Critique : Temples – Sun Structures (CD)

(Par Pierre-Luc Latour)

Un coup de poing du passé.

Fin février. Alors que s’abattait une de ces mi-sessions qui ne semble jamais vouloir se terminer, je sentais ma motivation (et ma santé mentale) me quitter peu à peu. On a tous déjà vécu ces moments où tous les différents travaux que l’on doit remettre n’avancent pas, ces moments où tous les problèmes techniques et logistiques arrivent, ces moments où est-ce que tu te dis que t’étais vraiment trop cozy à la maternelle quand t’as aucune mémoire de cette époque où la sieste était une matière scolaire. Bref arrivent ces moments où tu te dis que tu dois passer à l’étape suivante pour te motiver. Si pour plusieurs, c’est le doux parfum d’un café classique vanille-française un peu cheap, mais tellement réconfortant ou le frétillement d’une boisson énergisante qui semble vouloir un peu trop fraterniser avec le palet, moi, ce qui me motive, c’est de pouvoir faire cliqueter mon clavier au rythme de la musique. Loin de moi l’idée de me plaindre de la qualité motivationnelle de mon mélange habituelle Elton-John/Macklemore/Notorious B.I.G/la-trame-originale-de-Star-Wars, je dois avouer qu’un gars, ça se tanne… et ça se tanne encore plus quand il neige.

Pour remédier à cette fâcheuse situation, je retourne toujours à la bonne vieille méthode familiale : le magasinage à l’aveugle. Je reviendrais plus tard, sûrement dans une autre chronique, sur ce merveilleux sport (plus fléchette que hockey, on s’entend), qu’est l’achat à l’aveugle dans une boutique de cd’s. Longue histoire courte, c’est comme ça que j’en suis venu à succomber à l’achat du sujet de la présente chronique, Sun Stuctures réalisé par le jeune groupe britannique Temples. Succombant d’abord sous le charme de l’illustration de la pochette qui nous prépare déjà à l’expérience vécue en écoutant l’album, je me suis tout de suite rabattu sur le nom de l’opus. Sun Structures? L’album m’était destiné, je le savais. Par temps gris, c’est un crime de refuser tout ce qui pourrait nous apporter un peu de soleil. UN CRIME.

Arrivé chez moi, j’ai déballé avec empressement  l’album de son plastique protecteur (OK, j’avoue, j’ai gossé durant 5 minutes avant de me résoudre à utiliser des ciseaux). Et hop, le CD dans le lecteur. On augmente le volume (pas trop pour ne pas déranger la sœur qui fait ses devoirs). On s’assoit confortablement. SURPRISE. À la première écoute, je tombe en amour. Comme une machine dans le temps, les 4 gars composant dans Temples me font voyager dans le temps. Destination? 1967.

En 1967, alors que mes parents étaient en train de perfectionner l’art de la sieste, toujours à la maternelle, les monuments que sont les Beatles créaient le summum de la perfection du rock psychédélique avec Sgt.Pepper’s Lonely Heart Club Band. En plus d’être mon album préféré du Fab Four et mon deuxième club préféré (ex æquo le sandwich), cet album est, pour moi, un des mieux ficelés et unique of all time, rien de moins. Je me rappelle de la première fois que je l’ai réellement écouté de A à Zzz. J’étais en transe, littéralement. Or, c’est un copier-coller de sentiment que j’ai ressenti avec Temples. L’agréable voix de James Edward Bagshaw (+1 pour le nom awesome) agit comme un guide à travers la mélodie enivrante, n’ayons pas peur des mots, de l’album. Les quelque 52 minutes que dure le voyage sont parfaitement synchronisées pour nous faire vivre une belle expérience.

OK, retour au présent. Là, je te sens un peu capoter. Est-ce que je suis en train de dire que Temples est aussi bon que les Beatles? Nope. Calme tes nerfs papillon. J’ai quelques bémols à mettre.  D’abord, si les Beatles ont le mérite de risquer avec un son qui était révolutionnaire et inusité, Sun Structures a le défaut de quelque peu réchauffer un succès déjà éprouvé. Or, la musique c’est comme le Kraft Dinner : un détour de 3 minutes au micro-ondes et ça peut être délicieux (bien que cancérigène, tsé)… mais ce ne sera jamais aussi bon que quand tu viens juste de le préparer en mettant des restants de saucisses de la veille dedans. Aussi, une autre chose qui me dérange un brin, est que l’opus contient peu de moments réellement marquants, les morceaux se ressemblant les uns les autres. Mais on peut facilement leur pardonner ces accrocs. On est loin d’un début de syndrome Nickelback, mettons.

Bref, moi, j’ai adoré. Grâce à Temples, j’ai pu passer au travers de ma fin de session comme-ci c’était du nutella. En cas de panique et de stress, il restera un allié fiable et terriblement efficace. D’ailleurs, la place de l’album trône sur le deuxième niveau de ma discothèque personnelle (ça veut dire que j’aime ça), juste en dessous de ma T.O.F. (Tablette of Fame).

Idéal pour :

–        Des moments où t’as pas le choix de finir ta dissert.

–        Faire ton frais en disant que la 2e British invasion est bel et bien commencée.

–        Pour impressionner ta grand-mère avec de la musique de sa jeunesse, mais avec un twist moderne appréciable.

–        Quand tu veux écouter les Beatles, mais que ton tourne-disque est brisé (faudrait que tu penses à te convertir à iTunes, amigo)

Les plus :

+ Le plaisir que vous aurez à écouter et réécouter la pièce The Golden Throne, le Lucy in the sky de Temples

+ La voix de J.E. Bagshaw

+ L’ambiance idéale pour faire des devoirs

Les moins :

– Un son déjà entendu

– Te donne trop souvent envie de danser (c’est un point négatif si t’es particulièrement mauvais)

– Tu finis par te demander si l’album ne tourne pas en rond (mais tu te rends presque toujours compte que c’est ton lecteur qui bogue)

 

Note : 8.3 sur 10

Metanote (metacritic) : 72

 

Titre : Sun Structures

Artiste : Temples

Label : Fat Possum Records

Sortie : 11 Février 2014

Genre : Psychédélique Rock, Brit Rock

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