Marque-pages – Coups de cœur littéraires 2013

(Par auteurs variés)

Pour bien commencer l’année 2014, voici les coups de coeur de nos chroniqueurs littérature. Cet article est aussi le baptême de deux nouvelles plumes du département : dites la bienvenue à Stéphanie et Ysabel!

Averia – Patrice Cazeault (Sophie Vaillancourt)

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Ceux qui me connaissent savent très bien que je suis accro aux séries pour ados et que je ne lis la série que lorsqu’elle est entièrement publiée. Et cela pour une très bonne raison : je déteste attendre la suite! Cette année, j’ai fait un petit écart, ce qui a du bon et du moins bon. Je vous explique…

Il y a plusieurs mois, j’ai acheté Seki, le premier tome de la série Averia écrite par l’auteur québécois Patrice Cazeault. J’attendais que la série soit complète (quatre tomes actuellement sortis sur six prévus), mais mon père était TRÈS impatient de partager sa lecture avec moi.

J’ai donc pris la décision de me lancer dans cette fantastique histoire qui raconte l’implication de deux sœurs, Seki et Myr, dans la révolte qui prend forme sur Averia, opposant les Humains à leurs envahisseurs extraterrestres, les Tharisiens. Malgré la quatrième de couverture qui laisse prévoir une aventure remplie de vaisseaux et de fusils-laser, on se rend compte que cela n’est que la trame de fond. En fait, chaque tome est écrit d’un point de vue différent. Dans le tome un, le lecteur est dans la tête de Seki et voit comment elle se retrouve, malgré elle, mêlée à cette révolte inattendue des Humains. Le tome deux se déroule dans l’esprit d’Annika, une Tharisienne qui n’est pas satisfaite de son gouvernement et qui méprise les humains. Dans le tome trois, le lecteur retourne dans la tête d’un Humain, mais cette fois, il accompagne Myr, la cadette de Seki, qui ne partage pas la même opinion que sa sœur sur cette fameuse révolution. En plus, une autre voix reste toujours présente dans les romans, celle de Charal Assaldion, journaliste pour Tharisia Press, qui commente les évènements de façon humoristique et parfois sarcastique (je l’aime beaucoup!).

Tout au long de la série, on suit différents personnages et leur évolution psychologique par rapport à la problématique de la révolte. On découvre une analyse critique des comportements typiques humains, surtout par rapport à la différence. L’histoire en soit est futuriste, mais n’empêche que le thème des relations humaines prend toute la place. Cela nous pousse à réfléchir à nos propres actions et réactions, et aussi à prendre conscience des différents aspects de la nature humaine.

J’ai l’impression que les romans contemporains véhiculent de moins en moins des valeurs essentielles : je suis ravie de voir qu’un roman pour adolescents (ici une série!) exploite avec autant de profondeur un thème si important et actuel.

Pour cette brillante façon de nous sensibiliser aux maux de la nature humaine, je dois dire qu’Averia se mérite haut la main ma mention « Coup de cœur 2013 »!


Sionrah – Les montagnes de la Lune – Line Bordeleau(Jérémie Bernard)

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Même si j’ai déjà pris la peine d’en parler sur nos pages, c’est sans conteste Sionrah 3 : Les montagnes de la Lune qui fait office de coup de cœur littéraire à mes yeux cette année. Pourquoi? Parce que ce livre m’a confirmé que l’on pouvait vraiment faire de la bonne littérature fantasy et science-fiction au Québec. Cette série commencée dans les clichés et le déjà-vu prit des proportions titanesques avec ce troisième tome, l’élevant à des niveaux de qualité digne des grands auteurs anglais et américains contemporains du même genre. Imaginez un récit qui remet en question le monde tel qu’on le connaît, qui use de lieux québécois et mondiaux connus pour tisser une histoire différente et qui parvient à le faire de façon originale. Sionrah III parvient à faire tout cela, dans un style très clair et agréable à lire pour tous les genres de lecteurs. Le texte comporte juste assez d’éléments sous-jacents pour intéresser les analystes; et de dialogues pour permettre aux lecteurs vacanciers de s’évader sans trop de complications.

