Critique : Sonata Arctica – Stones Grow her name

(Par Jérémie Bernard)

1. Only the broken hearts (make you beautiful)

Cette ouverture d’album possède un son très caractéristique du groupe, permettant de bien introduire la nouvelle direction musicale de celui-ci, tout en y incorporant chaque élément passé et connu jusqu’à ce jour. Une chanson très directe, donc, avec juste assez d’énergie, d’ambiance et de production pour faire honneur à Sonata Arctica.

Le clavier est plutôt retranché du côté de « mur de son » pour cette chanson, malgré son entrée en scène avec un son plutôt électronique rarement utilisé par le groupe. Outre les fidèles accords de cordes, on peut tout de même discerner quelques mélodies au piano et un peu d’orgues à la fin. Un travail d’accompagnement notamment en suivant parfois la guitare permet à cette chanson d’avoir une certaine couleur en lien avec ses paroles.

La guitare n’est pas qu’utilisée à des fins rythmiques, puisqu’elle se permet quelques bonnes mélodies en lien avec le refrain ainsi qu’un solo très bref, mais accrocheur, efficace dans sa capacité à ne pas briser l’élan de la chanson. Plutôt pesante, la guitare donne à la pièce cette lourdeur contribuant à son énergie générale.

La basse et la batterie restent plutôt discrètes tout au long de la chanson, se contentant d’un rythme « mid-tempo » soutenu et donnant toute la place à la voix et au clavier. Rien ressortant du lot, donc, mais tout de même un travail intéressant de la puissance du côté de la rythmique, la basse allant suivre tantôt la batterie, tantôt la guitare pour changer le rapport de force à des endroits clés.

La voix est sans doute ce qui retient le plus l’attention dans « Only the broken hearts ». Utilisant comme d’habitude plusieurs niveaux, débits et styles de voix dans la même pièce, Tony Kakko arrive encore une fois à retransmettre tout le côté absurde des relations humaines dans son chant polymorphe. Harmonies, canons, cris du cœur, tout y est. La voix sait être directe et puissante durant les refrains, et se multiplier en étrangetés durant les couplets. Allant jusqu’à déposer le solo de guitare sur un plateau d’argent pour l’auditeur, la voix le refera aussi atterrir à la fin de la pièce, tout doucement; progression intelligente et imprégnée de cette douleur dont parlent les paroles : Les deux côtés de la vie, le cynisme par rapport à la douleur, l’habitude de cette dernière… Des thèmes traités en surface, mais efficaces pour une chanson aussi courte.

Un hymne à l’universalité de l’être humain, cette première pièce sait se montrer accueillante dès la première écoute, et se révéler encore plus à chaque fois ensuite. Pot-pourri des effets utilisés habituellement par Sonata Arctica dans une formule simplifiée et plus accessible, cette chanson est un excellent digestif pour un auditeur voulant se mettre à jour avec le groupe ou encore écoutant pour la première fois cette musique unique et chargée d’émotions diverses qu’est celle de Kakko et sa bande.

2. Shitload of Money

Cette deuxième piste possède à première vue un côté « hard rock » très rarement vu aussi efficacement chez ce groupe de métal européen. Cette saveur énergique et lourde permet d’apporter l’auditeur à un sommet précis dès les premières secondes et de l’y garder tout au long de la chanson.

L’orgue et le piano sont les deux instruments de prédilection dans « Shitload of Money ». Le piano permet de changer d’un coup l’ambiance à certains moments et l’orgue vient appuyer sauvagement le côté « hard rock » mentionné ci-haut. Le début de la pièce est encore une fois propulsé par des effets utilisés normalement dans la musique électronique. Quelques petits « pads » discrets peuvent être discernés tout au long de la piste, donnant un caractère encore plus céleste au piano. Un solo de clavier rapide et à propos vient redonner à Sonata Arctica ses lettres de noblesse. Il est aussi court que puissant, pour une efficacité faisant suite à la première piste de l’album.

