Angry Video Game Nerd : The Movie (critique)

(Par Francis Méthot)

Avec plusieurs années de gaming et de filmographie d’horreur derrière lui, James Rolfe, cinéaste amateur et critique de culture populaire, nous à offert il y a quelque temps un hommage digne de son œuvre complètement disjonctée. Avec un exercice de style à la hauteur de nos attentes, le jeune homme nous livre son plus beau cadeau et une de ses meilleures critiques à ce jour.

Pendant plus de sept longues années, James Rolfe développe un immense projet qui naîtra grâce à plusieurs campagnes de financement lui permettant d’amasser un budget quatre fois plus élevé que nécessaire. Grâce à son public de fans invétérés, il produit, dirige, écrit et joue dans sa plus grande réalisation (matérielle), c’est-à-dire : « The Angry Video Game Nerd : The Movie ». En effet, James Rolfe (aussi connu sous le nom de Angry Video Game Nerd) est constamment bombardé de demandes pour critiquer l’infâme jeu E.T. à l’Atari 2600 (jeu responsable du krach des jeux vidéo de 1985) et, suite à la popularité de cette demande, il décide de le faire sous forme de long métrage. Disponible depuis quelques semaines en copie digitale, j’ai eu la chance de pouvoir le voir au festival Fantasia et voici mes impressions. Petit avertissement. Si vous n’êtes pas familier avec le contenu de sa web série, vous risquez de rester surpris.

Le film débute dans l’iconique sous-sol du Nerd (je le nomme comme cela puisque même sur son étiquette nominative, c’est comme cela qu’il s’appelle). Il se lève pour aller travailler dans une copie parodique d’une grande chaîne de magasins de jeux et doit vendre en masse des copies d’un jeu de tir générique (du genre Call of Duty). Un admirateur entre au magasin et commence à parler en mal dudit jeu avec le Nerd. Dans un excès de rage envers le produit, il va cracher dessus et se mettre à vendre des copies de tous bords tous côtés. Avec son ami Cooper, il discute de la mauvaise perception de son message au travers de ses critiques de jeu et se voit exaspéré par la popularité des mauvais jeux qui nous remémorent notre passé. Au même moment, nous sommes transportés au sein d’une grande corporation de jeu qui planifie un projet « démoniaque » en voulant créer une suite à Eee Tee (dans le film, à cause des marques déposées, certains termes à l’écrit ont été altérés afin d’éviter des poursuites judiciaires. Aussi, cela crée un effet de parodie). Eee Tee 2 sera créé à l’image du premier, mais, contrairement aux conditions de développement de son prédécesseur, imaginé dans des conditions idéales. La coordonnatrice marketing propose d’utiliser le Nerd pour faire de la publicité pour que le jeu puisse établir des records de ventes!

Entre-temps, Cooper et le Nerd décident de faire un roadtrip pour prouver au monde que la fameuse légende qui stipule que, suite au krach des jeux vidéo de 1985, Atari a enseveli les copies non vendues de Eee Tee. Avec l’aide d’une mystérieuse mécène (la coordonnatrice de marketing), le trio va découvrir plusieurs secrets enfouis dans les fins fonds cosmiques de notre existence. Une fois toutes les péripéties terminées (je ne vais pas vous offrir le film au complet puisqu’il est rempli de sidequests qui amènent vers l’accomplissement de la quête initiale), le Nerd accomplit finalement sa promesse et nous offre sa vidéo critique sur cette infâme pièce de collection qu’est E.T..

Le film en général est un immense hommage aux admirateurs et admiratrices de AVGN qui sont fidèles depuis maintenant presque dix ans. En ramenant plusieurs éléments de sa série web, il fait preuve d’une intelligence artistique complète et nous montre sa maîtrise de l’intertextualité qui rôde au sein de la culture populaire. Étant un admirateur de James Rolfe, son site Internet (cinemassacre) contient énormément de vidéos amateurs d’horreur et, dans son long métrage, on voit clairement des effets spéciaux dignes des plus grands films de séries « B » dont il est un fin connaisseur. Avec un coup de génie, nous avons aussi droit à une manifestation d’un kaiju (monstre énorme sorti des films japonais dont Godzilla est le plus connu) fait maison. Pour les plus vieux d’entre vous, vous aurez un pincement de nostalgie et penserez aux Power Rangers.

Avec le peu de budget (indigne d’un film hollywoodien), James Rolfe et son équipe ont travaillé d’arrache-pied pour nous concocter un pot-pourri du meilleur du monde des mauvais jeux vidéo, de l’horreur kitsch et de la science-fiction venue des fonds obscurs d’un petit sous-sol. Un petit côté négatif, le film saute facilement du coq à l’âne en changeant très souvent de focalisations de personnages. Un moment vous êtes avec le Nerd, le moment suivant avec l’armée ou même sur le toit d’une tour sans transition narrative (à mon avis). Les dialogues sont dignes de sa série web et sont remplis de répliques croustillantes pour un public classé M pour mature. Je vous le conseille si vous êtes déjà un admirateur de la série. Dans le cas contraire, vous pourrez trouver que le film manque de profondeur et de prouesses technologiques avec un humour absurde qui ne tient pas la route. Alors, je vous souhaite bonne écoute et bon cinéma!

Pour les intéressés, voici le lien qui mène à ses courts métrages :
http://cinemassacre.com/category/films/

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