Perspective 15 : Aspirations objectives et objectifs inspirants

(Par Jérémie Bernard)

Pourquoi Jestermind? Cette question peut sembler futile après autant de mois de travail et autant d’articles, mais selon moi, elle ne sera jamais impertinente. Dans la vie, je suis quelqu’un de curieux et de passionné, ce qui veut dire que je touche à plusieurs domaines avec le même intérêt et le même désir d’en savoir plus et aussi ce besoin maladif de faire des liens entre les différentes familles de connaissance. Jestermind, c’est pour moi la façon d’officialiser ce mode de vie que je tente de respecter depuis mes plus lointains souvenirs. C’est pourquoi vous me voyez écrire dans chacun des départements culturels offerts par le site. C’est pourquoi je m’amuse à écrire une critique de restaurant après une analyse d’un livre théorique et la critique d’un vieux jeu vidéo.

Je ne vais jamais remettre en question la qualité de Jestermind, mais je suis en mesure de dire, selon ma position, que la quantité d’articles est aussi un aspect très important de la mission même de notre projet. Notre but est de réfléchir la culture dans sa définition la plus vaste. J’avais une petite conversation récemment avec notre Coordonnateur musical Jean-Maxime Touzel, et nous en sommes venus à la conclusion que la définition de culture adoptée par Jestermind se rapproche beaucoup de la définition du mot « vie ». Nous analysons tout ce qui est conséquence du passage de l’humain sur Terre, autant dans ses réalisations que dans ses réflexions, ses mouvements sociaux et ses manifestations artistiques. C’est pourquoi nos sujets sont si disparates et si nombreux. Et c’est là, selon moi, la réelle qualité d’un site internet comme le nôtre : nous ne sommes pas « spécialisés », certes, mais nous offrons, avec le même besoin de réflexion, notre opinion et notre analyse sur un sujet humain bien précis, le temps de quelques phrases. La cohérence de Jestermind est là, dans sa capacité à parler également de tous les sujets.3168733_f260

Ce besoin de tout couvrir, qui est en soi une pure utopie, nous pousse à toujours se réinventer, à chercher des nouveaux sujets, à intégrer de nouvelles personnalités au projet et à offrir un point de vue sur la nouvelle mode culturelle ou un ancien phénomène qui a été trop peu étudié. Mon équipe et moi, nous sommes là pour laisser une trace de nos réflexions et nos pensées à propos de la vie qui nous entoure. Cela peut sembler bien peu modeste, mais je suis content que nous ayons des visées si grandes : cela nous permet de faire tout en notre pouvoir pour vous offrir les meilleurs textes possible, jour après jour.

Cela vous explique en partie pourquoi j’écris souvent des articles sur des sujets qui peuvent paraître étranges ou dépassés. En tant que rédacteur en chef et fondateur de ce projet, je prends sur moi le fait d’aller à l’extrême de notre vision, d’oser aller dans le détail, quitte à offrir une base de données encyclopédique au site plutôt qu’un apport à l’actualité. Ce qui reste de ma personnalité dans Jestermind, c’est le fait que vous pouvez suivre le déroulement de mes consommations culturelles présentes à travers mes articles, même si ce que je lis ou ce que à quoi je joue ne date pas d’hier. Soyez avertis : vous n’avez pas terminé de voir apparaître un article écrit de ma plume à propos d’un Call of Duty d’il y a 5 ans ou d’un traité scolaire trop pointu pour intéresser la plupart des lecteurs. Nous sommes une équipe énorme. Je considère que mon rôle au sein de cette équipe est de couvrir l’inusité, le dépassé, et d’y apporter une réflexion bien actuelle et quelque peu personnelle.

C’est aussi là l’essence de cet éditorial. Perspective fut créé pour réfléchir au projet même, pour vous communiquer les aspirations objectives de notre site internet, tout en saupoudrant la réflexion d’objectifs inspirants, pour se donner un avant-goût de l’avenir de Jestermind. Mais aussi, Perspective sert à me remettre en question, à réfléchir à ma propre condition en tant qu’humain et contributeur à ce projet. C’est pourquoi cette tribune sert aussi à savoir ce qui se passe dans ma vie artistique étrangère à Jestermind (mais jamais trop, tout de même).