Le travail d’Elias Vilijanen à la guitare donne des frissons dès les premiers accords méchants perçus au tout début de la pièce. Il semble vouloir faire sourire tout en arrivant à donner du mordant à la chanson. D’une seconde à l’autre il retire sa distorsion pour transporter l’auditeur dans un tout autre monde et se permet encore un solo riche en notes et savamment précurseur à celui de clavier. Moins mélodique dans cette piste, la guitare arrive tout de même à accrocher par son désir de tout casser en harmonie avec l’orgue destructeur d’Henrik.

La section rythmique de cette deuxième chanson est beaucoup plus originale que la précédente. Tout fait encore très « mid-tempo », certes, mais Tommy Portimo ajoute beaucoup plus de couleurs à ses rythmes, utilisant tantôt une cloche à vache, tantôt la double basse à l’endroit le plus lent de la pièce. La basse est toujours discrète, mais se permet quelques petites envolées ici et là, lorsque la guitare et l’orgue se taisent un moment, par exemple. Des « fills » énergiques tout en restant diablement simples, pour une chanson directe et explosive.

La voix de Kakko se déchaine sur cette pièce parlant d’une femme étrange et dangereuse. Criant au besoin, chantant plus doucement ailleurs, il sort du placard sa voix la plus rock pour faire taper du pied n’importe quel néophyte. L’histoire de la chanson parle d’une personne semblant dans le besoin, mais étant beaucoup plus débrouillarde qu’à première vue, possédant de grandes richesses malgré sa misère sociale, malgré ses actions désespérantes. Une prostituée? Une accro au jeu? Qui sait qui peut être cette jeune femme attirante, mais blessante lorsqu’on se retrouve dans ses filets? La joie de s’amuser à tout prix, voilà le vrai sujet de cette chanson. Les fins de phrases sont particulièrement intéressantes ici, où la voix est souvent doublée en harmonies toujours plus colorées les unes des autres. Le refrain revient encore une fois très souvent, mais est revisité chaque fois par autant de voix différentes que d’effets subtils aux instruments.

Tous les musiciens semblent s’amuser dans « Shitload of Money », rare qualité que de transposer la folie de la scène à une chanson studio. Tony Kakko transformera sa voix en percussion, la guitare s’amusera à la fin de ses « riffs » : tout est là pour que cette chanson devienne un passage obligé des prochains spectacles du groupe, tout étant en place pour faire participer la foule et l’apporter dans cette chanson rock rafraichissante et se permettant de sortir de piste à quelques moments pour raconter son histoire.

3. Losing my Insanity

Encore une fois très simple dans sa structure de base, cette chanson passe un message clair tout en permettant aux instruments de se déchaîner plus que dans les pistes précédentes. Un peu de folie d’un côté, une structure encore plus ordinaire de l’autre, pour un mélange réactif qui reste gravé en tête.

Quoi de mieux pour intriguer et mettre en scène une chanson courte et directe qu’une intro au piano? C’est ce qu’Henrik se permet ici pendant un bon trente secondes, établissant le côté doux/amer présent du début à la fin tant dans les paroles que la musique. Le reste du clavier est extrêmement discret dans la majorité de la chanson, pour détonner  à souhait durant un solo, ainsi qu’en duo avec la guitare un peu plus loin. Ces courtes parties mélodiques contribuent en partie à l’importance de la folie dans « Losing my insanity ». Un peu de « pads », quelques cordes, l’éternel orgue, éléments de bases toujours à l’appel pour ce qui est du corps de la pièce.

La guitare ici est assez rapide, se rapprochant beaucoup plus du jeu de Vilijanen entendu maintes fois sur « The Days of Grays ». Une entrée en scène très baroque suite à l’intro de piano vient faire transition à merveille entre la douceur du début et le côté établit de la chanson une fois celle-ci réellement commencée. C’est surtout la guitare qui apporte cette folie mentionnée précédemment, par cette vitesse, oui, mais aussi par ces notes décadentes placées ici et là, ces endroits toujours différents, comme s’il fallait montrer à l’auditeur qu’il ne peut relâcher sa garde, que toujours la guitare apportera quelques surprises par sa démence. Un beau clin d’œil aux paroles de la chanson, où l’on traite de l’importance de la folie pour garder toutes les possibilités farfelues de la vie. Une guitare superbement présente, faisant oublier à chaque instant que ce nous sommes en train d’écouter n’est qu’une section rythmique, puisque réalisée avec fougue, brio et entrain.

