Critique : Averia, T.1 – Patrice Cazeault (Roman)

(Par Sophie Vaillancourt)

À noter que ce texte est un travail universitaire, donc il ne prend pas la forme habituelle de mes critiques. Je suis partie de mon texte qui se retrouve dans les Coups de coeur littéraires 2013 et voici le résultat final, analysé un peu plus en profondeur pour mon cours de littérature.

Pour ce compte-rendu, j’ai décidé de sortir de ma zone de confort pour m’orienter vers un genre que je n’exploite pas souvent : la science-fiction. D’habitude, je lis plutôt des romans fantastiques ou réalistes, mais très peu de romans de science-fiction. Comme c’est un genre qui a gagné beaucoup de terrain dans les dernières années, je pense qu’il est normal que je m’y intéresse, surtout que c’est un genre gagnant auprès des adolescents.

J’ai donc pris la décision de me lancer dans la série Averia, de Patrice Cazeault, une fantastique histoire qui raconte l’implication de deux sœurs, Seki et Myr, dans la révolte qui prend forme sur Averia, leur planète. C’est une révolte qui oppose les Humains, colonisateurs, aux Tharisiens, envahisseurs extraterrestres.

Dans le premier tome, le lecteur suit Seki, alors étudiante à l’université. Sa vie bascule lorsqu’un groupe de révolutionnaires prend sa classe en otage pour les convertir à leur cause : renverser l’occupation tharisienne. Elle n’est pas en accord avec eux et leur fait affront en quittant la classe. Plus tard, elle tente de leur faire entendre raison en leur disant que la force et la violence ne règleront rien. Avec son aide, ils rédigent un manifeste qu’ils veulent envoyer aux hautes instances tharisiennes. Manifeste que Seki devra signer à contre-cœur, puisqu’elle ne veut pas être associée à cette révolution. Mais les révolutionnaires accompagnent la lettre d’une bombe qui fait sauter une partie du bâtiment gouvernemental. Et maintenant, comme le nom de Seki est associé à cet évènement, celle-ci est recherchée et doit se cacher pour échapper aux militaires tharisiens. En d’autres mots, elle est dans le trouble! Le reste du roman sera consacré à savoir si elle va trouver une solution à sa problématique et si elle sera capable d’arrêter la guerre qui s’est déclenchée suite à l’attentat.

Ce roman jeunesse québécois peut se classifier dans deux catégories. Tout d’abord, Averia s’apparente beaucoup à la science-fiction. Ce genre se définit surtout par l’époque dans laquelle se passe l’histoire, soit dans un futur plus ou moins rapproché, ainsi que par les avancements technologiques et scientifiques. Ces deux caractéristiques sont présentes dans Averia, mais ne sont pas au centre du roman. En fait, la science-fiction partage sa place avec la dystopie, qui est un genre de livre où la société vit sous un gouvernement totalitaire. La dystopie peut aussi être qualifiée par la mise en scène des conséquences néfastes d’une idéologie, très souvent politique. C’est le cas dans Averia, puisque la société humaine se bat pour se libérer des Tharisiens qui la gouvernent et la méprisent.

Malgré la quatrième de couverture qui laisse prévoir une aventure remplie de vaisseaux spatiaux et de fusils-laser, on se rend compte que cela n’est que la trame de fond. En fait, chaque tome est écrit d’un point de vue différent. Dans le tome un, le lecteur est dans la tête de Seki et voit comment elle se retrouve, malgré elle, mêlée à cette révolte inattendue des Humains. Le tome deux se déroule dans l’esprit d’Annika, une Tharisienne qui n’est pas satisfaite de son gouvernement et qui méprise les humains. Dans le tome trois, le lecteur retourne dans la tête d’un Humain, mais cette fois, il accompagne Myr, la cadette de Seki, qui ne partage pas la même opinion que sa sœur sur cette fameuse révolution. En plus, une autre voix reste toujours présente dans les romans : celle de Charal Assaldion, journaliste pour Tharisia Press, qui commente les évènements de façon humoristique et parfois sarcastique. Ce jeu de voix est une des raisons qui m’a poussé à continuer ma lecture. C’était rafraichissant de changer de point de vue de temps à autre. En plus, le roman n’est pas divisé en chapitres à proprement parler : chaque voix est présente pour une dizaine de pages, puis on change à la suivante, un peu comme si c’étaient des scènes de films qui se suivaient. C’était la première fois que je lisais un livre avec une telle formule, et j’ai adoré!

Tout au long de la série, on suit différents personnages et leur évolution psychologique par rapport à la problématique de la révolte. On découvre une analyse critique des comportements typiques humains, surtout par rapport à la différence. L’histoire en soi est futuriste, mais n’empêche que le thème des relations humaines prend toute la place. Cela nous pousse à réfléchir à nos propres actions et réactions, et aussi à prendre conscience des différents aspects de la nature humaine.

La relation la plus importante est celle qui unit les deux sœurs, Seki et Myr. Elles ont des opinions si différentes, mais sont, à l’intérieur d’elles-mêmes, tellement pareilles. On a envie, en tournant les pages, de savoir si la situation sur Averia va les aider à se réconcilier ou, au contraire, à s’éloigner l’une de l’autre. Par contre, les personnalités des deux jeunes filles sont un peu clichées : Seki est la parfaite grand sœur, étudiante modèle et travaillante, acceptant même la domination des Tharisiens, tandis que Myr est le mouton noir de la famille, qui ne pense qu’à se venger des Tharisiens et qui cultive une haine incroyable envers eux.

En général, j’ai beaucoup aimé ce roman. Je vais continuer à lire la série dont déjà quatre tomes sur six sont sortis parce que je veux absolument savoir ce qui va arriver! Je ne pensais pas aimer autant un livre de science-fiction, mais il semblerait que ce genre me plaise, après tout. Malgré qu’il s’adresse à un public adolescent, je le recommande à tous les adolescents et les adultes de ce monde : chaque personne a quelque chose à apprendre sur les relations humaines.

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