Critique littéraire : Maxime St-Georges – Génome

(Par Jérémie Bernard)

Le 12 août dernier, j’ai acheté plusieurs livres québécois. Génome, par Maxime St-Georges, est un de ceux-ci. Originaire de Sept-Îles, ce policier/écrivain offre au monde un premier roman qui mélange justement les genres du polar et de la science-fiction. Pour un premier essai, il faut dire que ce jeune auteur s’en sort plutôt bien. Le récit qu’il propose est difficile à poser et ses personnages sont aisément aptes à retenir la curiosité du lecteur.

Génome, c’est l’histoire du dernier humain sur Terre qui écrit son histoire pour la postérité. Son histoire, c’est justement celle de la fin de l’humanité telle que nous la connaissons. Sans rien révéler de l’intrigue, disons plutôt qu’après les premières pages, le lecteur est plongé dans un Québec très proche du nôtre, avec ses problèmes anodins et sa réalité policière maintenant mieux connue depuis la série télévisée 19-2.

Il y aurait eu l’Événement, qui a bouleversé la planète à jamais. La majeure partie du roman se déroule avant celui-ci, ce qui fait du livre un vrai hybride entre le genre policier et la science-fiction. Un chercheur asiatique du nom de Jintao est en cavale, et rencontrera Francis Collin, un policier à la vie très ordinaire. Éventuellement, il sera difficile de bien savoir qui des deux est le réel personnage principal. Au fil de l’histoire, on comprendra pourquoi l’Événement est à éviter à tout prix, et quelles seront les conséquences de ce dernier sur l’humanité que nous connaissons.genome360

Le roman prend donc un endroit restreint comme le Québec pour mettre en place un conflit capitaliste mondial pour le contrôle de la Terre post-Événement. Non dénué d’action et de suspense, le roman nous tient en haleine constamment. Même s’il est inutilement jonché d’anglicisme, la langue n’accroche pas trop et la plume de monsieur St-Georges glisse comme le vent.

Le seul reproche majeur que je puisse faire au texte, c’est le gouffre énorme entre ses ambitions et ses limitations techniques. L’univers et le récit proposé par l’auteur sont énormes, complexes et multiples, mais pourtant dénoués dans un seul court roman qui manque rapidement d’espace pour bien se déployer. La fin du récit fait aussi un peu trop hollywoodienne, surtout parce que tout se déballe un peu trop vite par rapport à la vitesse de croisière du reste du roman.

Je suis content d’avoir trouvé un autre auteur osant frôler la science-fiction au Québec. Maxime St-Georges a su me captiver avec son premier roman, qui a, je dois bien l’avouer, réussi à me faire peur lorsque j’ai lu sa quatrième de couverture. Pensant avoir trouvé quelque chose d’identique à mon propre univers de science-fiction, je me suis retrouvé devant un roman policier qui apporte une lumière hors de l’ordinaire au dénouement de son récit. Par l’audace d’avoir mélangé les genres et la capacité à m’avoir évité l’ennui qu’apportent des personnages flasques, je souhaite tout le succès à Maxime St-Georges pour le futur de sa carrière d’écrivain.

Page officielle : http://leseditionsdelapotheose.com/Maxime-St-Georges-auteur.php

Advertisements

Votre opinion?

Entrer les renseignements ci-dessous ou cliquer sur une icône pour ouvrir une session :

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l’aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s