Critique : Goat Simulator (Jeu vidéo)

(Par Alexandre Poirier)

Un verre de jus d’orange à la main. Une paire de pantalons de pyjama carotté brun aux fesses. Une haleine de café dans la bouche. Une face que l’on pourrait facilement qualifier comme étant « de cul » et comprenant les caractéristiques suivantes : barbe pas faite (pour le peu que j’ai), acné de stress, cernes sous les yeux et cheveux en bataille. Vous l’aurez deviné : je suis bel et bien en fin de session. Et pourtant, comme tous les étudiants qui, comme moi, souffrent d’un rare cas de procrastinatite aigüe, je préfère doublement procrastiner en jouant à Goat Simulator et en écrivant une critique sur cette « œuvre » vidéoludique; un grand philosophe grec a un jour dit que « même regarder un mur devient intéressant lorsque l’on étudie. » Vous vous demandez certainement, chers lecteurs, chères lectrices, si, en me levant du pied gauche ce matin, je suis tombé sur la tête, de même que ces deux autres questions, intrinsèquement liées :

1) Pourquoi avoir acheté Goat Simulator? Tout simplement parce que je suis de la génération qui achète n’importe quelle niaiserie « juste parce que ». D’ailleurs, un de mes amis vient de laisser traîner dans mon frigo une pinte de lait au sirop d’érable qu’il a avait achetée, « juste parce que ». En passant, c’est dégueulasse dans du café, mais ça fait la job quand t’es trop paresseux pour aller au dépanneur acheter du Natrel 1%.
2) Pourquoi perdre son temps sur Goat Simulator? Parce que Goat Simulator ne se prend pour autre chose que ce qu’il est vraiment, c’est-à-dire une perte de temps vidéoludique. Les « développeurs » de Coffee Stain Studios n’ont pas été jusqu’à dire que ce jeu vient révolutionner le casual gaming, comme certains de leurs homologues développant des jeux de catapultage d’oiseaux ou d’oblitération de friandises ont pu le déclarer par le passé.

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Malgré la pile de travaux et d’étude qui m’assaillit quotidiennement, je demeure tout de même sain d’esprit. En tout cas, pratiquement autant qu’à mon habitude! Sans être « au-dessus de ses affaires », Goat Simulator réussit tout de même à faire ressortir nos instincts bestiaux et chaotiques, cachés en nous depuis que l’homo sapiens sapiens est civilisé. Alors que je m’amuse allègrement à semer la discorde dans une toute petite ville rurale où les habitants semblent avoir des activités particulièrement rednecks, comme faire du dérapage contrôlé dans un champ de maïs, grâce à une chèvre qui ne semble avoir aucune motivation mis à part le fait d’avoir toujours la langue sortie, le regard vide et inquiétant et la flexibilité d’une poupée de chiffon, je me suis découvert un rire horrible jusqu’alors méconnu : les palettes avancées, la lèvre supérieure comme un « bec-de-lièvre » et les yeux plissés, le « rire » ressemblait à celui qu’émettrait une créature issue de l’union malsaine entre un âne, un phacochère et un homme de Cro-magnon.

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ATTENDEZ; NE PARTEZ PAS! Je ne parlerai plus de mon rire effroyable, promis! De toute façon, je ne comptais pas m’attarder très longtemps sur ce petit défouloir. En fait, votre but, en tant que joueur et procrastinateur vétéran, est tout simple : obtenir le plus grand nombre de points possibles en faisant le plus de dommages physiques et en propageant le chaos tout en faisant boguer le jeu à son plein potentiel. Vous m’avez bien lu : « faire boguer le jeu à son plein potentiel ». Les programmeurs de chez Coffee Stain Studios ont pris l’incroyable initiative de ne retirer aucun bogue du jeu, initialement développé comme étant un prototype sans aucune prétention sérieuse lors d’un game jam, à l’exception de ceux qui pourraient vraiment nuire au jeu au niveau de la performance, comme en l’arrêtant complètement. Grâce au au moteur Unreal Engine 3, dans un environnement relativement bien modélisé et une physique des objets et des personnages détournant justement toutes les lois de la physique, Goat Simulator nous apprend, par le simple plaisir de voir une chèvre s’envoler, que la ligne entre l’innocence et la culpabilité est parfois très mince : si nous nous sentons libres de gambader et de faire comme bon nous semble en tant que chèvre, nous sommes toutefois tenus, par des obligations estudiantines, de commencer la rédaction d’un travail qui est à remettre jeudi. Procrastination, quand tu nous tiens!

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