Critique : The Wolverine (film).

(Par Marc-Olivier Lalonde)

Je vous le dis d’emblée, The Wolverine n’est pas un grand film. Est-il supérieur à X-Men Origins : Wolverine? À mon avis oui, quoique légèrement seulement. C’est un pas dans la bonne direction, mais Logan mérite mieux encore. Les amateurs du personnage (dont je suis) sont heureux de le revoir à l’écran mais ils seront déçus de constater que ce film n’est pas celui qu’ils espéraient. Pour les plus fervents d’entre vous, je vais étudier The Wolverine en profondeur, n’ayez crainte. À ceux qui préfèrent un court résumé, je vous dis ceci : attendez la sortie de X-Men : Days of Future Past pour combler votre manque du personnage. Ne dépensez pas inutilement votre argent.

Afin de vous situer, The Wolverine se déroule après les évènements de X-Men : The Last Stand. Nous retrouvons un Logan qui est torturé psychologiquement quotidiennement par la mort de Jean Grey, qu’il a lui-même tuée. Malgré ses sentiments pour elle, Jean représentait une menace pour la planète entière et il a dû l’abattre afin d’éviter la catastrophe. Logan a quitté les X-Men par la suite pour aller se réfugier dans la nature de son pays natal (le Canada). Il essaie d’oublier ce qui s’est passé en consommant de l’alcool soir après soir dans une caverne qui agit à titre de demeure.

Un jour, Logan fait la rencontre d’une jeune femme se nommant Yukio. Elle était à sa recherche depuis un bon moment de la part de son employeur, Yashida. Ce dernier est mourant et souhaite rencontrer Logan avant que son jour arrive. En échange, il veut offrir ce qui a échappé à Wolverine toute sa vie : la mortalité. Puisque son pouvoir de régénération est si puissant, sa vie se retrouve énormément prolongée. Il va jusqu’à croire qu’il est immortel. Intrigué, le héros met le cap vers le Japon. Peu après son arrivée, Logan se retrouvera impliqué dans une histoire politique impliquant Mariko, la petite fille de Yashida. Il devra la protéger de mutants, ninjas et yakuzas.

Quelques incohérences et des choix douteux posés par certains personnages viennent miner ce film. Plusieurs situations périlleuses auraient pu être évitées si le scénario avait été mieux écrit. Je dois admettre cependant que les chorégraphies des combats étaient bien exécutées. Hormis une scène se déroulant sur un train, j’ai vraiment apprécié chaque confrontation. The Wolverine n’a pas réussi à éviter le piège des gags trop faciles et enfantins que chaque superproduction semble employer ces temps-ci. À titre d’example, une bouteille de bière se fait couper en deux durant une bataille. Même si le personnage tient le haut de la bière dans sa main et que le bas vient d’être sectionné, la bouteille prend quelques secondes avant de se séparer. Un effet « humoristique » est alors créé chez les spectateurs. Les personnages seront quant à eux mortifiés par la scène puisqu’ils pourraient devenir les prochaines victimes. C’est un procédé inutile qui ne devrait pas se retrouver dans un film sérieux comme celui-ci. Mais, comme l’argent mène le monde, il fallait une touche comique pour que le maximum de gens apprécient.

Puisque c’est la sixième fois qu’il incarne le personnage, Hugh Jackman n’a plus rien à prouver. À ce point-ci, soit vous l’aimez (ou vous aimez le regarder!) ou pas. Honnêtement, il est sur le pilote automatique, livrant la même performance à chaque film de la série. Personnellement, je ne me lasse pas de le voir en Wolverine. Il représente bien le personnage même si j’étais dubitatif quant au choix initial de Jackman dans le premier X-Men. À 44 ans, il est plus en forme que jamais et tout autant que son alter ego des bandes dessinées.

Rila Fukushima est la mutante Yukio. Elle possède des habiletés psychiques lui permettant de lire l’avenir. Yukio maîtrise les arts martiaux à la perfection et devra se battre à quelques reprises. Physiquement, elle me fait penser à un mélange de Hit-Girl de la série de films Kick-Ass et de Mako Mori de Pacific Rim. J’ai trouvé l’interprétation un peu poussée. En fait, son personnage aurait profité d’un peu plus de sobriété. Elle a beau être du même âge que Mariko, elle a plutôt l’air d’une gamine.

Tao Okamoto est Mariko. Elle est le personnage-clé du film puisque tous les évènements se dérouleront à cause d’elle. Okamoto fait un travail correct, sans plus. Elle joue la demoiselle en détresse presque typique. L’actrice ne m’est pas familière mais j’aimerais bien la revoir dans un rôle ayant un peu plus d’envergure.

Svetlana Khodchenkova se retrouve dans la peau de Viper, une mutante aux pouvoirs pas très bien définis. Mis à part le fait qu’elle est immunisée contre tous les poisons au monde, je n’arrive pas à vous décrire ses autres habiletés avec certitude. Elle semble posséder la régénération qui apparaît sous forme de mue (comme chez les reptiles), mais c’est difficile d’affirmer s’il est aussi puissant que celui de Wolverine. L’actrice joue le rôle d’une femme fatale qui causera bien des ennuis à Logan.

Famke Janssen reprend son rôle de Jean Grey pour une quatrième fois mais seulement sous forme de rêves et d’illusions. Elle ne survit que dans l’imaginaire de Logan. Encore là, difficile d’ajouter grand chose à une performance qui revient a répétition. En ce qui concerne les autres acteurs, bof, ordinaire.

The Wolverine est une superproduction typique : des combats, des coups de feu, de l’exagération et une histoire d’amour pour couronner le tout. Je ne peux pas en toute conscience recommander ce film à personne sauf les amateurs les plus passionés de Wolverine. Même eux le considéreront comme un échec, quoique moins cuisant qu’Origins. Le plus dommage dans tout ceci? La bande dessinée qui a servi d’inspiration est excellente. Fox a pris les éléments qui l’intéressait et a rejeté le reste. En tant que puriste, je déteste quand les adaptations cinématographiques effectuent des changements au produit original. Je comprends cependant qu’une bande dessinée ne peut pas être mise à l’écran intégralement (quoiqu’en pense Zack Snyder avec Watchmen). Ce sont deux formes d’art différentes et certains ajustements doivent être apportés afin que le tout soit cohérent. Jusque-là, je peux comprendre.

Là où la situation me cause réellement un problème est lorsque les adaptations dénaturent complètement les personnages. C’est arrivé deux fois plutôt qu’une ici. Je n’entrerai pas dans les détails cependant, puisque je ne veux pas vous dévoiler l’intrigue du film. Par contre, Yukio et le Silver Samurai sont à mille lieux de leurs personnages des bandes dessinées. Plutôt que de la transformer autant pour les besoins du film, Fox aurait dû éliminer Yukio. Elle est pratiquement inutile à l’histoire (hormis une scène) de toute façon. Pour ce qui est du Silver Samurai, disons que seule son apparence physique concorde avec la bande dessinée. Deadpool, dans Origins, avait subi le même sort. Étant un de mes personnages préférés, cela m’avait hautement déplu.

Si, malgré mes recommandations, vous allez visionner le film quand même, restez assis durant le générique de la fin. Une scène additionnelle agréable et prometteuse vous attend! Oh, et ne dépensez pas d’argent supplémentaire afin de vous offrir une représentation 3D. Les effets sont négligeables tout au plus.

 

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