Parce que ça n’arrive pas qu’aux autres

(Par Sophie Vaillancourt)

On pense toujours que les drames n’arrivent qu’aux autres, que l’on est à l’abri de tout ce qui pourrait nous faire du mal. On pense qu’on a toute notre vie pour profiter de ce que l’on a et on ne prend pas le temps de le faire au quotidien parce que l’on pense que tout nous est acquis, que rien n’est éphémère. Cet été, j’ai vécu un drame qui, je l’espère fortement, vous servira de leçon et vous guidera à établir les priorités dans votre vie.

Je vais vous brosser un portrait rapide de ma vie : je suis une étudiante, j’ai plusieurs emplois pour arriver à me constituer un salaire raisonnable (pour une étudiante), j’ai un copain et je fais des activités pour le plaisir. Avec tout cela à mon agenda, vous comprendrez que je ne suis pas souvent à la maison. Je vivais principalement dans le moment, c’est-à-dire que j’étais un peu insouciante. Je ne prenais pas le temps de dire aux gens qui m’étaient cher que je les aimais. Je ne passais pas assez de temps avec ma famille, me disant que je le ferais durant les vacances ou après avoir terminé mes études.

Chers lecteurs, chers amis, on vous l’a souvent répété, mais je suis « l’exemple » comme quoi vous devriez suivre ce conseil : prenez le temps de vivre votre vie et profitez des moments que vous avez avec vos êtres proches. Dites-leur que vous les aimer et que vous êtes heureux de les connaitre. Un matin, vous pourriez vous réveiller, et apprendre qu’un de ces êtres n’est plus.

Le 4 juillet dernier, c’est ce qui m’est arrivé. Je me suis fait réveiller, très tôt le matin, par mon papa paniqué : ma mère ne répondait à aucun stimulus, ne respirait plus. Son cœur ne battait plus. Depuis combien de temps? Nul ne sait et ne le saura jamais. Le fait est que, la veille, je ne lui avais pas dit « Bonne nuit », ni « Je t’aime », ni même « À demain ». J’avais complètement pris pour acquis que j’allais la voir le vendredi matin et que je n’avais pas besoin de lui dire une de ces choses. Je n’ai jamais eu aussi tort de toute ma vie. Et je m’en veux.

Loin de moi l’idée de faire pitié à vos yeux. Je veux seulement vous partager ce dont je me suis rendu compte : tous ces petits moments à côté desquels nous passons tous les jours, sans nous en rendre compte, sont tellement importants… On vit dans une société axée sur la vitesse : on fait tout vite, trop vite. On ne veut pas manquer de temps, mais on doit prendre le temps. Je regrette de ne pas l’avoir fait avec ma maman. Il y a tellement de choses que j’aurais aimé lui dire avant qu’elle ne nous quitte.

Vous pouvez être certains que je ne manquerai pas ma chance avec le restant de ma famille. J’espère aussi vous avoir donné une petite leçon quant à la vie et à son caractère éphémère.

Je vous laisse sur les derniers mots que nous avons adressés, ma sœur et moi, à notre maman.

 Petite maman!

Tu es partie sans crier gare par un matin nuageux de début juillet, tout doucement, comme une ange, comme on souhaite tous partir un jour. Ton visage paisible me rend plus sereine parce que je sais que la souffrance et l’inquiétude t’ont été épargnées. Ce qui me manquera le plus depuis que tu es partie? Nos conversations, matin et soir, lors de mon trajet maison/boulot, là où on pouvait échanger sur pleins de sujets : sur nos joies ou frustrations de la journée, sur l’actualité, sur tout et sur rien. Seulement le fait de t’avoir au bout du fil mettait du soleil dans ma journée. Me manqueront aussi nos soupers improvisés, où tu ne voulais jamais nous déranger, mais où tu souhaitais toujours participer, malgré que l’on te disait de relaxer et d’en profiter.

Peu de temps sur cette terre à partager ton existence, on retiendra ton sens de la famille et du partage, et on tentera d’y faire honneur du mieux que l’on peut.

Merci maman!

 – Judith

Maman,

Il y a tellement de choses que nous voudrions te dire et si peu de temps pour le faire. La plus importante d’entre elles est un simple « Je t’aime ». Simple, mais pourtant rempli de tout ce que nous éprouvons suite à ton départ soudain. C’est probablement le mot que je t’ai dit le moins souvent dans ma vie, mais je ne le pensais pas moins. Notre amour ne s’exprimait pas sous forme de mots. Il s’incarnait plutôt derrière nos sourires complices, nos silences de connivence, nos divergences d’opinion. Tu as toujours été la meilleure maman du monde, même si ce n’était pas mon avis durant mon adolescence! Présente, sensible, à l’écoute, de bon conseil, j’ai encore tout à apprendre de toi. Tu nous as permis de voyager, de découvrir le monde, de nous épanouir, de poursuivre nos rêves. Tes nombreuses réticences quant à certains de nos choix n’étaient en fait que de l’inquiétude de petite maman. Parce qu’au fond de toi, tu ne voulais que notre succès. Tu as toujours voulu le meilleur pour nous et tu as travaillé en ce sens, te sacrifiant au profit de ta famille.

Maman, tu es mon modèle de femme, de mère, de personne qui a réussi sa vie. Tu es mon superhéros.

Je t’aime.

 – Sophie

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