Depuis ma tendre enfance, je recherche dans les plumes québécoises les mêmes frissons que lorsque je vais voir du côté des maîtres des littératures de genres. Je tente sans cesse de me prouver que nous sommes capables d’écrire autre chose que des histoires d’enfants prodiges qui ont une prophétie à réaliser et des pièces de puissances à récolter. La série Sionrah débuta exactement de cette façon, mais Line Bordeleau parvint à me surprendre, premièrement dans le fait de me pousser à continuer à lire par quelque tour de passe-passe et par la suite à me prouver que son histoire à elle était différente et songée. Ce troisième opus me comble d’impatience de connaître la suite de l’histoire. Ce livre est mon coup de cœur de l’année dans la façon dont il a transformé une série qui aurait pu être très banale et aussi dans le fait de me prouver que nos écrivains québécois sont aussi capables que les autres d’écrire des épopées complexes sans tomber dans la littérature jeunesse souvent trop peu élaborée.


Cinder – Marissa Meyer (Stéphanie Bourgoin-Gaudet)

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Trouver un livre coup de cœur parmi les dizaines de romans que j’ai lus cette année n’a pas été chose facile. J’hésitais surtout entre deux. J’ai finalement opté pour Cinder, un roman jeunesse écrit par Marissa Meyer. Mais ne vous en faites pas : mon deuxième choix, que je garde secret, fera l’objet d’une critique avant la fin du printemps!

Premier roman des sept tomes de la série Lunar Chronicles, le titre du livre et la couverture (un pied dans un soulier à talon haut rouge) nous donnent déjà une idée de l’histoire. Cinder… Cinderella, donc Cendrillon! Marissa Meyer a apporté plusieurs changements au traditionnel Cendrillon des frères Grimm et à celui que nous connaissons tous, le Cendrillon de Disney!

Tout d’abord, Marissa Meyer porte un grand coup à l’image que l’on se fait tous de Cendrillon, car sa Cinder est un cyborg! Ne vous en faites pas, je ne vous vends pas le punch de l’histoire… Son corps est donc en partie formé de pièces de métal et, pour cette raison, elle n’est pas considérée comme humaine. Cinder est la propriété de son acariâtre belle-mère.

En apprenant que Cinder est un cyborg, vous devez certainement vous douter d’un autre changement que l’auteur s’est permise. L’histoire ne se déroule pas dans le passé, en Europe, au temps des princes et de la chevalerie, mais bien à New Beijing, dans le futur, une époque où les humains côtoient les robots et les personnes qui sont, comme Cinder, mi-humaines mi-robots.

Une autre différence majeure entre Cinder et Cendrillon, c’est que Marissa Meyer a plutôt utilisé la classique histoire d’amour comme toile de fond. L’intrigue se déroule plutôt autour de deux quêtes qui s’entremêlent et s’influencent. La première quête ne concerne que Cinder : elle veut sa liberté et son indépendance. Elle ne veut plus être sous le joug de sa belle-mère. La seconde quête concerne toute la population humaine et cyborg de la planète, mais surtout Cinder et le prince. Ils sont à la recherche d’un antidote pour une mystérieuse épidémie qui dévaste et affaiblit la Terre et qui permet aux Lunars, des êtres venus de l’espace, de les attaquer.

Toutefois, l’auteur n’a pas osé faire certaines transformations à la traditionnelle Cendrillon. Cinder a des demi-sœurs et une belle-mère méchante. Il y a un riche prince, Kai, qui a un énorme château et qui tombe sous le charme de la très pauvre Cinder. Finalement, Cinder a une fée marraine bien que cette dernière soit un robot et non une vraie fée.

De par l’intéressante façon dont Marissa Meyer a réécrit un classique maintes fois adapté, son roman, Cinder, est mon « Coup de cœur 2013 »!


