Critique : The National (concert)

(Par Jérémie Bernard)

Première partie, The Barr Brothers :

Avec de très bonnes places pour profiter des installations techniques de l’Esplanade du Centenaire, j’étais en position avantageuse pour apprécier ce groupe montréalais assez particulier. Ces derniers usèrent de toute une panoplie d’instruments et autres communesgogosses pour créer des sons malheureusement inaudibles la plupart du temps. Au final, The Barr Brothers offrit une bonne prestation pour un public qui avait bien besoin de se mettre quelque chose sous la dent en attendant la venue de The National. La formation de Montréal à bien su étirer ses meilleures chansons pour faire durer le plaisir et montrer le talent de ses musiciens multi instrumentalistes. Mention spéciale au fait qu’il faut une certaine dose de courage pour intégrer une harpe à ce genre de formation, pour un résultat vraiment rafraichissant!

Comment décrire The National en spectacle? Ce groupe a un je-ne-sais-quoi qui le rend si particulier et à la fois si familier. Ses membres, hormis Matt Berninger, le chanteur, sont plutôt discrets et minimalistes dans leur prestation scénique. Il ne faut jamais oublier que le nom du groupe fut choisi en raison de son absence de signification concrète. Partant de ce premier constat, comment bien cerner la personnalité d’une formation qui tente par tous les moyens possibles de s’en faire une très neutre et objective? La folie étrange du chanteur contribue de beaucoup à ce dont le spectacle ait quelque chose de visuellement attrayant. Pour le reste, un magnifique attirail de lumières ainsi qu’un écran géant technologiquement avancé permettent à The National d’offrir une expérience audiovisuelle aussi forte que n’importe quel autre groupe.

Parlons un peu plus de la folie de Berninger. Ce dernier semble avoir un personnage scénique qui fait sourire et attire constamment l’attention sur lui, ce qui permet aux autres musiciens de continuer à faire leur travail tout en passant inaperçus. Entres autres actions étranges faites par le chanteur, voici un rapide inventaire de ce que j’ai pu voir : faire un toast à son pied de micro avec son verre de vin, cracher du vin sur scène, taper des poings ensembles et ultimement DONNER son pied de micro à une admiratrice située directement devant lui, derrière la barrière! Pour la très connue pièce Mr. November, Matt Berninger a, fidèle à sa routine, traversé la foule entière avec son micro filaire pour aller chanter très loin de la scène, puis est revenu. On ne va pas se le cacher, cet étrange rigolo pousse à l’admiration par sa folie, mais encore plus par son talent vocal unique.

Musicalement, rien à redire. Le groupe parvient à lancer au public tous ses morceaux avec une énergie sonore assez peu égalée pour ce type de musique. Tout est réglé au quart de tour, mais une certaine maîtrise de chaque section musicale se fait ressentir (surement dû au génie créateur/arrangeur des deux frères Dessner aux guitares). J’appréciais la simplicité puissante du groupe avant le spectacle, mais c’est vraiment en les ayant devant moi que j’ai bel et bien compris et découvert The National. Ils ne tentent pas de conquérir le monde. Ils veulent simplement offrir des compositions solides et teintées d’une certaine beauté profonde à ceux voulant bien les écouter. Le chanteur n’a pas peur d’aller jusqu’à crier dans son micro s’il en ressent le besoin. Personne ne se retient, mais tout le monde est contrôlé par le même désir de créer quelque chose de particulier sur scène. Quelque chose de tout à fait quotidien et à la fois impossible à recréer. Quelque chose comme The National.

 

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