Avec une pièce beaucoup plus rapide, la basse et la batterie se devaient d’être au rendez-vous. Ils arrivent justement à créer un bon gros mur pouvant supporter la force de la guitare et la folie du clavier lors des endroits plus marquants. Ce duo rythmique ressemble plus aux vieilles chansons du groupe, puisque beaucoup moins changeant, laissant aux autres le soin d’apporter de la profondeur et de la différence. La basse réussit tout de même à se démarquer un peu plus que la batterie en allant s’emporter elle aussi lorsque la folie est de mise. Quelque chose de simple, mais qui se devait d’être assez poignant pour que la vitesse de cette piste ne soit pas brimée à aucun endroit.

Les voix utilisées dans « Losing my insanity » sont un peu moins légion cette fois-ci, mais changent assez de timbre pour arriver aussi à cet effet malsain recherché. Les harmonies restent bien sûr intéressantes, tout en étant disséminées un peu partout, mais elles sortent beaucoup moins du lot face à ces instruments occupés par toute cette vitesse et toutes ces mélodies casse-doigts. Peu de paroles différentes encore une fois, mais le message passe très facilement, ce qui était sans doute le but recherché vu la tendance de l’album. Mention particulière au premier couplet, formant un très étrange et beau poème beaucoup plus dense que le reste de la pièce dans son sens et sa portée lyrique.

Une pièce égale par sa vitesse, mais complètement inégale dans ses sections, pouvant passer inaperçue par un refrain simple, et attirer tout de suite l’attention par une mélodie forte et unique. Des moments de folies gardés en réserve pour former cet effet de manque que le narrateur ne veut pas perdre pour une chanson somme toute égale aussi dans sa symbiose entre les paroles et la musique.

4. Somewhere close to you

Morceau plein de haine et de douleur, c’est encore par la voie de la simplicité que Sonata Arctica raconte son histoire. Tantôt orientale, tantôt extrêmement lourde ou étrange, cette pièce possède tout de même plusieurs éléments intéressants cachés sous un chant direct et des sections musicales similaires.

Le clavier ici fait un excellent travail de profondeur, sachant se montrer aux bons endroits pour plonger l’auditeur dans cet univers particulier créé par tout le groupe. Se permettant quelques lignes très arabiques, le clavier ne se permet aucune mélodie principale jusqu’à son déconcertant solo en milieu de pièce, où celui-ci est tout en distorsion et éléphantesque à souhait. Le traditionnel Hammond est utilisé mélodiquement au cours des refrains pour ajouter au côté solennel des paroles. Sans pour autant ne rien enlever de la volontaire pesanteur de la pièce, le clavier parvient à se trouver une place importante pour introduire ses couches d’ambiances une après l’autre. Avec une finale mélangeant des accords d’orgue et un son électronique, il se alors forme un bon rappel du genre particulier de l’album.

La guitare de Vilijanen bat encore son record de méchanceté en débutant avec force et violence cette quatrième piste. Pour encore moins de lignes mélodiques que précédemment, la guitare se contente d’être le centre puissant du morceau, allant appuyer la batterie lorsque la basse sort un peu plus de l’ordinaire. Rien de bien particulier sinon, la chanson laissant au clavier et à la basse tout le côté original.

La batterie est ici assez particulière, jouant beaucoup sur les contretemps  et se permettant pleine de petites sections attirant l’attention. Les autres instruments laissent souvent beaucoup de place à la celle-ci, ce qui fait exploser encore plus sa présence. La basse brille par sa puissance et sa versatilité dans « Somewhere close to you ».  Avec une rythmique un peu plus country par moment, elle annonce bien la suite de l’album sans pour autant trop détonner avec la chanson présente. Se permettant donc quelques originalités, la basse, avec le clavier, sauve la simplicité de cette chanson manquant quelque peu de couleur à la guitare.

