Critique : La rafle (film)

(Par Panda)

« Sur les 13 000 raflés du “Vel d’Hiv”, seuls 25 adultes survécurent. Aucun des 4 051 enfants déportés n’est jamais revenu ».

Paris, 16 juillet 1942. Vélodrome d’Hiver. 13 000 juifs sont maintenus dans une arène en attendant leur déportation. Il paraît que ce film est basé sur des faits réels, et que tous les personnages le sont.

Ce qui me touche le plus de ce film, c’est de voir la tristesse dans les yeux des acteurs. C’est de voir une juive enceinte se faire frapper dans le ventre pour éviter un autre « indésirable » sur cette planète. De voir plus de 13 000 juifs amassés dans une arène, sans eau, sans grande hygiène. Les malades demeurent en plein centre de l’arène, où un médecin juif tente de les sauver du mieux qu’il peut, sans grands outils, sans grandes médecines. C’est de voir l’embarquement de tous les juifs à la gare d’Austerlitz vers un camp de concentration. C’est de voir la déchirure dans les yeux des parents qui doivent laisser leur enfant sur place, sachant éperdument qu’ils ne les reverront plus jamais. De voir des mères se faire battre comme si elles étaient des moins que rien. De voir des enfants perdre leur innocence, perdre espoir.

Ce qui me touche aussi, c’est de voir la solidarité de certains Français. Des putes qui prennent la défense d’une jeune juive et la cache. Une infirmière qui fait tout pour guérir les malades dans l’arène. Baptiser des juifs pour les sauver de « l’antéchrist » (ici, le prêtre fait référence à Hitler). Un plombier qui fait semblant d’avoir une femme pour la faire sortir de l’arène. Une infirmière qui incite un soldat à se rebeller. Cette même infirmière qui se met au « régime des juifs » pour montrer aux autorités à quel point la nourriture qu’on leur donne est insuffisant.

Le film se termine sur un œil sur Paris, juin 1945, avec, en trame de fond, Clair de Lune de Debussy. Cette semaine m’a conquise, non seulement parce que j’affectionne particulièrement cette œuvre, mais aussi car elle a été choisie judicieusement pour montrer la fin d’une ère. Cette mélodie nous rappelle qu’il y a des gens qui vivent pour la survie des autres, comme ce fut le cas d’Annette Monod, cette fameuse infirmière dont j’ai fait référence à plusieurs reprises.

Il est impossible d’être insensible à ce film. Trop d’émotions nous submergent. De la tristesse, de la rage, et même de la haine. Nous voudrions être présent et redonner aux enfants leur jeunesse, donner une chance à ces êtres humains. Mélanie Laurent, encore une fois, offre une solide prestation en tant qu’Annette, cette infirmière qui se dévoue à la cause des juifs.

 

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