans se sont écoulés entre le début de la trilogie et ce film-ci. À ce sujet, il semble que seulement trois espèces d’animaux existent sur la planète. Cela s’explique sans surprise par le budget réduit. Des bêtes à quatre pattes faisant penser à des hyènes, des hybrides entre des scorpions et des serpents et puis finalement à des oiseaux ressemblant à des vautours. Malgré tout, étant donné le budget, je suis surpris que le film paraisse aussi bien. Ce n’est pas Avatar, de toute évidence, mais c’est appréciable. Ne le comparez pas au récent Elysium ou à The Avengers non plus disons, vous serez déçu(e). Mais, l’histoire oppose Riddick aux mercenaires et tout le reste n’est que du surplus. Les animaux et l’environnement ne sont pas importants à proprement parler. Riddick aurait pu se dérouler dans la forêt, au milieu de l’hiver ou dans l’océan même. Ce qui importe, c’est la confrontation entre les supposés chasseurs et leur cible. Très vite, il s’apercevront que ce sont eux les traqués.

En somme, Riddick est l’archétype du film d’action d’été. Un des derniers justement puisque l’automne est commencé. Riddick ne fait pas partie des meilleurs, c’est évident. Si vous êtes un(e) cinéphile assidu(e) qui a passé l’été dans les cinémas et que vous avez besoin d’un film d’action et de science-fiction pour vous changer les idées, allez-y. À ceux qui veulent voir les futurs prétendants à l’Oscar du meilleur film, tenez-vous loin! Je ne le recommande pas aux enfants non plus. En fait, hormis les amateurs de la série et les gens mentionnés précédemment, je crois que seulement les ados éprouveront un réel plaisir à assister à une représentation de Riddick. Entendons-nous bien, le film paraît mieux et est meilleur que les films de série B mais c’est bas de gamme pour les films à grande échelle. À vous de juger selon vos préférences. Moi? J’ai aimé. Mieux que le deuxième et sur un pied d’égalité avec le premier.

 

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