Toute la douleur et l’amertume de l’album, comme sur « Only the broken hearts », se retrouvent dans cette pièce. Tony opte pour une voix plus unique, coupant dans les harmonies pour faire transparaître le côté personnel de cette douleur. La chanson semble parler de la même femme dont il est question dans le titre. Paroles négatives, où l’amour triomphe tout de même dans certains gestes du narrateur. Une déception ou un manque de compréhension, la pièce raconte avec force comment l’amour peut être difficile à oublier. Une seule voix pour raconter une seule histoire, concept intéressant et efficace grâce à l’investissement émotif que le chanteur insère encore une fois dans son travail.

Trame sonore du bouillonnement intérieur que l’on peut ressentir lorsque l’amour blesse, cette chanson arrive encore une fois à attirer l’attention de justesse avec un équilibre assez bon de couches d’ambiances par-dessus une base très simple. Avec des paroles hors des clichés, des rythmes empruntés à d’autres styles (le Country, le Hardcore…), cette pièce parvient à se conserver une place au sein d’un excellent, mais multiple septième album.

5. I have a right

Sans aucun doute la pièce phare de cet album, malgré son thème hors du concept de base, « I have a right » possède assez de magie pour se hisser au rang des classiques du groupe. Le monde qu’elle créé est une réalité connue de trop d’enfants sur terre, et c’est pourquoi l’on doit en parler et écrire des chansons sur le sujet. Cette pièce nous emporte dans un tourbillon de pensée et nous retient prisonniers jusqu’à la toute fin.

Le clavier possède la difficile tâche de garder le ton particulier de la pièce du début à la fin. Avec ces intangibles « pizzicatos », Henrik semble jouer d’un instrument immortel, provenant d’un autre monde. Il tiendra sa ligne durant la majorité de la pièce, pour prendre une pause au piano lors des couplets et ajouter d’autres couches tout aussi divines de refrain en refrain. Aucun solo où un aussi grand travail de création d’univers doit être fait. Chaque élément s’emboîte avec intelligence, le piano ressemblant au « pizzicato » dans son rythme, les  clochettes s’ajoutant au bal ici et là… Une place au clavier sans comparaison pour le groupe.

Le mot pour bien décrire la guitare sur cette chanson est : équilibre. Autant par un jeu rythmique rapide et discret que par une mélodie finale puissante et épique, la guitare semble toujours à sa place, sachant plaquer que de simples accords où un enfant raconte et se mettre plus vers l’avant lorsqu’un peu de puissance est requis. En terminant la chanson sur une note aiguë et malaisée, la guitare quitte la scène avec le même concept que les paroles, avec le même désir de passer son message que les autres éléments de la formation.

Les rythmes de cette chanson ne sont pas extraordinaires, et n’avaient pas à l’être non plus. Cette pièce ne sert pas à montrer les talents des musiciens, ni à représenter la folie comme sur « Losing my insanity », mais plutôt à faire passer de façon grandiose un message sérieux. Il faut quand même remarquer les endroits où la batterie est complètement absente, tout en gardant les autres instruments actifs, pour un effet de manque pouvant, en tirant quelque peu par les cheveux, représenter le manque de soutien paternel de l’enfant dans la chanson. La section rythmique ne devait pas détonner puisque toute l’attention se doit d’être sur les paroles. La basse devient très présente à certains moments, plutôt puisqu’elle se retrouve presque seule.

Le débit des paroles sur « I have a right » est simplement hallucinant. Chaque phrase s’enchaîne et peut être inversée tout en gardant la même vitesse, même si le sens devient alors complètement différent. L’importance de bien élever, soutenir, chérir et encourager nos enfants est loin d’être un sujet à prendre à la légère, et le groupe fut très courageux d’inclure ce thème sur un album « métal » : comme quoi l’innovation apporte toujours beaucoup de fraîcheur et d’étonnement positif dans le milieu créatif. La section parlée par un enfant est sublime et beaucoup plus efficace que bien des sections similaires chez d’autres groupes. La chanson se termine sur un désir qui est surement personnel au chanteur (par extension au groupe) lui-même : le désir et le besoin d’être entendu. Car chacun de nous a pu être cet enfant incompris un jour.

