Critique : Alcest – Shelter (CD)

(Par Maxime Pagé)

Une ambiance aussi lourde que légère, une voix aérienne et des textes oniriques, voilà une très bonne description de ce qu’est Alcest. Ce groupe français, composé de Neige à la voix, guitare, basse et clavier ainsi que de Winterhalter à la batterie, roule sa bosse depuis 1999 et a su faire sa place sur la scène métal en mélangeant judicieusement l’agressivité du black métal et la légèreté du shoegaze. En 2014, ils nous reviennent avec un nouvel album intitulé Shelter, dont le premier extrait Opale est sorti à la mi-décembre.

Si l’on jette un regard à la pochette, on se rend bien compte que le groupe a pris un immense virage si on la compare aux albums précédents. Les magnifiques dessins de Fursy Teyssier (Les Discrets) ont été remplacés par quelque chose d’excessivement épuré : une simple photo aux couleurs claires qui pourrait faire penser à la pochette de Sunbather du groupe américain Deafheaven. Toute cette luminosité donne le ton à l’album, et ce n’est pas nécessairement une bonne chose.

 

À la première écoute, on se rend bien vite compte que le côté métal a complètement disparu, laissant place à une sonorité beaucoup plus post-rock et c’est exactement là que ça cloche. Ce genre-là a été plus que surutilisé au cours des dernières années et il est facile de se perdre dans les clichés et le réchauffé, et Alcest est malheureusement tombé dans cette catégorie. Beaucoup de groupes de post-rock sont capables de varier leur son (comme God Is An Astronaut), mais avec Shelter, ça tourne en rond pendant beaucoup trop longtemps (L’Éveil des Muses). On a même parfois l’impression que ça sonne comme du Creed (Away), sonorité qui avait déjà été explorée sur leur album précédent avec la pièce Summer’s Glory. Les seules chansons qui sauvent la mise sont Voix Sereines, Shelter et Délivrance qui sont celles qui sortent le plus du lot. Malgré les invités de qualité présents sur l’album comme les membres du groupe islandais Amiina, la chanteuse suédoise Billie Lindahl et et Neil Halstead de Mojave 3, l’ensemble tombe vraiment à plat.

Shelter a été pour moi une immense déception, autant musicalement que visuellement avec cette pochette franchement ordinaire comparé à ce qui s’est fait avant. Dans une récente entrevue, Neige a mentionné que ce son était là pour rester, ce qui est, selon moi, une mauvaise nouvelle pour les fans.

Note : 55%

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