Critique : City of Bones (Comparaison livre et film)

(Par Sophie Vaillancourt)

Dans la littérature jeunesse, on ne sait jamais ce qui va “pogner” et ce qui va couler. La plupart du temps, mon instinct de fanatique repère facilement ce qui sera un grand succès. Parfois, je me fourvoie carrément. Dans le cas de City of Bones (La Cité des Ténèbres, en français), je dois dire que j’avais pisté cette série il y a des années! En effet, le coffret comprenant les trois premiers tomes de la série en format paperback (couverture souple) fut probablement l’une des premières séries que j’aie achetées en anglais. À ce moment, j’avais dévoré les trois tomes en moins de deux semaines. Mais comme le premier film vient tout juste de sortir (21 août dernier), j’ai décidé de me remettre dans le bain en relisant le premier tome avant d’aller au cinéma.

 

City of Bones : le livre

L’histoire prend pied dans une Grande Pomme qui semble différer un peu de celle que nous connaissons. Clarissa Fray et son meilleur ami, Simon, attendent dans la file pour entrer dans la boîte de nuit pour adolescents, Pandemonium. Ce n’est pas du tout le genre de Simon, mais comme Clary adore cet endroit, et que Simon aime bien Clary, il la suit. Sur place, la jeune fille aperçoit des adolescents au comportement suspect et, pendant que Simon court chercher la sécurité, Clary les piste pour savoir ce qu’ils font dans la réserve pour employés, loin des regards. Lorsqu’elle y pénètre, elle assiste au meurtre de ce qui semble être un jeune punk par trois adolescents : deux garçons, Jace et Alec, et une fille (magnifique), Isabelle. Ceux-ci se retournent lorsqu’ils entendent Clary pousser un cri d’horreur, alors que le corps du punk de dissout dans l’air. Tous les quatre sont pétrifiés : la jeune Fray ne comprend pas où est passé le corps du mort, et les autres ne comprennent pas comment elle peut les voir. Et quand Simon et le garde de sécurité arrivent et ne voient rien, Clary comprend qu’elle est la seule à pouvoir les voir. Mais pourquoi?

Suite à ce contretemps, la jeune fille rentre tard chez elle, ce soir-là. Cela provoque une dispute entre elle et sa mère, le lendemain, et Clary quitte l’appartement en claquant la porte. Elle va assister à une soirée poésie dans un café, avec Simon et ses amis. Alors qu’elle attend que Simon revienne avec des boissons, Jace s’assoit à côté d’elle et commence à lui parler. Or, personne d’autre ne semble se rendre compte de sa présence. Il quitte le café alors que Simon s’assoit à leur table et Clary, obnubilée par le mystère qui entoure Jace, décide de le poursuivre dans la rue. Alors qu’ils ont une discussion animée, le cellulaire de l’adolescente sonne : c’est sa mère. Pensant qu’elle veut lui faire la morale, Clarissa raccroche, mais quand sa mère rappelle, elle répond, exaspérée. À l’autre bout du fil, le ton paniqué, sa mère lui dit de ne pas rentrer à la maison. Jamais. Qu’elle doit aller chez Simon et y rester.

À ce moment-là, Clary est entraînée dans un monde secret, celui des Shadowhunters (Chasseurs d’Ombres), ces tueurs de démons dont Jace et sa bande font partie. S’ensuit le début d’une aventure où la jeune fille tentera de découvrir qui elle est vraiment, ainsi que de retrouver sa mère, kidnappée par un certain Valentine.

Si je vous dis que j’ai lu les trois premiers tomes en deux petites semaines, c’est que je trouvais la série très bonne. L’intrigue est bien tournée, les liens qui unissent les personnages sont réfléchis. Évidemment, il s’agit ici de la première œuvre de Cassandra Clare. Quelques détails sont boiteux, ainsi que certaines tournures de phrases. En général, tout se tient et l’écriture est bien.

Ma seconde lecture du premier tome, trois ans après la première, m’a fait remarquer quelques petits détails qui clochent, qui me dérangent personnellement. Pour commencer, on dirait que Clarissa n’a pas le caractère ni la maturité d’une personne de 16 ans. Elle se comporte très souvent en bébé gâté et ne semble pas cadrer avec le rôle important qu’elle jouera plus tard dans la série. Dans le premier tome, elle ne subit pas d’évolution psychologique. Ce qui n’est pas logique puisqu’elle fait face à une dure épreuve : l’enlèvement de sa mère.

Ensuite, la découverte du monde des Shadowhunters ne semble pas surprendre Clary et Simon bien longtemps. Personnellement, à cet âge-là, j’aurais probablement paniqué et j’aurais appelé la police pour signaler des gens fous. Sans blague, une réaction aussi peu effervescente suite à une découverte troublante, ce n’est pas plausible. On perd la magie de se sentir dans une réalité possible : on sait pertinemment qu’on est dans la fiction. Les réactions sont trop parfaites. Si elles avaient été un brin plus réelles, Clare aurait eu du travail à effectuer pour faire avancer son histoire. Question de simplicité ou manque d’expérience? Un peu des deux, je pense.

Finalement, le Jace que nous apprenons à connaître tout au long du roman change du tout au tout à la fin du livre. S’il possédait vraiment le caractère que nous décrit Clare, il n’aurait probablement pas eu ce genre de faiblesse, ce moment de folie, dans les derniers chapitres. Ce genre de petits détails est une incohérence parmi plusieurs autres, que je ne prendrai pas le temps de relever ici.

City of Bones : le film

J’étais vraiment emballée à l’idée d’aller voir le film au cinéma. Pour un long métrage adapté d’un roman, je dois dire qu’il n’était pas si pire. Beaucoup mieux que Percy Jackson, mais n’atteignant pas le zèle des producteurs de The Host, City of Bones tente de rester fidèle, à sa manière. J’ai remarqué en fait que pratiquement tous les éléments du livre sont présents, sans pourtant être dans le même ordre. Quelques scènes (inutiles à mon avis) ont été rajoutées. Un autre film victime du sensationnalisme hollywoodien.

D’un autre côté, une chose m’a vraiment choquée. La scène finale du roman se passe dans un endroit spécifique que Clary a dû trouver, à l’extérieur de la ville de New York. Or, dans le film, on ne s’est pas cassé la tête. L’affrontement final se déroule directement dans l’Institut, là où habitent Jace, Alec et Isabelle, ainsi que Clary. C’était, pour ma part, la plus grosse déception du film.

Malgré ces petits détails qui m’ont moins plus, la série Mortal Instruments est tout de même un must. La série de livres compte cinq livres à ce jour et un sixième, et dernier, est prévu pour le printemps 2014. De plus, vous pouvez aussi vous pencher sur l’autre série de Cassandra Clare, Infernal Devices, qui se déroule dans le même univers, mais environ 150 ans avant les évènements qui propulsent Clary dans le monde des Shadowhunters. Tous les romans de cette trilogie sont présentement en vente. Allez y jeter un coup d’œil, ça vaut le coup!

 

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