Une chanson sur le rôle de parent, et les désirs primaires de chaque être humain, enfant ou adulte. Un crescendo d’images fortes et d’instruments nostalgiques est créé de façon à laisser tomber l’auditeur à la fin, pour que lui aussi se sente quelque peu abandonné et comprenne ce sentiment horrible que trop d’enfants vivent chaque jour.

6. Alone in Heaven

En milieu d’album, Sonata Arctica nous livre la clé du titre de celui-ci. Une pièce forte et intense, mais qui reste aussi courte que ce qui fut présenté jusqu’à présent. Ce morceau est la balade regorgeant d’énergie que Sonata Arctica tente de nous offrir religieusement à chaque différent opus musical.

Un autre moment de remplissage pour le clavier, qui fait rugir son orgue et utilise avec parcimonie le piano et les cordes pour remplir le son et être à la hauteur de ce paradis dont l’on parle. Aucun solo n’est au rendez-vous, comme quoi le rôle d’Henrik ici est de maintenir ses ambiances le plus possible, même une fois rendu sur scène.

La guitare possède la place la plus importante pour ce titre. La vièle est utilisée quelque peu lors des moments plus acoustiques. Plusieurs styles sont donc superposés pour créer des moments doux comme plus tranchants. Un superbe solo accompagne la pièce, reprenant une partie du refrain afin de s’approprier la mélodie dès la première écoute. Un travail peu surprenant, mais infiniment bien réalisé encore une fois. Les moments acoustiques, plus particulièrement, sont superbes et il est impossible de s’en lasser.

La basse, très lente, apporte une grande partie de la lourdeur de la solitude, thème principal de la pièce. La batterie se permet quelques « fills » intéressants et sait se faire désirer lorsqu’elle arrête subitement de jouer avant chaque refrain.  Cette dernière semble vouloir rejoindre la basse par l’utilisation des tambours les plus graves le plus possible.

La voix ici fait sans doute le meilleur travail de versatilité de l’album jusqu’à présent. Le mot « heaven », maintes fois répété, ne manque jamais d’énergie et la myriade de petits solos de voix que Tony Kakko se permet rend la chanson vivante malgré son manque de vitesse. Comme quoi Sonata Arctica est officiellement passé maître des « mid-tempo », alors que la vitesse était autrefois sa marque de commerce premier. Les lignes de voix ne sont jamais pareilles ou presque, et les paroles viennent expliquer à l’auditeur le titre de l’album, le thème et le concept derrière toutes les pièces présentées. Le chant est de retour dans sa multiplicité pour donner l’impression que vingt chanteurs font office de rôle principal de cette formation. L’amitié et l’amour sont les sujets d’«Alone in Heaven », rappel que le paradis ne vaut rien si l’on est seul à le découvrir. Le vrai paradis est commun aux gens qui sont importants pour nous.

Collectionnant les hymnes épiques, « Stones grow her name » possède maintenant sa pièce maîtresse avec cette chanson aussi courte qu’entraînante. Personne ne voudrait se retrouver seul au paradis après cet avertissement vivifiant et sérieux. Une belle marque de maturité d’un groupe vieillissant, cette œuvre empile assez de qualités pour oublier le désir de vitesse que tout admirateur de Sonata Arctica peut posséder en son for intérieur.

7. The Day

À la fois timide et grandiose, cette chanson fait aussi rêver, misant sur la répétition pour faciliter l’entrée en transe de l’auditeur. C’est sans aucun doute le morceau ressemblant le plus au style de l’album « The days of grays » de tout « Stones grow her name ». C’est avec tristesse et lenteur que les secondes de la pièce passent, rendant nostalgique même le plus jeune d’entre nous.

