Critique vidéoludique : Bound by Flame

(Par Jérémie Bernard)

Le studio Spiders est plutôt inconnu dans l’industrie vidéoludique. Ce petit studio français a pris de l’expérience en faisant quelques portages de franchises connues sur Xbox 360 (comme Sherlock Holmes), puis il s’est lancé plus récemment dans quelques titres originaux qui ont pu renflouer ses coffres et la confiance en soi de ses employés (Of Orcs and Men, Mars : War Logs). Maintenant dotés d’une certaine réputation, Spiders ont décidé de se lancer dans son premier très gros jeu sur l’ancienne génération de consoles, ainsi que sur Playstation 4. C’est le grand saut pour ce petit studio français. Bound by Flame est leur plus récente création : un jeu de rôle médiéval fantastique à saveur Dark Souls et Dragon’s Dogma. Ce titre est-il à la hauteur de ces deux piliers du jeu de rôle à la troisième personne sur consoles? Voyons voir.

Bound by Flame plonge le joueur dans un monde fictif du nom de Vertiel. Le joueur incarne un mercenaire spécialiste en explosifs dans un monde menacé par l’attaque imminente des sept seigneurs du froid. Déjà, le jeu se situe dans un fragile équilibre entre le déjà vu et l’innovation dans un genre connu. Alors que votre personnage doit protéger un ordre de magiciens qui croient avoir découvert le moyen de se munir d’un pouvoir assez grand pour combattre les seigneurs du froid, vous vous retrouvez accidentellement possédé par un démon. C’est là que le pacte vidéoludique commence : Bound by Flame promet une aventure personnalisée avec plusieurs choix déchirants et quelques finales différentes. Pourtant, on remarque vite que ces choix sont souvent futiles ou encore mal exploités.2522884-bound_by_flame-mathras_undead

Le démon à l’intérieur de vous fera tout en son pouvoir pour vous convaincre de le laisser vous posséder davantage afin de vous donner les pouvoirs nécessaires pour le libérer et détruire les seigneurs du froid. Pour ma part, j’ai fait une grossière erreur : même si la difficulté du jeu était pratiquement au plus bas, je me suis retrouvé mal préparé pour battre le boss final, suite au fait que j’ai choisi tout au long du jeu de préserver ma vertu et mon apparence humaine plutôt que de me laisser posséder par ledit démon. Résultat : incapable de battre ce boss final avec les moyens dont je disposais. J’étais, tout au plus, après des heures d’acharnement, capable de lui enlever la moitié de sa vie avant de manquer de potions moi-même. Je me suis donc retrouvé bloqué à la fin, en manque de ressources. Cette situation est un peu de ma faute, mais aussi surtout celle des développeurs, qui ne m’ont jamais averti que j’allais atteindre un point de non-retour, ni que de rester humain ne me donnait strictement AUCUN avantage. Finalement, le seul choix qui s’offre vraiment à vous, sauf si vous possédez 150 potions de vie, c’est de laisser le mal vous dominer et ainsi vous donner des pouvoirs grandioses capables de tout détruire. Pour un jeu qui prétend vous laisser le choix, j’ai trouvé cela un peu extrême.

Pour ce qui est du système de combat, on en fait rapidement le tour, mais il reste très efficace et amusant. Vous pouvez choisir entre une attaque rapide ou une plus dévastatrice, en plus de pouvoir bloquer. Ce qui rend le tout intéressant dans Bound by Flame, c’est le fait de pouvoir changer de mode de combat à la volée. Votre personnage peut utiliser son arme principale, des dagues de furtivité ou sa magie de feu pour vaincre ces adversaires. Chaque style de combat possède son lot d’attaques spéciales et de capacités uniques. À vous de bien choisir entre une et l’autre en plein combat. Ça, c’était une réelle innovation qui m’a permis d’apprécier tous mes combats du début à la fin. Le seul hic, c’est que l’on fait rapidement (trop) le tour du bestiaire proposé par le jeu. Les combats restent toujours un bon défi, puisque les ennemis sont intelligents et dévastateurs (et aussi parce votre allié, peu importe lequel, est le roi des faibles), mais deviennent un peu redondants à force de rencontrer toujours les mêmes créatures. Là est le gros problème généralisé de Bound by Flame : il tente de faire dans le grandiose, mais manque souvent de moyens pour le faire autrement qu’en surface.

Sur une musique d’ambiance qui fait le travail et avec des environnements au visuel travaillé et immersif, vous aurez tout de même un certain plaisir à découvrir Vertiel (ou du moins, la portion que le jeu propose). Les personnages sont attachants même si certaines lignes de dialogues sont clichées à souhait. Le côté construction de personnage est aussi élément appréciatif du titre. Bound by Flame propose donc une aventure qui certes mène à plusieurs fins différentes, mais ne laissent finalement que peu de vrais choix sur la manière de mener à terme cette aventure épique où vous aurez à combattre les seigneurs du froid à l’extérieur, et votre propre démon intérieur. Un bel essaie pour les Français de chez Spiders, mais nous attendons encore le titre qui fera d’eux un studio de renommée mondiale.

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