Critique jeu vidéo : Wolfenstein : The New Order

(Par Marc-Olivier Lalonde)

Plusieurs attribuent la naissance des jeux de tir à la première personne (first person shooter, FPS) à Doom, sorti en 1993. En fait, l’honneur revient plutôt à Wolfenstein 3D, paru en 1992. Bien que le titre ne fût pas la premier à utiliser le point de vue, il a cependant établi les bases afin de populariser le genre. Après Wolfenstein 3D, la franchise a pris une pause pour de nombreuses années. Par la suite, Return to Castle Wolfenstein est sorti en 2001. Le nouveau Wolfenstein, paru il y a peu de temps, se veut un mélange entre les jeux de tir de l’époque et ceux d’aujourd’hui. Tout est tellement sérieux dans le genre de nos jours qu’on dirait que les développeurs ont oublié l’aspect plaisir. Ce n’est pas le cas ici. Voici ma critique d’un jeu qui met surtout en vedette les armes utilisées plutôt que l’histoire un peu loufoque.

Histoire et personnages

Comme le veut la tradition, vous contrôlez le capitaine William « B.J. » Blazkowicz, un soldat américain d’origine polonaise. Puisque l’action se déroule dans un univers parallèle au nôtre, les évènements historiques ont été perturbés. C’est pourquoi le jeu commence vers la fin de la deuxième guerre mondiale en 1946 (oui, oui). Les forces alliées tentent une ultime offensive contre le régime nazi en Allemagne. Vous vous retrouvez à bord d’un avion qui se dirige en direction d’une forteresse immense. En compagnie de votre escadron, vous vous faites bombarder de toutes parts. Les tirs soutenus font en sorte que vous devez évacuer sans quoi vous périrez avec ce qui reste de votre appareil. S’ensuit alors une séquence spectaculaire où Blazkowicz saute d’un avion à l’autre. Une fois arrivé à destination, notre héros élimine tout sur son passage. Il se fait cependant capturer. Par la suite, Blazkowicz fuit avec ses camarades. Cependant, il est atteint à la tête par les éclats d’obus d’une explosion. Un état végétatif de quatorze ans l’attend par la suite. Une fois réveillé, l’hôpital où il se trouve est pris d’assaut pas une escouade nazi. Ils éliminent le personnel ainsi que les patients. Alors qu’il est sur le point de se faire tuer à son tour, il revient à lui-même miraculeusement. Se faisant un plaisir d’éliminer tous les nazis à proximité, il fuit l’hôpital en compagnie de l’infirmière (Anya Oliwa) qui s’est occupée de lui pendant toutes ces années. Le couple se réfugie chez les grands-parents d’Anya. C’est là que Blazkowicz apprend qu’il se trouve en 1960 et que la guerre est terminée depuis longtemps. Les nazis ont conquis le monde…Le jeu commence réellement à partir de là. Blazkowicz doit retrouver ses anciens compagnons d’armes qui sont emprisonnés afin de démarrer une révolution qui les mènera à nouveau à la forteresse du début du jeu.

Je dois dire que je n’ai pas vraiment été impressionné par l’histoire ni le personnage principal. Les personnages secondaires ainsi que tout ce qui entoure l’histoire par contre ont été réalisés de main de maître. Que serait-il arrivé si les nazis avaient gagné la guerre? Cette question a été répétée et répondue à de maintes reprises dans de multiples oeuvres. Par contre, rarement ai-je vu des univers aussi bien accomplis pour ce qui est de la création et de l’interprétation. Je m’explique : prenons les Beatles par exemple. Auraient-ils existé sous le régime nazi? La réponse de Bethesda est oui! Cependant, tout comme le reste de l’histoire, leur aventure a subi quelques différences si on la compare à notre univers. Le meilleur exemple de ceci se trouve dans le titre « The Blue U-Boat ». C’est la version Wolfenstein de « Yellow Submarine ». Brillant, si vous voulez mon avis.  Pour ceux qui sont plus friands de l’histoire avec un grand « H », vous avez la possibilité de collectionner des journaux qui traînent un peu partout afin d’en apprendre plus sur ce qui s’est passé dans les autres pays suite à la victoire de l’Allemagne durant la Deuxième Guerre mondiale. N’ayez crainte, vous connaîtrez le sort de tous les grands joueurs de la guerre.

Jouabilité

Malgré une histoire rocambolesque, vous aimerez ce titre pour les armes et la jouabilité de celles-ci. Les premières que vous obtiendrez n’ont rien de particulier. Un pistolet, une mitraillette, un fusil, l’habituel quoi! Par contre, c’est lorsque vous avez la capacité de manier deux d’entre elles en même temps que la destruction totale de vos ennemis commencera réellement. Imaginez : deux fusils automatiques avec balles qui dévient sur les surfaces! Les ennemis réguliers n’offriront pas plus d’une seconde d’opposition avant de crouler sous vos tirs. Les ennemis majeurs par contre…Les concepteurs savaient que vos armes seraient surpuissantes afin de les affronter. C’est la raison pour laquelle ils peuvent prendre énormément de dommage avant de finalement succomber à leurs blessures. Attendez-vous surtout à une vive opposition si vous jouez à un niveau de difficulté plus élevé que « normal » disons. Une fois que vous aurez l’accès à des améliorations ainsi qu’à des armes supérieures, vous aurez un plaisir fou à faire régner le chaos. Vive le AR Marksman et le LaserKraftWerk, entre autres!

