Critique : Percy Jackson and the Olympians – the lightning thief (roman)

(Par Sophie Vaillancourt)

La littérature jeunesse a subi une telle expansion durant les deux dernières décennies (notamment avec Harry PotterTwilight et compagnie) qu’il est pratiquement impossible de se tenir à jour dans ses lectures. Des dizaines de séries ont vu la gloire du jour au lendemain : certaines la méritaient, d’autres ont seulement profité de la vague de popularité des romans jeunesse. Parmi ceux dont l’œuvre n’est pas restée dans l’ombre, et avec raison, se trouve un certain Rick Riordan. Après être passé sous mon radar pendant plusieurs années, malgré une série à succès et une première adaptation cinématographique, j’ai décidé de me pencher sur le phénomène chéri des plus jeunes. Et j’ai beaucoup à découvrir : il a présentement à son actif trois séries pour préadolescents, sans oublier le deuxième long métrage de la série Percy Jackson qui est sorti en salle le 7 août dernier.

Être superficiel ou non, telle est la question

J’ai une certaine préférence pour les romans à couverture rigide. Bien qu’ils soient plus gros, plus lourds et plus dispendieux, ils sont plus difficiles à abimer et sont d’un chic lorsqu’on leur retire la couverture papier. Or, comme seuls les premiers tirages sont édités avec ce type de couverture, j’ai manqué ma chance de pouvoir les obtenir ainsi, puisque la série a vu le jour il y a près de sept ans. Désormais, seuls les exemplaires à couverture souple sont vendus en magasin. Je me suis donc procuré le coffret des cinq tomes, en anglais bien évidemment.

Je dois avouer que le format est tout de même très pratique. Entre la grandeur standard et le format poche, le livre se glisse aisément dans une sacoche ou un sac à dos. Disney, qui édite le livre, a pensé un design qui se répète sur chaque tome de la série : à gauche, une large bande de couleur s’étend de haut en bas et  enveloppe la reliure. Y sont inscrits le nom de la série ainsi que le numéro du tome. Le reste de la couverture est occupé par une illustration qui résume assez bien les éléments importants de l’histoire. Chaque tome a une couleur qui lui est propre : la bande ainsi que l’illustration sont donc dans les mêmes tons. Le premier, celui sur lequel portera la suite de l’article, est d’un turquoise assez foncé. Dans une police dorée à tendance grecque (vous comprendrez un peu plus tard) sont écrits le titre et le nom de l’auteur, en haut et en bas de page respectivement. Lorsqu’on passe la main sur le livre, on peut sentir que les lettres du titre sont embossées dans la couverture.

Par contre, je vous avertis : le livre ne reste pas joli très longtemps. Pour ceux qui aiment savoir qu’un livre a du vécu, c’est l’idéal. Mais pour les gens comme moi qui sont victimes d’une crise d’hystérie lorsque leur roman est un peu écorné, c’est la catastrophe. Malgré tout le soin que j’ai pris, les rebords, et plus particulièrement les coins, de la couverture sont retroussés. Et je ne vous parle même pas de la reliure qui a craqué! J’ai l’impression que si je le prête à deux ou trois amis, il va me revenir en miettes, et ce, même s’ils y font attention. Bref, je suis déçue sur ce point.

Le monde imaginé par Rick Riordan

Le choix des mots est ici très important. Rick Riordan n’a pas créé un nouveau monde dans lequel il fait évoluer ses personnages. En fait, il a imaginé un monde qui diffère un peu du nôtre : il a eu la brillante idée d’intégrer la mythologie grecque et ses légendes dans la société actuelle. Si l’on suit la logique de son idée, toutes les religions présentes sur Terre sont en fait l’adaptation du panthéon grec dans les différentes cultures et croyances. Le Mont Olympe, demeure des Dieux, se déplace donc d’un endroit à l’autre selon la puissance des croyances. Dans Percy Jackson, l’Olympe se retrouve tout en haut de l’Empire State Building, soit aux États-Unis où, on le sait, les gens sont extrêmement religieux.

Avez-vous déjà entendu parler d’Héraclès, cet homme aux grandes aventures et aux incroyables exploits? Il est ce qu’on appelle un Héros, c’est-à-dire qu’un de ses parents est un Dieu (ou une déesse) et l’autre est un mortel. C’est aussi le cas de Percy Jackson ainsi que de plusieurs personnages des romans de Riordan. Certains Héros ont leur nom gravé à jamais dans l’Histoire, mais ceux-ci datent de l’Antiquité. Qu’arrive-t-il donc aux Héros de nos jours? C’est ce que nous fait découvrir l’auteur, avec brio et originalité.

L’histoire de Percy Jackson

Bon. Pour l’instant, je n’ai lu que le tome un. Mais il consiste en la première quête d’une aventure qui s’annonce grandiose.

