Critique : Metro 2033 (Jeu vidéo)

(Par Jérémie Bernard)

Suite à l’excellente critique de Metro : Last Light par Marc-Olivier Lalonde, j’ai eu le goût de me plonger dans les débuts de cet univers livresque transposé en jeu vidéo. C’est avec un désir profond de constater le talent des gars de 4A Games que je me suis lancé dans cette aventure sombre, malpropre et pleine de traumatismes graves. Metro 2033, c’est l’humanité dans ses derniers retranchements. Comment puis-je être un héros dans une telle situation? Là est la question.

Les survivants d’une violente attaque nucléaire vivent dans le métro de Moscou pour survivre. Ils se sont organisés en groupes idéologiques et se défendent tous les jours contre des créatures transformées par les radiations qui, je ne vous le cacherai pas, n’ont rien de gentil à raconter. Le joueur incarne Artyom, idéaliste qui croit pouvoir sauver sa station et qui fera tout ce qu’il peut pour aller chercher de l’aide à l’extérieur. Pourquoi, puisque tout le monde se défendait plutôt bien? Parce que les irradiés ne sont pas le seul problème. Une race obscure a fait son apparition sur Terre. Personne n’en connait l’origine. Ils sont létaux et se servent de leurs pouvoirs psychiques pour briser les soldats qui s’opposent à eux. C’est donc avec un très grave problème sur les bras et très peu de balles dans son fusil que notre personnage part à l’aventure dans cet univers des plus cauchemardesques.

En quoi ce shooter parvient-il à sortir du lot? Car l’horreur côtoie le genre à tout instant dans le jeu. Aussi parce que le mot rareté est synonyme de quotidien dans Metro 2033. Le joueur est constamment en train de chercher quelques balles ou encore à tenter de soigner une blessure grave, lorsqu’il n’est pas tout simplement à court d’air pour respirer ! Les dangers sont multiples dans ce monde déchu. À chaque instant, les développeurs prouvent au joueur qu’il n’est pas vraiment en position de force, mais plutôt qu’il a de la chance. C’est de cette façon que l’histoire s’enchaîne à merveille.

Ce studio est aujourd’hui reconnu pour ses qualités de conteurs hors pair. Les personnages sont travaillés, même si la plupart du jeu se traverse dans la solitude la plus complète et angoissante. Seul regret par rapport à mon expérience de joueur : que l’univers ne soit jamais très détaillé. Je suis toujours laissé sur ma faim. Metro 2033 est basé sur un roman, il est donc sensé avoir assez de substance pour remplir les trous. Il est compréhensible que le joueur ne doive pas trop en savoir puisque le personnage ne sait pratiquement rien du monde qui l’entoure, mais d’aller chercher un peu plus de détails n’aurait pas fait de tort à personne. Je suis tout de même rassuré puisque je sais que le 2e opus est plus travaillé à tous les niveaux.

L’intelligence artificielle est assez bonne et se mêle bien à un environnement hostile à chaque détour. Pour vous donner une idée, il a fallu que la difficulté soit baissée à « facile » pour que mon expérience reste agréable. Attaquer une vingtaine d’hommes fortifiés dans leur base et équipés de tous les moyens possibles pour me trouver dans l’obscurité la plus complète, alors que je dois porter un masque qui craquèle et m’empêche de voir, tout en fouillant désespérément pour trouver quelques balles alors qu’on me tire dessus, c’est troublant, à la longue. C’est l’essence de Metro, alors il a fallu que je traverse le tout, les dents serrées, les balles aussi absentes que l’espoir que j’avais de voir la lumière du jour.

La fin n’a rien d’héroïque, au contraire. Le but est de montrer au joueur que personne ne sera là pour le fêter, pour le féliciter. Les choix qu’Artyom a à faire sont immoraux, mais aussi primordiaux pour assurer la survie de sa propre race. Encore plus qu’à n’importe quel autre moment, la solitude et la mélancolie pèsent sur le joueur alors qu’il vient de terminer cette histoire de trahison, de conflits et de peurs palpables.

Si vous voulez vivre quelque chose de particulier, et qui de surcroit sert de prélude à une suite encore plus poussée visuellement et narrativement, je vous invite à essayer Metro 2033, malgré sa rareté affligeante. Cela vaut le détour, outre la difficulté impardonnable et les quelques textures vieillissantes par moments. Une chose est certaine, Metro 2033 se démarque. Pas de façon grandiose, mais par la réalité de sa misère. Et ça, c’est peu exploité dans le domaine vidéoludique.

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