Danse sur la tragédie : une critique de Supermodel par Foster the People

(Par Pierre-Luc Latour)

Je te le dis tout de suite, Jestermind, je suis totalement partial. Il y a des groupes que je préfère naturellement plus à d’autres. Les raisons de ce fait peuvent varier. La voix de la personne qui chante, l’accompagnement musical, le rythme, les paroles, le nombre de temps que ça me prend pour me tanner, la couleur de la pochette, bref, je suis capricieux. Récemment, un de ces groupes, Foster the People, a sorti un nouvel album juste à temps pour le printemps (le vrai, tsé). Pis c’est de ça que je veux te parler, Jestermind.

Quand il est sorti en 2011, Torches, le premier album du groupe, a causé une belle surprise au point de recevoir une nomination aux Grammy’s. Moi, à l’époque, j’tais fasciné. La première fois que j’ai écouté Pumped up Kicks j’étais d’abord surpris par la vigueur et la joie qui se dégageait de la mélodie. Ce qui me frappa le plus (comme une batte de baseball sur mes tibias), ce sont les paroles terriblement tragiques du single de Torches. « All the other kids with the pumped up kicks, you’d better, better run, faster than my bullet. » Bref. J’étais traumatisé par la différence entre les sentiments et les paroles.

Est-ce que j’allais retrouver la même sensation en écoutant leur tout nouvel album? Ce même malaise fascinant et amusant. J’espérais, les doigts bien croisés (comme un bretzel)! Or, je suis bien loin d’avoir été déçu! Avant de dégager les pour et les contre de l’album, parlons un peu plus de ce trio.

Originaire d’Ohio, mais spirituellement californien, le chanteur, compositeur et membre originel du groupe, Mark Foster, est une tête de musique incroyable. Sa voix bien singulière se rapporte bien à celles de Cubbie Frink (à la basse) et de Mark Pontius (à la batterie). Dans cet opus, Foster the People se regroupe autour du thème de la surconsommation, du capitalisme sauvage, mais toujours tournant autour de l’estime de soi.

Il est facile de remarquer les points forts du groupe dès la première écoute de Supermodel. Les gars ont un fun fou à faire le style qu’ils font. En effet, bien que la plupart des paroles aient un aspect définitivement tragique, on a quand même envie de danser sur Are you what you want to be? ou encore de taper de nos mains le rythme de Ask Yourself. Ce qui est bien aussi avec cet opus, c’est que des 11 chansons que contient l’album, aucune ne se ressemble. Bien sûr, du Foster restera du Foster, mais jamais on ne cessera d’être étonné par les nombreux sons couvert par le groupe. Allant de l’électro-rock avec Best Friend et A beginner’s guide to destroying the Moon, le trio retrouve le soft-rock avec Goats in Trees. L’harmonie des voix qui est, sans aucun doute, la marque de commerce des Californiens d’adoption est à son paroxysme avec The angelic welcome of Mr. Jones. À la toute fin de l’album, on est surpris par une des chansons les plus délicates composées par Foster the People à ce jour. En effet, Fire Escape est à écouter avec une tasse de café au lait en fixant l’horizon.

Du point de vue négatif, je dois avoue que je n’ai pas vraiment trouve de défaut majeur ni même mineur. Si je me forçais, j’en trouverais certain du genre : le son est trop fort quand tu montes le volume au maximum. Mais je n’en ai pas envie. Je salue le talent, je salue l’audace. La progression du groupe est exceptionnelle, ils ont vraiment pris du gallon depuis Torches. Ils ont même essayé de se renouveler en adoptant différentes variantes par rapport à leur style comme je le décrivais plus tôt (caméléon style).

En conclusion, Supermodel est peut-être mon coup de cœur du premier trimestre de l’année 2014. Bien que les critiques soient plutôt mitigés, je te suggère fortement d’avoir cet album dans ta collection pour l’été. En fait, t’as surement déjà entendu le single de l’album, Coming of Age, en te disant qu’il te le fallait absolument, sinon, achète-toi une âme. Sincèrement. Bref, crois-moi, tu ne regretteras pas l’achat.

Idéal pour :
* Attirer l’été en espérant que toutes ces incantations vont amener la saison plus vite qu’on ne le pense!
* Cuisiner! Mais si t’es comme moi, je te conseille de ne pas jouer de la guitare ou de la batterie avec tes spatules. Ça brûle pis y’a de la sauce partout après.
* Ramasser les dégâts que t’as faits en cuisinant.
* Écouter dans une décapotable en étant stationné au DQ comme des animateurs de camp de jours en juillet.

Les plus :
+ Les textures différentes de chaque chanson ;
+ La musique à l’unisson du trio ;
+ On a autant de plaisir à les écouter qu’ils en ont à jouer.

Les moins :
— Le message profond de l’album qui passe autant dans le beurre qu’un épi de maïs en août ;
— L’album est court. On voulait 20 tounes Foster, au moins 20 ;
— Non sérieusement, gimme more.

Note : 9.1
Metanote (metacritic) : 6

Album : Supermodel
Groupe : Foster the People
Label : Columbia Records
Date de sortie : 18 Mars 2014
Genre : Indie-Rock, Rock alternatif, Electro-Rock

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