Critique : Knack (jeu vidéo)

(Par Pascal Provost)
Lors du lancement d’une nouvelle console, les développeurs de jeux vidéo se voient souvent octroyer une plus grande liberté créatrice.  On laisse les esprits les plus brillants de l’industrie tenter de concevoir des expériences inédites qui sauront attirer les consommateurs réticents à l’idée d’adopter une nouvelle technologie qui en est encore à ses premiers pas.  C’est souvent lors de ces moments que naissent les franchises et mascottes qui vont marquer la génération.  Super Mario Bros. pour la NES, Halo pour la Xbox, Crash Bandicoot pour la PS1 et Jak and Daxter pour la PS2 en sont quelques exemples.  Il y a clairement une recette qui fonctionne derrière cette tendance et il n’est pas surprenant de voir Sony tenter le coup à nouveau avec sa nouvelle PS4.  Est-ce que Knack, développé par Japan Studios, a ce qu’il faut pour devenir une franchise à succès digne de ses précurseurs pour Sony?

Lorsqu’en février dernier on annonça que l’architecte en chef derrière la toute nouvelle PS4 était Mark Cerny et que ce dernier planchait également sur un nouveau jeu, tous les espoirs étaient permis. En effet, Mark Cerny est notamment derrière plusieurs autres séries à succès, ayant collaboré étroitement avec Naughty Dog et Insomniac Games, entres autres, sur des séries comme Crash Bandicoot, Jak and Daxter, Ratchet and Clank, Uncharted, Resistance et Spyro the Dragon.  Tout un portfolio qui laissait présager de grandes choses pour son tout nouvel opus, Knack.

L’histoire de Knack est très simpliste et ne surprendra personne.  Un équilibre précaire était établi depuis un certain temps entre les humains et les gobelins.  Un bon jour, ces derniers se pointent toutefois le bout du nez armés jusqu’aux dents, du fusil jusqu’au char d’assaut, et attaquent sournoisement les hameaux humains.  Une stratégie défensive s’organise alors autour de Viktor, riche homme d’affaires possédant une armée de robots, et de Doctor, un génie scientifique étudiant des mystérieuses reliques.  C’est d’ailleurs de ces reliques qu’est composé sa toute nouvelle invention, Knack, une créature formidable et intelligente capable d’absorber ces étranges particules et d’altérer sa forme de manière impressionnante. On se lance alors dans une aventure s’étalant sur treize chapitres qui nous permettront de découvrir qui est derrière le fabuleux bond technologique des gobelins ainsi que de résoudre le mystère des reliques.

Graphiquement, le jeu étonne.  On peut facilement voir qu’un des buts de Sony avec Knack était de démontrer la puissance derrière la PS4.  Les effets de particules sont particulièrement impressionnants, avec quelques milliers d’entre elles en mouvement en même temps par moment sans jamais le moindre signe de ralentissement du jeu.  La fluidité est également excellente et la direction artistique donne à Knack des airs d’une production digne de Pixar à l’occasion. La qualité des voix hors-champs est plus que respectable et renforce l’impression de participer à un dessin animé interactif.

L’aspect narratif du jeu, ainsi que ses personnages colorés et caricaturés, permettent de croire que l’audience première du jeu est les enfants.  Ce serait là une grossière erreur.  Knack est impitoyable.  Même en jouant au niveau de difficulté normal, attendez-vous à mourir.  Beaucoup.  Heureusement, les points de sauvegarde sont généreux et on peut reprendre rapidement sans jamais trop perdre notre progression.  Le combat est pourtant simpliste.  Un seul bouton nous permet d’enchaîner les attaques.  Il y a également des attaques spéciales qui sont capables de vider l’écran en quelques secondes mais l’énergie nécessaire pour les déchaîner prend un certain temps à s’accumuler.  Il faut donc les utiliser sporadiquement.  Bien lire ses ennemis est crucial, on doit apprendre leur éventail complet d’attaques et bien les anticiper.  Pour la majorité du jeu, prendre 2 ou 3 baffes signifie la mort.  Heureusement, les ennemis sont variés et sauvent le système de combat qui serait trop simple et répétitif sans eux.  Il faut constamment s’ajuster, ce qui permet de garder le jeu intéressant pour l’entièreté de sa durée, soit environ 15 heures.

Un des aspects les mieux réussis de Knack est sans contredit l’intégration de notre liste d’amis au déroulement du jeu.  En effet, en cours de route on trouve de nombreux coffres aux trésors dissimulés un peu partout dans l’environnement.  À l’intérieur de ceux-ci, on découvre les pièces nécessaires à la construction de gadgets qui offrent différentes fonctions et bonus à Knack lors de son aventure. On y retrouve également des cristaux qui servent à débloquer de nouvelles formes puissantes pour Knack.  Si on a des amis qui ont joué à Knack et qui trouvent le même coffre que nous, le jeu nous offre la possibilité de choisir entre le trésor que vous y avez découvert, ou bien celui de vos amis.  On encourage ainsi une communauté à se former autour du titre, facilitant énormément la construction des gadgets.

Il y a donc un certain fossé qui se crée entre les différents éléments de Knack.  Tout dans son style et son côté narratif nous pousse à croire qu’il s’agit d’un jeu pour enfant.  Pourtant, côté jouabilité, on a plutôt affaire à un jeu difficile qui n’offre que très peu de marge de manœuvre et découragera très certainement non seulement les jeunes enfants, mais également une bonne partie de son auditoire adulte.  Ce style un peu rétro n’est pas sans me faire plaisir, mais je suis de la vieille école et je doute que l’accueil soit aussi chaleureux avec la nouvelle génération qui a été peu habituée à ce genre de défi par le passé.

Bref, j’ai bien aimé mon temps avec Knack, malgré cette étrange dissonance entre son allure et sa jouabilité.  Je doute cependant fortement que Sony et Mark Cerny aient réussi à créer la prochaine mascotte Playstation pour cette génération qui s’ouvre devant nous.  Au final, Knack est un jeu de plates-formes et de combat de progression solide, sans plus, qui ne nous fera pas oublier les Jak and Daxter et Ratchet and Clank de ce monde.

2 réflexions sur “Critique : Knack (jeu vidéo)”

  1. Bonne critique! Ça fait plaisir de voir une appréciation envers le jeu plutôt qu’un mépris simpliste quant à ses quelques lacunes.

    Reste que l’un des points qui va le plus au détriment de Knack est sa vulnérabilité. Y’a rien de plus frustrant de voir un personnage aussi louangé par tous se faire détruire en un seul coup. La chose rend nécessairement le jeu moins immersif, de là à gâcher en grande partie l’ambiance.

    1. Je suis d’accord. Le jeu aurait certainement bénéficié d’une plus grande gamme de niveaux de difficulté. Un éventail allant de « very easy », où Knack est quasi invincible et accumule ses attaques spéciales très rapidement, à « very hard » où on conserve la mentalité de la mort en un seul coup serait parfait et permettrait à tous d’apprécier davantage le jeu.

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