Critique : Local Natives (Spectacle)

(Par Jérémie Bernard)

Première partie (Wild Nothing) : Je suis arrivé peu après le début de la prestation du groupe de Virginie Wild Nothing. Ce projet solo transformé en formation le temps de leurs tournées m’a grandement impressionné. Leur son transpire les années 80 et n’a jamais peur de mettre de l’avant une nouvelle mélodie toujours plus vive que la dernière. Ils ont su enflammer la foule et mélangeaient des éléments aussi compatibles qu’un batteur à la moustache proéminente et des lignes de bass à vous couper le souffle. Tout le monde dansait et avait beaucoup de plaisir. Première partie réussie.

C’était ma première rencontre auditive avec Local Natives, qui m’a semblé avoir la cote à Montréal hier soir avec un Métropolis plutôt bondé dans le cadre du festival rock Pop Montréal, qui offrait des spectacles partout à travers la ville pour des prix très raisonnables.

À chaque fois que je suis confronté à un nouveau groupe, surtout en spectacle, je tente de trouver des tendances musicales et des influences. Je m’efforce de comprendre ce qui rend ce groupe particulier, et comment ces particularités s’insèrent dans un lot d’inspirations qui ont pu créer ce produit original. Pour Local Natives, il y avait beaucoup d’éléments auxquels je devais faire abstraction le temps de bien décortiquer leur sonorité. Leur énergie scénique et la grande qualité des lumières offraient un très bon spectacle en soi, mais je voulais vraiment comprendre comment tout ce bagage tape-à-l’œil contribuait à projeter leur musique vers la foule.

Local Natives, c’est un amalgame de voix différentes qui font équipe, accompagné d’instruments, afin de créer des atmosphères que seules les cordes vocales humaines peuvent construire. Une fois que l’on passe par-dessus toutes ces voix qui s’agencent vers toujours plus d’énergie et de franchise, il faut s’émerveiller sur le fait que les compositions mêmes du groupe sont très complexes. Les instruments ne sont pas mis de côté, mais plutôt utilisés par-dessus une charge vocale déjà bien fournie par rapport à la moyenne des groupes. Oubliez les formations à plusieurs voix qui ne font que des « back vocals ». Pensez plutôt à une musique chantée par plusieurs personnes, mais dans un travail d’équipe réglé au quart de tour et soutenu par un travail à l’instrument tout aussi symbiotique.

Chaque pièce est très courte, mais comporte beaucoup de changements de rythme et de ton. Il n’est pas rare qu’un moment très intense soit suivi d’une accalmie très douce avant de continuer avec une troisième section différente. Local Natives cherche à faire une musique vivante qui ne veut pas éblouir par des prouesses techniques, mais bien entraîner le spectateur à chanter avec eux et à apprécier le travail d’équipe colossal derrière de tels arrangements musicaux.

Prenez cette chimie musicale explosive et agrémentez-la de couleurs thématiques à chaque chanson et de lumières nombreuses et dynamiques. Inutile de dire que la production était là pour le spectacle, en plus du talent des musiciens. Local Natives n’impressionne pas tellement par leur présentation musicale ni les émotions qu’ils transportent, mais bien plus par leur construction de la musique, qui passe avant tout par la voix de chaque membre, contribution directe et organique au produit final qui fit le bonheur de centaines de personnes ce soir-là. Un spectacle qui m’a permis de sortir Local Natives de la section « inconnu » de mon cerveau pour les placer dans la section beaucoup plus amusante nommée « vécue et analysée ».

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