Love, Rosie – Cecelia Ahern (Ysabel Gamache)

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Ce livre n’est pas exactement une histoire d’amour, bien qu’il en ait les prémisses. Love, Rosie est une bonne surprise dans un sac de surprises d’un Dollorama cheap.

Itinéraires de vie

Mettons tout de suite cartes sur table. Moi, Ysabel Gamache, suis une fan finie de littérature romantique de troisième génération (au moins!). Je ne devrais pas en avoir honte : tant de femmes le sont aussi. Pourtant, pour moi ce péché mignon s’accompagne de beaucoup de frustrations. Disons que ça m’arrive régulièrement de ne pas finir les livres de ce type que je commence. Pourquoi? C’est bien simple : on me prend pour une épaisse! Je n’ai certainement pas besoin de me faire raconter une même histoire mille fois pour me rappeler de la fin et l’industrie du Harlequin est bien reconnue pour ses canevas…

Dire que Love, Rosie est un roman d’amour serait bien réducteur. Non, Cecilia Ahern ne s’est pas contenté du canevas de base. Comme dans tout bon roman, elle a fait exploser le canevas de base. Elle épouse la vie réelle et ses multiplicités de joies et de peines. Ce sont les vies de Rosie et Alex, mais aussi par la bande celles de leurs parents, enfants, amis qui s’étendent devant nous, dans tous leurs dédales. Puis, Ahern utilise avec un humour bien tassé les lettres, textos, cartes de souhaits qui ont jalonné leurs vies pour faire un sens de ce chaos émotif. Ok, soyons honnêtes, parfois je me suis vraiment demandé si un couple pouvait trouver autant de manières de ne pas se former. Mais d’une certaine façon, tous ces détours dans la route ne m’ont fait que plus apprécier la fin inévitable. Parce que, pour une fois c’est vrai, ce n’est pas la destination qui comptait, seulement la route.

En plus des péripéties. Ahern crée des personnages avec qui on a envie de faire le road trip. Avec lesquels on rit, pour lesquels on s’inquiète. Qui à certains moments me font franchement penser à tel ou telle de mes proches/connaissances. Puis, si ce n’avait été que pour les fous rires, ce livre en aurait valu la peine. Alors, en route, mes amis, et bonne lecture!


La nuit des temps – René Barjavel (Jonathan Latendresse)

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Mon coup de cœur de cette année est sans aucun doute un livre qui ne date pas d’hier. Originalement paru en 1968, René Barjavel a créé une histoire qui vint choquer la vision du futur de la société du moment. Le tout débute en Antarctique avec une équipe de chercheurs qui opèrent sur une mission de recherche très banale, mais, lorsque l’un des campements émet un signal étrange, l’aventure débute!! Le narrateur, Simon, seul médecin présent sur le campement en cas de blessure pendant les fouilles de routine, voit son rôle prendre de l’ampleur lorsqu’un groupe de chercheurs découvre un œuf d’or géant contenant à l’intérieur un homme et une femme qui semblent être d’apparence humaine, tout en ayant pour autant l’air de venir d’une autre époque, voire planète. Arrivant à cette situation, plusieurs pays découvrent un grand intérêt pour ces gens. La nouvelle fait rapidement le tour du monde et les médias de partout sur terre n’ont d’intérêt que pour cette histoire. C’est donc, avec hésitation que Simon et une équipe des meilleurs médecins au monde ramènent la dame à la vie… Une histoire réunissant avec merveille la science-fiction, la romance, l’action et les relations internationales, un cocktail qui peut parfois vous sauter au visage si le dosage est mal préparé, mais Barjavel a concocté son récit tel un brillant alchimiste. Autant que l’histoire se déroule au présent, on ne se lasse aucunement de retourner dans le passé où, par surprise, la société semblait plus développée aux niveaux technologique et émotionnel qu’aujourd’hui. Ainsi donc démarre la conquête d’un passé lointain et oublié par l’humanité, et aussi l’histoire d’un amour inconditionnel…

2 réflexions sur “Marque-pages – Coups de cœur littéraires 2013”

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