Le piano remplit tout l’espace et semble littéralement s’envoler après son introduction, comme s’il était doté d’une conscience propre, qu’il prenait vie et redevenait doucement sous le contrôle du musicien au moment où le chant entre en jeu. Plusieurs sons sont utilisés, réalisant un bon mélange de piano, clochettes, chœurs et cordes. C’est ce mélange qui permet d’entrer aussi profondément dans l’histoire de l’œuvre.

La guitare n’a pas sa place dans « The day » et tout le monde en est conscient. C’est pourquoi elle se contente du minimum, et va plus loin lors de moments acoustiques, brillants à arme égale avec le clavier pour renforcer ces souvenirs propres à chacun que la pièce ramène à la surface. Toute la subtilité de Sonata Arctica est là : parvenir à utiliser de la distorsion dans la réalisation d’une chanson assez douce, voire fragile. Le jeu de guitare sait s’ajuster aux divers changements de la pièce, notamment lors des ponts, pour ne jamais accrocher avec l’ambiance même de l’ensemble.

Ce dut être difficile de créer une section rythmique adéquate pour une pièce aussi calme, sans pour autant qu’elle soit rangée dans la section ballade de l’album. La basse parvient à se tenir occupée, alliant innocemment vitesse, originalité et subtilité pour garder l’oreille occupée, sans détourner l’attention des paroles trop souvent. La batterie fait un travail de percussion pour cette pièce, cherchant des ambiances plus que des rythmes précis et puissants. Le jeu de Portimo devient de plus en plus mûr avec le temps, s’éloignant des méandres toujours pareils de la double pédale. Une chanson à se faire aller la tête, mais les yeux fermés, perdus dans ses pensées.

Les paroles étant susurrées plus que chantés, cela créé un effet de connivence avec la pièce, une espèce d’intimité unique qui permet de se transposer très facilement avec le narrateur de l’histoire. Une chanson triste certes, mais optimiste dans la croyance en la force éternelle de l’amour, élément manquant des autres paroles de l’album. Les harmonies de voix sont peu présentes, mais les effets sont utilisés avec les pincettes de l’efficacité. La vie dans toute sa tragédie, mais la vie se vivant à deux et se mourant à deux. L’éternité ensemble, au lieu d’une éternité solitaire.

Un autre micro chef-d’œuvre d’artifices tranquilles, « The day » fera sourire par sa mélodie au piano, réfléchir par la réalité de ses paroles et rougir par la maîtrise de ses arrangements. Abonnée, au club des douces lourdeurs, cette chanson s’inscrit très bien dans un album direct et plein comme le dernier bijou du groupe.

8. Cinderblox

Tissus d’originalité, « Cinderblox » est le petit côté effronté de Sonata Arctica, son désir de provoquer, présent depuis « Unia », qui repousse toujours plus loin la définition de métal comme genre musical. Cette fois, c’est en assumant un fort penchant country que la formation détonne.

Le clavier se met en retrait ici, pour faire place à son collègue violon, tout à fait à propos dans une pièce comme celle-ci. Retranché à quelques accords, l’orgue finit tout de même à se frayer un chemin et à briller plus que dans toutes les autres pistes de l’album! Un solo d’orgue vient décupler cette vitesse plus qu’appréciée après toutes ces chansons plus calmes. Un solo de clavier sera aussi présent, faisant beaucoup « finale d’album ». Le clavier a donc dans l’ensemble une bonne grande place ici, travaillant de pair avec un violon rapide et festif pour contribuer à cet hymne à l’ivresse et la perdition humaine.

Pour la guitare aussi, un travail de partage doit être effectué, puisqu’un banjo s’insère pour compléter le tableau country recherché par la formation. Ne se détrompons pas, la guitare est tout de même présente, avec force et vitesse, qui plus est. Elle sera moins facilement discernable sous cette mélodie rieuse au banjo, mais se reprendra tout à fais lors d’un long solo parmi les plus rapides depuis l’arrivée de Vilijanen. Du banjo et de la guitare électrique, quel mélange surprenant et amusant chez Sonata Arctica !

