Critique : Delirium – Lauren Oliver (Roman)

(Par Sophie Vaillancourt)

Comme vous avez pu le constater en lisant mon Coup de Cœur 2013, j’aime beaucoup les romans qui poussent les lecteurs à réfléchir. Encore plus quand ce sont des romans pour adolescents! Une auteure jeunesse qui excelle dans ce domaine est la grande Lauren Oliver. Après nous avoir livré le très troublant Before I Fall, elle récidive, mais cette fois-ci avec une série, Delirium, qui compte trois tomes et plusieurs novellas. De genre dystopique, cette série présente une société où les hautes instances ont déclaré que l’amour est une maladie mortelle et qu’il faut se faire opérer le jour de ses 18 ans afin d’en être délivré. Particulier, me direz-vous? Extrêmement! Et surtout, ça porte à se remettre en question en tant que société.

DeliriumLena Haloway a 17 ans lorsque l’histoire débute. Elle est en terminale avec sa meilleure amie, Hana Tate, et toutes deux adorent courir. Toute sa vie, Lena a été terrifiée d’attraper l’amor deliria nervosa, aussi connue comme la maladie mortelle la plus répandue. Plusieurs années plus tôt, sa mère y a même succombé, se jetant du haut d’une falaise dans un élan de délire. C’est pourquoi Lena a hâte à son anniversaire, à la fin de l’été : elle se fera enfin opérée et toute trace de cette maladie disparaitra de son organisme. Les filles et les garçons n’ont pas le droit de se parler ou de se fréquenter tant qu’ils ne sont pas opérés. Mais Hana n’est pas d’accord avec ces règlements, qu’elle s’empresse de transgresser dès qu’elle le peut. C’est leur seule chance de pouvoir s’amuser un peu avant de subir l’opération et de commencer leur vie avec le conjoint optimal que l’État leur a choisi.

Le jour de l’évaluation, où les jeunes subissent les tests qui détermineront leur profil de classement, un incident survient dans les laboratoires, ce qui empêche la continuité des tests. Lena, alors exposée devant les juges, aperçoit du coin de l’oeil un jeune homme, sur la mezzanine de la salle. Mais rapidement, tous sont renvoyés chez eux et Lena n’a pas le temps d’apercevoirqui était perché là-haut. Sur le chemin du retour, Lena et Hana passent près de la plage et y rencontrent un jeune homme qui porte l’habit d’entretien des laboratoires. Il porte au cou la marque des gens imunisés contre le deliria : il est donc acceptable de lui parler. C’est à ce moment précis que Lena, inconsciemment, contracte le delira. Eh oui! Tranquillement, mais surement, elle tombe en amour avec Alex, un jeune rebelle de la Nature, infiltré dans la ville. Et vous vous doutez bien que c’est réciproque. Ils commencent à se voir en cachette, à prendre des risques pour passer du temps ensemble, à mentir aux gens qui les entourent. Après tout, ils sont en amour, c’est bien normal.

À partir de ce moment, la vision de Lena va changer. Elle verra le jour sous un autre regard, ce qui lui permettra de découvrir une partie de la vérité. Une fois que ses yeux sont ouverts sur la réalité, elle ne peut plus les refermer. Elle doit continuer sur ce chemin, afin de vivre comme une personne libre, qui peut aimer et être aimée en retour, sans que cela ne soit illégal. Mais la route est longue et Lena est loin d’imaginer toutes les embuches qui vont se retrouver sur son chemin. Parce que, petit spoiler, à partir du tome deux, Lena est dans la Nature. Elle y est traquée et doit survivre par ses propres moyens.

Bien que je sois clairement attirée par tout ce qui est dystopie, comme Christine et Stéphanie, il n’en est pas moins que j’avais des attentes assez élevées pour cette série. Before I Fall m’avait laissée sur ma faim, des milliers de questions en tête. Bon, j’exagère peut-être pour « milliers », mais tout de même : j’étais vraiment sur un book hangover. J’avais de la difficulté à concevoir le monde et à imaginer comment l’auteure allait réussir à m’accrocher plus que ça.

Bien tabarouette, elle a réussi! Sa série de trois tomes, que j’ai dévorée en moins d’un mois, est venue me prendre par les trippes. Imaginer une maladie de l’amour, établir un gouvernement qui ferait propagande de cette maladie, faut avoir de l’imagination. C’est sûr qu’avec toutes les séries à la sauce Hunger Games qui sortent, ces temps-ci, il faut s’attendre à un scénario un peu prévisible. Mais au-delà de tout ça, chaque tome nous laisse avec un suspens incroyable. Et quand je dis chaque tome, ça inclut aussi le troisième, qui est le dernier de la série. En fait, c’est ce que j’ai le plus aimé de cette série : on a une idée de comment l’histoire se termine, mais rien n’est réellement écrit. On doit carrément laisser place à notre imagination et s’inventer la fin que l’on pense. Il y avait quelque chose de semblable dans Before I Fall, si ma mémoire est bonne. Une marque de commerce de Lauren Oliver, si on peut dire ainsi.

Avec Delirium, Lauren Oliver est au plus haut de sa carrière. Du moins, pour l’instant! On ne sait jamais ce qui peut advenir dans le futur. En attendant de nouvelles œuvres de sa part, je vous recommande fortement de vous pencher sur cette magnifique série. Que ce soit pour le plaisir ou pour la réflexion.

Panic

 

À noter aussi à votre agenda qu’un nouveau roman de l’auteure paraitra au mois de mars, le 4, si je ne m’abuse. Il se titre Panic et ne fera pas partie d’une série. Il est déjà en ma possession, mais je pense que je vais attendre sa sortie pour m’y plonger. Ouff! J’ai hâte de voir!

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