Critique : The campbridge companion to fantasy literature (théorie)

(Par Jérémie Bernard)

Le genre populaire en littérature qu’est le fantasy commence tranquillement à se frayer une place à travers les sphères hautement prisées de la « vraie » littérature. Ce genre associé à tort à la littérature jeunesse ou à la facilité des feuilletons d’autrefois a encore à faire ses preuves, mais de plus en plus d’universitaires prennent le temps de prouver en quoi ces romans pleins de magie et de dragons ont quelque chose de plus qu’un monde étrange à proposer à travers leurs pages. C’est un peu sous ce constat que se présente The Cambridge companion to Fantasy Literature.

Le livre est un collectif d’essais sur la littérature fantasy sous toutes ses facettes. Outre le fait que plusieurs points très différents sont couverts, cette écriture collective constitue en soi la faiblesse du livre. L’inégalité des propos de chaque auteur rend la lecture fragmentaire et difficile pour de grandes périodes de temps. Je conseille de lire le tout un essai à la fois : changer de l’un à l’autre ne se fait pas dans une fluidité irréprochable.

Les deux essais les plus intéressants du livre sont, sans grande surprise, ceux des deux coéditeurs Edward James et Farah Mendlesohn. James explique comment ce genre particulier a pu percer avec le travail faramineux de Tolkien et Lewis tandis que Mendlesohn s’intéresse aux critiques thématiques, qui englobent particulièrement le fantasy. À deux, ils dressent un pilier solide qui permet aussi de comprendre les études un peu plus spécifiques des autres auteurs du collectif.

Le livre est séparé en trois sections plutôt différentes. La première prend le temps de dresser un portrait global de l’histoire de la littérature fantasy. La deuxième section s’occupe du lecteur et lui explique les différentes manières de lire le fantasy. La dernière section couvre dans chaque essai un sous-genre de la littérature fantasy qui est assez gros pour bien se définir et s’étudier. Ces trois sections permettent au livre d’être malgré ses défauts assez complet et exhaustif.

J’ai remarqué, outre l’inégalité du ton et du style de chaque auteur, un écart encore plus grand au niveau de la difficulté théorique de chaque essai. Le chapitre sur le réalisme magique m’aurait, par exemple, été pratiquement impossible à comprendre sans avoir suivi un cours sur la littérature hispano-américaine. Malgré le fait que ce livre se veut un traité théorique universitaire, il y a toujours des limites à tenir pour acquises certaines connaissances convenues comme très pointues, même dans le milieu littéraire!

Comme mentionné en introduction, la littérature fantasy commence à peine à être comprise et étudiée comme genre important dans le milieu universitaire. Ce Cambridge companion est un bon collectif des recherches faites sur le sujet jusqu’à présent. Sa dimension récente et sa capacité à réunir beaucoup d’autres textes théoriques (souvent plus pertinents) permettent à ce collectif d’être un outil important dans la compréhension de la littérature fantasy et de ses nombreuses ramifications. Sans être le livre théorique le plus cohérent, ce petit traité réussit sa mission : prouver que l’étude d’un tel genre est possible et que plusieurs œuvres se sont déjà démarquées par rapport à la littérature universelle.

 

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