Critique : Crossfaith – Apocalyze (CD)

(Par Philippe Crête)

On peut difficilement nommer un groupe de musique qui réussit à mixer l’électro et le métal ensemble. Le groupe Crossfaith tendait, lors de sa création, à s’approprier le titre d’un premier band électrocore assumé. Après deux albums intéressant et pleins de promesses, Crossfaith a pu s’établir en tant que vedette montante. Avec l’album éponyme Zion, que je conseille à tous, le quintet japonais avait déjà fait un premier pas vers ce triomphe. J’ai pu agréablement mettre la main dessus la version importée nippone qui est sortie au début du mois. Le plus récent album Apocalyze, qui est lancé le 20 août au Japon, leur permet-il de revendiquer cette identité musicale qui leur était pressentie?

Beaucoup plus intense que certains groupes utilisant des mécanismes synthétiques comme Linkin Park par exemple, Crossfaith innove avec des riffs percutants mélangés à des effets sonores électroniques incisifs. Apocalyze propose volontairement un ensemble de morceaux beaucoup plus limpides, mais aussi beaucoup plus fournis. On est loin de certains morceaux plus expérimentaux des albums précédents. Toutefois, ne pensez pas que son côté hardcore et rapide est délaissé. Des chansons comme Hounds Of The Apocalypse ainsi que Countdown To Hell restent dans la même structure saisissante du metalcore. Des morceaux plus lascifs tel qu’Eclipse, beaucoup plus séduisant qu’à l’habitude, se la jouent beaucoup plus simples. Arborant même quelque influence dubstep, Crossfaith se démarque par cet heureux mélange de technique et de force.

Le chant de Kenta Koie reste encore aussi puissant et dévastateur. Il se permet pour un peu plus de variété un chant plus clair qui n’est pas mal du tout. La dernière chanson de l’album, Only The Wise Can Control Our Eyes, en témoigne avec un refrain plus pur et la batterie se veut un peu moins tranchante qu’à l’habitude mais se prête mieux aux penchants plus sereins de certains morceaux de l’album. Les riffs torrentiels à la guitare restent un atout important et épouse le style artistique déflagrateur qui commence peu à peu à s’implanter comme image iconique de ce qu’est l’électrometal.

Proposant une playlist un peu plus variée que ces prédécesseurs, Apocalyze reste plus rafraîchissant en proposant justement des morceaux plus distincts et particuliers. Auparavant plus uniforme, cet album se permet un peu plus de liberté et le groupe nous offre quelque chose qui se tient mieux ensemble. Chaque morceau introduit une essence intéressante et, ce, dès l’entrée de jeu. We Are The Future est l’une des chansons à laquelle on accroche facilement dès les premières secondes d’écoute. Le groupe abandonne un peu plus ses propriétés plus heavy pour un style qui s’adresse peut-être à un public un peu plus vaste. On ne peut alors plus passer à côté de Crossfaith pour des références électrométal et on pourrait facilement le consacrer à l’une des figures montantes qui permet l’ascension de ce type de musique distinct qu’est l’électrocore.

En résumé, Apocalyze permet au groupe d’achever sa quête identitaire et de s’arrêter comme roi d’une netteté symbiotique entre la liberté synthétique et la puissance du metalcore. Déjà hâte au prochain album pour voir où le groupe amènera ce nouveau style en pleine progression.

 

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