La section rythmique ici s’occupe du côté vitesse et du côté étrangeté. Le début de la pièce perdant de sa joie grâce à la basse, gagnera en vitesse aussi grâce à celle-ci, secondée par la batterie progressant subtilement vers son rythme recherché, pour une pièce un petit peu plus « power métal » que les autres. Il faut aussi mentionner la présence d’une contrebasse, pour la section acoustique, plus appropriée pour mettre en valeur le violon et le banjo. Cette section de la pièce n’est donc presque pas jouée par la formation, mais se fond parfaitement à l’univers construit pour l’occasion.

La voix dans « Cinderblox » est rock, métal et country au besoin, semblant sortir tout droit d’un bayou et d’autre fois étant très fidèle à la sonorité habituelle du groupe. Parlant des mauvaises actions que l’on peut faire devant une jolie femme, cette pièce ne se prend pas totalement au sérieux, se contentant de dénigrer ladite demoiselle, clin d’œil cynique à la réaction de plusieurs messieurs dans ce genre de situations. S’amusant à jouer avec sa voix, le chanteur se permet d’aller rejoindre le côté festif des instruments exotiques utilisés dans le morceau. Rien n’est impossible lorsque les genres sont mélangés et que la vitesse est au rendez-vous.

Tellement étrange que rapidement amusante et chérie dans sa bizarrerie, cette pièce unique à tout pour plaire, avec un minimum d’ouverture d’esprit. Une chose est certaine, un tel mélange ne peut qu’apporter un bienvenu vent de fraîcheur dans une industrie s’enfonçant trop souvent dans des formules toutes faites ou des styles enfermés à clé. Ce que le groupe fait ici, c’est chanter et danser sur le pathétisme de l’humanité devant une jolie personne. Un sarcasme heureux, voilà ce qu’est cette pièce.

9. Don’t be mean

Avant deux longues chansons concept, une ballade est la pause idéale pour se remettre d’aplomb et se préparer à une saturation de sens. Voici à quoi sert cette pièce : calmer le jeu, clore toutes les émotions présentées dans l’album, faire un retour sur le tout et apporter une réflexion nouvelle sur le sujet.

Un piano électrique, tout droit sorti de « The days of grays », accueille l’auditeur avec la charmante voix de Tony, tout en douceur, tout en vulnérabilité. Un piano standard est ensuite utilisé, pour une continuation plus ordinaire, permettant un orgue subtil sans froncements de sourcils. Le violon monte ensuite sur le podium avec une mélodie des plus somptueuse. Un mélange des deux types de piano apporte alors des cordes et un autre orgue, pour que cette balade soit empreinte de différences minimes, mais bien présentes.

La guitare reste acoustique pour accentuer l’effet balade. Rien qui ne se joue pas autour d’un feu. Le guitariste y va d’une simplicité volontaire qui se doit  d’être encore plus prononcée pour une chanson aussi doucereuse que « Don’t be mean ». Quelques accords bien placés peuvent parfois éclipser le joueur le plus virtuose, surtout quand ces accords servent à supporter un violon aussi communicatif.

Une batterie tout en minceur, mais qui sait changer de section avec substance, et une basse plus présente que jamais, offrant quelques lignes simples et rappelant la présence d’un groupe de métal derrière les instruments. Comme quoi la section rythmique doit amasser son énergie pour les deux monstres à venir après ce gentil interlude.

Tony Kakko à son meilleur, chargé d’émotions et vivant chaque parole comme si c’était sa dernière. Un sens plus mitigé, moins négatif, plus protecteur. On parle de prendre soin de l’autre, de cesser le feu, de s’entraider. L’histoire raconte aussi cet étrange besoin de mélancolie nous affectant tous à un certain moment. Le chanteur chante une délivrance paisible, une brisure qui ne doit pas être méchante. Il demande une amitié derrière la douleur que l’amour a pu apporter. Il transpose un autre désir humain en une balade ouverte et calmante. La voix est poussée lorsqu’il le faut, et se transforme en grave murmure quand les mots le demandent.