Puisque les environnements sont destructibles, en partie du moins, vous ne pourrez pas toujours rester caché(e) derrière un mur où une boîte afin d’y demeurer éternellement. Grâce à cet aspect, vous aurez plus souvent qu’autrement l’impression de jouer à un jeu de tir à la première personne d’antan. Selon moi, la grande différence entre les FPS de l’époque et ceux d’aujourd’hui se situe beaucoup au niveau du mouvement. Nous ne pouvions pas réellement nous cacher lorsque j’étais jeune. Nous devions constamment courir d’un endroit à l’autre. Les ennemis non plus ne se cachaient pas par contre. Ils partaient à vos trousses. Certes, cela signifiait souvent qu’ils se retrouvaient en plein dans la trajectoire de vos tirs mais vous ne pouviez pas rester constamment au même endroit non plus sans vous faire mettre en pièces. L’expression anglophone « run and gun » y prend ici tout son sens. Puisque l’intelligence artificielle s’est grandement améliorée au fil du temps, vos ennemis essaieront de vous descendre en équipe tout en s’assurant de vous lancer des grenades afin de vous forcer à bouger. Nous assistons par conséquent au meilleur des deux mondes.

Graphiques, musique et voix

Visuellement, le jeu est magnifique. Je l’ai acheté pour la PlayStation 4 et je ne peux pas m’en plaindre hormis quelques petits problèmes techniques. Si vous cherchez pour des bogues, il est certain que vous en trouverez. Les nouveaux outils de montage de la PlayStation 4 vous permettront de créer facilement vos propres vidéos. J’en ai aussi profité et j’ai capturé les bogues les plus surprenants et les plus flagrants. Ils ne m’ont pas du tout empêché d’apprécier Wolfenstein mais je suis certain qu’il pourraient être facilement réparés. Notons que des surfaces apparaissent soudainement, d’autres reçoivent des rayons de soleil alors qu’il n’y a pas de source de lumière de près et l’éclairage de quelques environnements semblait apparaître aussi soudainement que maladroitement. Malgré tout, ne laissez pas ses commentaires vous empêcher de vous procurer le jeu. Ce ne sont que des détails. La musique est excellente et vous aurez l’occasion d’écouter des grands succès de l’époque à la sauce germanique. Pour ce qui est des acteurs de voix, je suis plutôt divisé. Certains ont fait un excellent travail alors que d’autres ont fait ce qu’il valait pour obtenir la note de passage. Parmi ceux qui en ont fait le moins, je dois nommer Brian Bloom, qui incarne Blazkowicz. Autant sa voix que ceux qui ont fait les animations du personnage font passer B.J. pour un être ayant peu d’émotions. Nous méritons mieux. Même si le jeu ne se prend pas nécessairement au sérieux, il faut s’attendre à ce que les acteurs qui les incarnent mettent le paquet afin de réellement nous faire croire en les émotions que les personnages ressentent. Est-ce le cas ici? En partie seulement. Les autres personnages sont crédibles même si certains tombent dans la caricature (Wilhelm « Deathshead » Strasse surtout).

Conclusion

Wolfenstein vaut vraiment la peine que vous dépensiez de l’argent afin d’y jouer. Je dois apporter un bémol cependant : il n’y a pas de mode multijoueur. Vous ne pourrez donc pas apprécier le titre avec vos amis friands de FPS. La durée du jeu est honorable mais est-ce suffisant pour dépenser 70$ (pour la PS4)? Je ne le crois pas sincèrement. J’ai vraiment aimé le jeu mais j’apprécie la série depuis de nombreuses années. Puisque je sais que ce n’est pas le cas pour plusieurs d’entre vous, je peux difficilement vous recommander le jeu à plein prix. Procurez-vous le dès qu’il y aura une baisse ou louez-le simplement. Il mérite d’être joué. Si vous êtes plus jeune que moi et que vous voulez en apprendre plus sur les anciens FPS, essayez sans hésitation Wolfenstein : The New Order. Comme je le précisais au début de l’article, c’est le trait d’union parfait entre les FPS de l’époque et les plus récents!

Si vous voulez me joindre, laissez un message en bas de cet article ou sur ma page Facebook. Il me fera grand plaisir de vous répondre. Si vous avez essayé le jeu, donnez-moi vos impressions!

Votre opinion?

Entrer les renseignements ci-dessous ou cliquer sur une icône pour ouvrir une session :

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s