Ces derniers jours, j’ai beaucoup réfléchi à ma manière d’écrire. À l’aube de finaliser la troisième et dernière grande nouvelle dans No Man’s Land avant la rédaction d’un roman, je me suis rendu compte que je portais peu attention à mon style d’écriture. Je me suis alors demandé si c’était en partie pour cette raison que j’avais parfois de la difficulté à bien cerner les besoins de mon texte et la manière de déployer mon récit. Selon moi, oui.

Mes deux projets narratifs d’envergures sont Sarkad et No Man’s Land. Quoique reliés (l’explication de ce dernier constat sera réservée à un autre article), ces deux univers nécessitent une approche d’écriture très différente. Voici le résultat de ma réflexion préliminaire. Je connais beaucoup de gens qui écrivent ou veulent écrire : en espérant que cette ébauche pourra vous aider à vous poser les mêmes questions par rapport à votre art.images

Commençons par Sarkad, qui est mon plus vieux projet narratif et ludique. Cet univers fantasy possède tout ce qu’il y a de plus cliché dans le genre, avec une petite touche d’innovation, et une explication de l’univers vraiment originale (détails que je vous fournirai une autre fois, peut-être). Pour Sarkad, j’ai besoin d’un style qui est capable d’embrasser la multiplicité et la complexité de l’univers, sans tomber dans la lourdeur de certaines séries fantasy que je ne nommerai point. C’est pour cette raison que j’ai décidé d’écrire mes futurs récits dans Sarkad à l’aide d’une instance narrative bien précise, d’un narrateur qui possède sa propre identité et sa propre personnalité. Pensez alors à un texte écrit aujourd’hui, mais avec toute la folie d’une narration à la Diderot ou Voltaire. Cela va me permettre d’insérer des réflexions philosophiques et des liens arbitraires entre différents éléments de mon univers sans trancher trop franchement avec le récit en cours. Écrire d’une telle manière peut être difficile et dangereux au niveau du rythme, mais je crois sincèrement que c’est la meilleure manière de représenter un univers aussi encyclopédique avec un peu d’humour et beaucoup de réflexions biaisées.

Pour ce qui est de No Man’s Land, je veux représenter stylistiquement le climat étrange, conséquence de deux races humaines distinctes se côtoyant sur Terre. Je veux que malgré le côté postapocalyptique de l’univers, l’écriture témoigne d’une urgence de vivre maintenant, d’un déni en surface des problèmes d’avant pour se concentrer sur les conflits présents. Cela va demander une écriture plus sèche, plus rapide, qui raconte par les interactions, par les descriptions courtes, mais denses, par les situations hors de l’ordinaire. L’écriture de No man’s Land va donc demander un style à cheval entre l’écriture scénaristique de Perfekta (autre projet d’écriture, scénaristique cette fois) et la prose exhaustive de Sarkad. De cette façon, je pourrai me concentrer sur les récits d’urgences et de mystères qui entourent cet univers.

Je ne crois pas ici donner de recette ou tenter d’expliquer un quelconque talent. Je me sers simplement de cette tribune pour partager une réflexion toute personnelle qui, je l’espère, va en causer d’autres! Vous avez eu ici un aperçu de ce que je tends à réaliser en tant « qu’écrivain », mes buts stylistiques à long terme. Je crois et croirai toujours que la réflexion est sans conteste le premier pas dans le long et sinueux chemin du résultat.

En parlant de No Man’s Land, sachez que la période de tests des mécanismes du jeu vidéo en cours dans cet univers reprendra très bientôt ! Je vous tiendrai au courant de la nature de ce jeu dans une série d’articles distincts. En attendant, allez analyser et questionner votre style si ce n’est déjà fait, ou fermez à jamais cet éditorial, frustrés d’avoir lu autant de mots pour n’avoir eu en retour que la réflexion de surface d’un pauvre dégénéré incapable de réfléchir sans le crier sur tous les toits.

Et si vous avez retiré quoi que ce soit de cet article, tant mieux. N’hésitez pas à m’écrire (en commentaire), si jamais cela a allumé la flamme d’une autre réflexion!

On se revoit lors d’une prochaine Perspective.

 

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