Critique : Le feu de chaque jour – Patrice Michaud (CD)

(Par Marie-Pier Boursier-Soucy)
Avant de débuter votre lecture, je dois vous avertir d’une chose :

  1. Je ne m’y connais absolument pas en critiques musicales, mais j’ai le désir profond de promouvoir le talent d’ici!

Brève biographie

Né à Cap-Chat en Gaspésie, Patrice Michaud délaissa son côté métalleux ainsi que sa carrière d’enseignant pour unir ses deux passions : la littérature et la musique. Il prit alors la voie d’auteur-compositeur-interprète et gagna un lauréat lors du Festival international de la chanson de Granby en 2009. Il fit même la première partie de Richard Desjardins en France, rien de moins!

Vocabulaire tantôt recherché, tantôt simpliste, Patrice Michaud ajoute toujours des touches géographiques et comiques pour bonifier son univers poétique. Musicalement, son style pourrait être classé entre le folk et le country. À côté d’Alexandre Poulin, Clement Jacques, Vincent Vallières et Louis-Jean-Cormier, Patrice Michaud forge sa propre identité musicale.

Son premier album, Le triangle des Bermudes, est sorti en 2011. Certains d’entre vous pourront peut-être se rappeler la chanson Cahier Canada qui me l’avait fait connaître à l’époque.

« Et moi, couché, au creux des manteaux des matantes. C’est écrit dans un vieux cahier Canada où je retourne quand c’est gris. »

Le feu de chaque jour

Toujours lumineux, voyageur, poétique et romantique, il approche maintenant son deuxième album avec plus de fougue, de pop-rock et de blues. Le feu de chaque jour est sorti le 4 février 2014 et fut très bien accueilli par la critique lors de son lancement au Lion d’Or. Ce titre décrit le travail de tous les jours nécessaire pour entretenir les liens avec les êtres aimés. Il y parle entre autre du quotidien, de l’amour, du temps qui passe et du désir. Enregistré live en studio afin d’être le plus près de ce qu’on peut s’attendre sur scène et porteur de 12 pièces dont l’une se voulant un monologue sur musique, ce deuxième disque est le produit de plusieurs collaborations.

D’abord, André Papanicolaou (pedal steel, mandoline, pianos, percussions, chœur et guitariste émérite dont j’ai pu apprécier le talent musical lors la tournée Le monde tourne fort de Vincent Vallières) signe la réalisation et les arrangements. Selon Patrice Michaud, il amène une touche anglo-saxonne au produit final et explique la présence importante de guitares sur son deuxième opus. Aussi, François Lafontaine (piano, clavier, wurlitzer), Mark Hébert (basse, chœur), Simon Blouin (batterie, percussions, chœur), Benoît Paradis (trombone, arrangement de cuivre), Dave Carbonneau (trompette), Guillaume Bourque (clarinette), Loïc Michaud (tambourine-chenille), Salomé Leclerc (voix sur Le feu de chaque jour et M’espères-tu?) et Audrey-Michèle Simard (voix, percussions) se greffent à l’équipe.

Bien qu’à la première écoute il s’avère parfois difficile de saisir la signification de toutes les chansons, on se rend généralement vite compte que sa voix rauque, les rimes parfois simplistes et la trame musicale nous amènent bien à destination. Patrice Michaud nous invite en fait à détourner les mots de leur sens premier ou à les prendre à leur premier degré, d’où l’intérêt de suivre le livret des paroles durant l’écoute. Sinon, la qualité générale des mélodies est suffisante pour nous faire apprécier la majorité des pièces.

Je pense d’abord évidemment à Mécaniques générales qui joue présentement sur les radios populaires et dont la musicalité est fort accrocheuse. Elle l’est d’autant plus lorsque l’on comprend sa signification : chacun d’entre nous a une mécanique (imaginez-vous une roue dentée), mais parfois, il y a des déraillements lorsque la nôtre ne s’emboîte plus parfaitement avec la mécanique des autres. Nos relations quelles qu’elles soient sont influencées par ces mécaniques générales.

« Tu avais les ongles longs, j’avais les ondes courtes, toi l’île et moi, le littoral. On a fait sauter le pont, croiser nos langues mortes, nos mécaniques générales. »

Jusqu’à ce que je tombe mérite aussi une mention puisqu’elle est liée à la tragédie de Lac-Mégantic bien qu’écrite avant le malheureux événement. Elle rapporte que malgré les difficultés rencontrées dans la vie qui nous laissent croire que nous ne sommes pas assez forts pour passer au travers, nous continuons tout de même à avancer et à persévérer.

Je cours après Marie a aussi une douceur et un rythme accrocheur qui aborde l’amour avec toute la vitalité et l’urgence de vivre qu’un tel sentiment induit.

« Elle détruit l’ordinaire en mille éclats de verre. Comme un grand dérapage, un doigt sur le crémage. »

Finalement, Deux lignes rouges est magnifique de par l’expression des pensées qui se bousculent lorsque l’annonce qu’un rôle de père ou de mère se fait confirmer par la présence de deux lignes rouges sur un test de grossesse.  

« Grande nuit et petits jours. C’était vendredi et deux lignes rouges. Courtes nuits, mais grand amour. »

Le feu de chaque jour et Loin de Disneyland retiennent aussi particulièrement mon attention.

« Moi j’attends. J’attends que le printemps nous déshabille, que fondent nos empreintes. »

« T’arrives en même temps que les clémentines et j’hallucine, tu goûtes pareil. Dehors, le soleil se couche tout habillé et ton linge tombe à tes pieds. Ma paye qui brûle le jeudi soir pour que t’oublies de t’en aller. »

Sinon, Quand tu r’viens à maison, La faille de San Andréas et Des cowboys, des indiens sont les morceaux qui m’amènent le plus à peser sur next après une dizaine d’écoutes.

Tout compte fait, bien que certaines pièces viennent me chercher davantage que d’autres en raison de goût personnel (les quelques pièces d’inspiration davantage country m’accrochent moins), Le feu de chaque jour est une destination musicale où j’invite fortement votre ouïe à y atterrir par un bel après-midi ensoleillé pré-printanier. Avec toute humilité, je lui offrirais donc la note de 7.5/10.

Sur ce, je vous laisse avec le vidéoclip souriant et divergeant du récit original du succès radiophonique Mécaniques générales.

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