Percy Jackson est en sixième année dans un pensionnat, école spécialisée : il est dyslexique et atteint du trouble de l’attention avec hyperactivité (TDA/H). Son seul et unique ami est Grover, un jeune homme qui commence à avoir de la barbe et qui a une drôle de façon de marcher (une maladie, a-t-il expliqué à Percy). Tous les deux détestent passionnément leur enseignante d’algèbre, Mme Dodds, qui ressemble à une vielle chauvesouris dans son antique manteau de cuir élimé. Les deux jeunes hommes sont donc amèrement déçus lorsqu’ils apprennent qu’elle chaperonnera leur sortie au musée avec M. Brunner, leur professeur de latin et d’histoire. Comme il leur a souvent parlé de la mythologie grecque, il les amène au musée d’histoire pour y poursuivre son enseignement. Ceci résume environ les trois premières pages du premier chapitre. Cette mise en contexte est essentielle : elle donne beaucoup d’indices (Et je crie MYTHOLOGIE GRECQUE!), permet au lecteur de prévoir certains aspects de l’histoire. Et c’est lors de cette sortie au musée que tout commence…

De phénomènes étranges se produisent toujours autour de Percy, sans qu’il ne sache pourquoi. Or, au cours de l’heure du diner, au musée, une fille se retrouve dans la fontaine d’eau après avoir ridiculisé Grover et Percy. Mme Dodds demande à Percy de la suivre dans le musée. Ça sent la retenue! Après l’avoir conduit jusque dans une salle déserte (louche…), Mme Dodds se transforme soudainement en créature épouvantable, tout droit sortie des pires cauchemars : une Furie! Elle tente d’attaquer Percy, mais M. Brunner arrive sur ces entrefaites et lance un stylo à Percy qui, magiquement, est devenu une épée au moment où il l’attrape.

Après avoir pourfendu ce qui était autrefois Mme Dodds, le jeune homme ouvre les yeux pour découvrir qu’il est seul dans la salle, avec le stylo de son professeur de latin dans les mains. Il pense avoir halluciné, mais lorsque personne ne se souvient de Mme Dodds et qu’une nouvelle enseignante du nom de Mme Kerr est soudainement avec eux au musée, il commence à avoir de sérieux doutes quant à sa santé mentale.

Un soir, en se rendant au bureau de M. Brunner pour lui poser une question, il surprend une conversation entre lui et Grover. Ils parlent de lui et de ce qui est arrivé à Mme Dodds, au musée! Dès lors, Percy se méfiera de tous, même de son meilleur ami puisqu’il lui cache visiblement quelque chose.

Les vacances d’été arrivent, Percy retourne chez lui. Sa mère décide de l’amener au bord de mer, là où elle a autrefois rencontré son père. Mais la température est mauvaise et leurs petites vacances tournent rapidement au cauchemar.

Le jeune Jackson est amené dans le seul endroit où il peut être en sécurité : Half-Blood Hill. C’est un camp d’été pour les demi-dieux, camp dont toutes les limites sont protégées magiquement. Là, Percy se fait de nouveaux amis, et de nouveaux ennemis aussi. Il découvre qui il est et pourquoi sa vie était constamment en danger lorsqu’il vivait parmi les humains. Mais je n’irai pas plus loin : à vous maintenant de découvrir le mystère qui entoure ce jeune homme!

L’écriture de Rick Riordan

Bien honnêtement, la première comparaison littéraire qui me vient à l’esprit est le phénomèneHarry Potter. En lisant The Lightning Thief, j’avais l’impression de retomber en enfance, alors que je lisais le chef d’œuvre de J.K. Rowling. J’ai éprouvé le même plaisir, la même satisfaction.

Les idées sont claires et bien enchainées. Elles suivent un ordre logique. L’auteur nous donne quelques morceaux de l’énigme ici et là, ce qui nous permet de dresser notre propre raisonnement avant le dénouement final.

Malgré que la série s’adresse à un public préadolescent, les thèmes et la façon dont ils sont exploités ne sont pas trop enfantins. Riordan s’adresse à des enfants qui sont assez avancés en lecture et qui possèdent déjà une bonne dose de maturité. Voilà ce qui fait que la série soit si populaire auprès de tous les groupes d’âge!

De plus, on voit que l’auteur possède d’excellentes connaissances au niveau du panthéon grec. Il peut être compliqué pour un enfant d’arriver à se le représenter de façon concrète, mais lorsqu’un Dieu est introduit pour la première fois dans l’histoire, une petite description l’accompagne. C’est une grande force de l’auteur de savoir comment organiser ainsi ses informations (et de ne pas en donner trop à la fois!).

Au final, je crois que ce roman a piqué ma curiosité. Je vais absolument lire les autres romans. Il y a aussi les deux adaptations cinématographiques qui mériteraient un bon coup d’œil. Je vais probablement aussi me laisser tenter par les autres séries, dont une est en fait la suite de Percy Jackson.

C’est donc un dossier à suivre!

 

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