Critique de FarSky (Jeu Vidéo)

(Par Olivier Leclair) Explorer un monde inédit, construire des bâtiments et survivre dans un milieu hostile: la recette offerte par Minecraft est alléchante. Elle propose une grande rejouabilité et des expériences diversifiées. Plusieurs titres, tel que Terraria, se basent sur un système semblable. Minecraft est presque devenu un genre à part entière. FarSky, créé par Tim Spekler, s’inscrit dans cette lignée. Ce jeu disponible sur PC, Mac et Linux offre toutefois un contexte bien différent puisque l’action prend place dans les fonds océaniques.

farsky3La surface est inaccessible. L’avatar du joueur est submergé par des mètres et des mètres d’eau. Ses provisions de nourriture et d’air sont limitées. La mort est proche et c’est contre cette dernière qu’il doit lutter. La faim et l’asphyxie ne sont pas ses seuls ennemis, car des requins, des barracudas et des calmars géants rodent aux alentours. Pour survivre, il doit récolter de la nourriture, des herbes et des minéraux en explorant une carte gérée aléatoirement. Le terrain de jeu marque par sa splendeur. Les fonds marins sont parsemés d’algues géantes et de coraux. Des dauphins, des poissons multicolores et des baleines flottent près de la surface. Dans les sombres profondeurs, des bêtes fluorescentes nagent parmi une végétation lumineuse. FarSky, esthétiquement, se trouve entre Endless Ocean et The Life Aquatic with Steve Zissou. Ce spectacle visuel est bercé par une musique angélique. C’est ce milieu à la fois féérique et hostile qui menacera la survie du joueur. Heureusement pour lui, une base sous-marine lui sert de refuge. Celle-ci représente son seul lieu sûr et surtout, sa seule réserve d’air. Cette base abrite un atelier principal qui rend possible la construction de plusieurs ateliers adjacents, tels qu’un atelier d’armes, d’équipement, de construction et de meubles. Leur utilité est toutefois vague puisque le jeu lance le joueur dans l’action sans introduction, sans tutoriel. Les règles lui sont inconnues et ce sera à lui de les découvrir. Car si FarSky est un jeu d’exploration, cette dernière ne se limite pas à l’environnement. Explorer le système de jeu et ses mécanismes est également requis.

farsky2Le joueur comprend bien vite que FarSky se base sur la récolte de trois minéraux principaux : le fer, le cuivre et le manganèse. Ces derniers sont utilisés afin d’améliorer son équipement, lui permettant ainsi d’augmenter ses réserves d’air, sa résistance aux chocs et à la pression. En améliorant sa résistance à la pression, il sera en mesure d’explorer des niveaux inférieurs. L’architecture du jeu propose trois niveaux. Chacun d’entre eux cache des minéraux différents. Le premier, se trouvant à cent mètres de profondeur, préserve des réserves de fer. Le second, à une profondeur de deux cent mètres, cache du cuivre et le troisième, à trois cent mètres, du manganèse. Si je vous dis que l’amélioration de l’équipement se fait sur trois niveaux, le tout commence à s’éclaircir, n’est-pas? Chaque niveau d’amélioration vous permet d’explorer de nouvelles zones. Le besoin d’amélioration pousse le joueur vers l’exploration et le besoin d’exploration pousse vers l’amélioration. Tout est équilibré. Or, malheureusement, un manque important de contenu limite cet aspect. Le jeu offre un inventaire d’armes et d’objets limité et peu diversifié. Posséder tous les objets disponibles ne prendra que quelques heures, sans compter que plusieurs d’entre eux sont dispensables à la progression. Le joueur perd donc rapidement sa motivation pour explorer les lieux et trouver des ressources. L’équilibre s’évapore lorsque l’amélioration n’est plus possible. Il est, de plus, malheureux que l’expansion de la base soit si restreinte. Bien qu’il soit possible de l’agrandir, le jeu n’offre pas une personnalisation approfondie de celle-ci. Il est impossible de la décorer ou de l’aménager comme on le souhaite. La seule liberté offerte au joueur est l’architecture de la base et l’emplacement des ateliers. Après cinq heures, le joueur aura fait le tour des possibilités offertes par le jeu.

farsky4La survie reste toutefois l’aspect central de FarSky. Il faut, pour se faire, trouver de la nourriture en tuant des poissons et faire cuire la viande à l’aide de charbon. La faim guette sans cesse le joueur. Il doit donc gérer son inventaire afin de ne jamais manquer de nourriture. Or, les prédateurs représentent le danger principal. Ils attaquent le joueur sans avertir et tuent rapidement leur proie. Si le joueur a le malheur de saigner, d’autres prédateurs sentiront sa présence et viendront à ses trousses. La nuit, ils sont nombreux à chasser dans les environs. L’exploration de nuit est donc particulièrement ardue et dangereuse. Le jour devient alors le moment dédié à l’exploration et à la récolte des ressources. Bref, à tout ce qui se fait à l’extérieur. La nuit, le joueur est conseillé de rester à l’intérieur afin de gérer son inventaire et sa base. Or, les tâches de gestion étant peu nombreuses, le joueur doit régulièrement attendre que les premiers rayons du soleil touchent les fonds marins afin de reprendre son activité. La nuit, présentée comme un moment effrayant, devient synonyme d’ennui. Or, même si la faim, l’asphyxie et les prédateurs peuvent mener à la mort du joueur, celle-ci est peu pénalisante. Lorsqu’il meurt, le joueur peut retrouver les objets qu’il portait sur lui dans un coffre posé là où il est décédé. Puisqu’elle ne pénalise pas le joueur sur son inventaire, la mort n’est pas si terrifiante. La survie, du même coup, n’est pas si ardue qu’elle ne paraît. Or, pour les joueurs aux nerfs d’acier, le jeu propose le mode «Survivor». Dans ce mode, le joueur possède qu’une seule vie et doit affronter un nombre important de prédateurs. La survie devient donc plus excitante et stressante. Afin d’accéder à ce mode, le joueur devra accomplir la campagne principale. Celle-ci, contrairement au mode «Sandbox», offre un objectif au joueur: récupérer les neuf pièces de sous-marin inscrites sur la carte. Il faut toutefois noter que le jeu n’offre pas de mode coopératif. FarSky est un jeu uniquement solo. Un manque notable et regrettable puisqu’un tel mode aurait pu diversifier les expériences de jeu et contrebalancer avec le manque de contenu.

FarSky est un titre qui émerveillera les amoureux de la nature et des profondeurs marins. Or, s’il tentait de rejoindre les amateurs de Minecraft, ceux-ci seront déçus par un manque affligeant de contenu et l’absence d’un mode coopératif. Malgré qu’il soit amusant à parcourir et explorer, on fait vite le tour de ce qui nous est proposé. Toutefois, bien que rien ne soit annoncé pour le moment, il ne serait pas surprenant que du contenu soit ajouté lentement au fil des mois. Disons que FarSky propose une base solide pour un excellent jeu. Il manque tout simplement de la chair autour de l’os. Vous pouvez l’acheter sur Steam pour un faible coût de 14,99$ ou sur le site web du jeu.

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