Critique: Pokémon Origins (Série)

(Par Olivier Leclair)

Les Pokémaniacs se divisent en deux catégories. Ceux qui préfèrent la première génération et ceux qui ont présentement Pokémon X/Y. À tord ou à raison, je me trouve dans cette catégorie souvent appelée celle des Pokéhipsters. Je n’y peux rien. Que ça soit dans les jeux ou dans les animés, Pokémon, à mon humble avis, a perdu de sa magie à partir de la deuxième génération. Cette perte est principalement due au design douteux de plusieurs espèces et des personnages. Car, soyons honnêtes, créer un Pokémon à partir d’un sarcophage (oui, c’est toi que je regarde Cofagrigus) n’est pas une preuve d’imagination, mais une déclaration d’un manque d’inspiration. En bref, même si je garde une place dans mon cœur pour cette licence, j’ai une grande difficulté à accepter ces nouvelles créatures.

Toutefois, l’univers du Pokémon original ne m’a jamais désenchanté après près de vingt ans. Alors la question se pose, qu’est-ce que ça mange un Pokéhipster en hiver? Un Pokéhipster mange généralement du réchauffé. Il se refait Pokémon Blue/Red rituellement, joue à FireRed et LeafGreen lorsqu’il cherche de la nouveauté et regarde en boucle les deux premières saisons de la série animée. Les Pokéhipsters sont des pauvres Snorlax affamés prêts à manger tout ce qui a trait à la première génération. Pour combler leur petit creux, Nintendo livre la crème de la crème, une nouvelle série animée se basant sur les origines de la licence. Voici Pokémon Origins!

Copyright: Nintendo/Tokyo TVIl faut en être conscient, il ne s’agit pas d’un animé de la même tranche qu’Indigo League. Cette série est composée que de quatre épisodes de vingt minutes. Il s’agit d’une pauvre durée, mais retenez vos gémissements, car il s’agit d’épisodes de qualité. Cette fois-ci, il n’est plus question du classique Ash Ketchum et de son Pikachu, mais d’un personnage bien connu, Red. Red, le premier héros de la licence, prend la vedette de cette aventure. Son objectif : référencer les 151 Pokémon dans le Pokédex du professeur Oak. Ce but est drôlement similaire à celui du jeu original, n’est-ce pas? Cette similarité n’est pas le fruit du hasard, car Pokémon Origins se base formellement sur la structure narrative de Pokémon Red/Blue. Les épreuves que Red doit surpasser sont exactement les mêmes que celles du jeu, les personnages rencontrés également sans oublier quelques dialogues repris textuellement de l’œuvre original. Une fidélité apportant un fort sentiment de nostalgie et permettant de proposer une aventure différente à celle d’Indigo League. Les ressemblances ne se limitent pas ici. On peut noter la présence de barres de vie lors des duels ainsi qu’une violence omniprésente. Car oui, le jeu Pokémon possède un côté assez glauque. Par exemple, en feuilletant le Pokédex, on peut apprendre que le crâne porté par Cubone est en réalité celui de sa défunte mère. Compte tenu l’esprit de la licence, il s’agit d’une caractéristique assez déstabilisante. Cet aspect fut complètement écarté de l’animé original, sans doute pour atteindre un large public. Or, Pokémon Origins l’exploite sans aucune gêne. Les combats sont, pour commencer, d’une violence déconcertante. Lors du premier combat, le gémissement de douleur lâché par Charmander lorsqu’il se fait mordre par Squirtel en est la preuve. Les thèmes de la mort et de la souffrance sont également récurrents. La scène où un Marowak sauvage se fait battre jusqu’à la mort par des membres de la Team Rocket va dans ce sens. La maturité de Pokémon Origins donne un cachet singulier et une profondeur inattendue à cette série.

Il y a, toutefois, des points décevants qui doivent être mentionnés. La contrainte du temps est, en réalité, le centre des défauts. Une heure et vingt pour une série de cette qualité est trop peu. Or, ce qui déçoit le plus est la réponse des scénaristes. Pour rentrer dans les temps, ils ont dû couper les coins ronds en faisant, entre autre, abstraction à plusieurs moments clés. Red obtient des badges, capture des Pokémon et ces derniers évoluent sans qu’on en soit témoin. En voulant miser sur l’essentiel de l’intrigue, les scénaristes ont oublié la cœur de l’animé original : la relation entre un Pokémon et son entraineur. Sans voir la capture et l’évolution, il est difficile de cerner l’intimité entre les deux personnages. Il est, dans ce cas, ardu de s’attacher aux Pokémon. On peut également déplorer le manque de combat. Ceux-ci, bien qu’ils possèdent une mise en scène et une réalisation impressionnantes, sont courts et rares. Dommage venant d’une licence misant essentiellement sur cet aspect. En terminant le visionnement de Pokémon Origins, on ne peut étouffer cette impression d’avoir vu que le quart de l’aventure. Une aventure qui est certainement intéressante, mais qui aurait mérité un temps d’antenne plus important.

Pokémon Origins impressionne par sa maturité et sa fidélité à l’œuvre original. Malgré ses défauts, les Pokéhipsters et les nostalgiques seront régalés par cette courte aventure. Vous pouvez la visionner gratuitement sur Pokemon.com pour sa version anglaise ou sur Youtube pour sa version japonaise. Notez qu’une version Blu-Ray est également disponible au Japon. Il ne reste plus qu’à espérer qu’une nouvelle initiative du genre voit le jour. Pourquoi pas une seconde saison, un peu plus longue, où Red tentera de capturer le fameux Mew?

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