Critique : Death Note (Manga)

(Par Philippe Crête)

Death Note est tout d’abord un manga psychologique dessiné par Takeshi Obata et scénarisé par Tsugumi Ohba. Il raconte l’histoire de Light Yagami, un jeune étudiant surdoué particulièrement ennuyé par la plate vie qu’il mène. Sa vie change lorsqu’il met la main sur un cahier de note d’un dieu de la mort. Ce cahier a la particularité de tuer n’importe quel humain dont le nom y serait écrit si l’auteur connait le visage de cette personne. Il décide donc de profiter de ses pouvoirs pour éradiquer toute forme de criminalité.

C’est alors qu’un détective particulièrement intelligent nommé simplement « » se porte à la recherche de cet individu qui réussit d’une manière ou d’une autre à assassiner des criminels sans y laisser de traces. Lorsque Light s’aperçoit que ce « L » est à ses trousses, il fait tout son possible pour le retrouver et l’assassiner, car il représente la plus grande menace vers son monde parfait. Le seul problème est que Light ne connait pas son visage ni son nom, il est donc impossible de l’assassiner grâce au Death Note. On est alors témoin de la recherche fastidieuse entre ces deux personnes franchement perspicaces.

L’histoire écrit par Tsugumi Ohba est imperfectible. Chaque détail est attentivement précis. Le suspense est lourd et nous tient en haleine tout au long des 109 chapitres. L’univers ténébreux est brillamment contrasté par le fait que Light semble tant angélique. Son nom d’ailleurs n’est pas Light pour rien. Le personnage de Ryuk, le Shinigami qui a laissé tomber le Death Note dans le monde des humains, est unique et franchement attachant malgré sa tronche démoniaque débile. Comme Light est le seul à pouvoir le voir, certaines déclarations qu’il fait sont particulièrement ridicules. On ne peut pas passer sous silence le travail phénoménal d’Ohba à l’écriture grâce à la gestion vigoureuse du déroulement de l’histoire, de ses personnages tous aussi charismatiques les uns que les autres. Les lecteurs sont entièrement libres de supporter autant Light que « » et c’est propre à chacun, pratiquement instinctif. Chaque personnage est important et apporte son lot de sens narratifs.

DeathNote2L’univers graphique de Takeshi Obata est irréprochable et l’un des plus vénérés dans l’univers des mangas, peut-être même de la BD en général. La gestion des ombres et de la lumière est parfaite. Les personnages sont beaux et sacrément bien définis. Les trames sont toujours utilisées adéquatement. Il n’y en a pas trop, juste assez. Les teintes de gris donnent alors une réelle profondeur aux images. Le système graphique reproduit est exceptionnellement précis et l’univers scénaristique de son partenaire est parfaitement retranscrit grâce au dessin d’Obata. Non seulement les personnages sont esthétiquement remarquables, les décors ne sont pas non plus négligés. Ils sont tellement réalistes qu’on a quasiment l’impression qu’il s’agit d’une photographie.

Bref, non seulement le manga est sensationnel, l’adaptation animée est sans faille et rend judicieusement hommage au travail intelligent de Tsugumi Ohba et Takeshi Obata. Death Note est un brillant exemple d’univers narratif parfaitement accompli. La gestion minutieuse des simples cases et celle colossale de la sphère scénaristique générale sont phénoménales. Rien n’est laissé au hasard et toute particule aussi négligeable soit-elle n’est jamais dénuée de sens. Les personnages sont particulièrement profonds et complexes. Le scénario est grandiose, les dessins sont magistraux, mais c’est la combinaison d’Ohba et d’Obata qui classe le manga Death Note comme l’un des plus influents des années 2000.

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