« Don’t be mean » rappelle les chansons lentes des premiers albums, avec le violon comme émissaire de la période présente. Si Tony Kakko par hasard n’avait pas réussi à toucher son audience avec les premières pièces, il irait chercher les sceptiques avec ce poème universel et proprement accompagné. Ce genre de balade gagnerait à passer à la radio, puisque possédant un réel message, plus complet qu’un triste premier degré. Après autant de sérénité, la place est toute prête pour les suites de « Wildfire ».

10. Wildfire II – One with the mountain

C’est la première fois que Sonata Arctica reprend une ancienne chanson pour en faire une suite. Il faut bien le comprendre, la reprise ne se situe au niveau de l’histoire, en aucun cas dans les thèmes musicaux. Voici donc la première suite de la déjantée « Wildfire » présentée en 2004 dans l’album « Reckoning night ».

C’est le retour d’un mélange des derniers albums du groupe pour ce qui est des sonorités au clavier. Beaucoup de piano, encore du violon, des ambiances mystérieuses et épiques comme sur « Unia » ainsi que les sons électroniques nouveaux de ce dernier opus. Il faut dire qu’il y a du clavier à peu près partout, mais qu’il est difficilement discernable après seulement une écoute de cette longue pièce de huit minutes. Peu de mélodies, mais énormément de couches d’accompagnement, même si ces quelques endroits faisant exceptions sont plutôt uniques côté sonorités chez Sonata Arctica. La place est laissée à la voix, fait étrange qui aurait pu être plus équilibré avec une pièce aussi exhaustive.

La guitare pour la première suite de « Wildfire » est plutôt éreintante, très simple et rythmique, comme sur « The days of grays ». Elle gardera un rôle de soutien très minimal pour ne pas gâcher la progression de l’histoire. Elle laisse une fois place à la vièle pour un moment acoustique et n’est présente qu’après la longue intro aux instruments nouveaux, où le banjo fait un retour. Un solo est inclus dans cette grande fresque, mais reste le seul élément mélodique ou rapide à la guitare pour cette deuxième partie.

La contrebasse est la première à pointer le bout de son nez sur « One with the mountain ». Très Rockabilly, elle donne tout l’entrain à cette introduction des plus jouissives. La batterie se permet quant-à-elle quelques folies une fois la chanson bien commencée, avec quelques rythmes rapides et des sections seules avec la guitare. La basse ordinaire va suivre la guitare le plus clair de son temps, insistant sur la rage du narrateur dans ce retour au village, une rage empreinte d’un feu plutôt sauvage.

Le travail du chant redevient remarquable dans ce morceau, où l’immensité du texte permet au chanteur d’exploiter tous ses styles vocaux, de laisser des parties aux secondes voix et de jouer avec les mélodies d’un paragraphe à l’autre. Grande histoire tragique, « Wildfire » est comme une vengeance naturelle d’humains chassés d’un village il y a longtemps, comme si l’humanité avait chassé la nature elle-même à l’époque. Un texte écrit est proposé durant l’introduction de la pièce, mettant en scène l’histoire où elle en est alors. Traitant encore de la façon dont on élève la prochaine génération, l’histoire de la chanson raconte donc cette fougue de la nature qui pourrait se venger d’être aussi mal traitée.

Cette suite d’une œuvre composée il y a huit ans raconte une histoire originale et sombre, mais ne se tient pas assez en tant que chanson pour se hisser au sommet des chefs d’œuvres du groupe. C’est une très belle forme d’art que ce concept musical et lyrique, mais qui sera sûrement difficile à montrer à un public habitué à des hymnes courts, rapides et assez simples. Tout comme « Unia », cette pièce désintéressera les musiciens purs, puisque sans le texte, ne reste que le vide accusateur de l’accompagnement bien orchestré, mais dénudé de sa raison d’être, accompagner ce qui est vraiment important.

11.  Wildfire III – Wildfire town, population: 0

La finale de cette grande histoire où la nature gagne sur tous les fronts, la fin d’un monde, la vengeance finale de la nature sur l’égoïsme de l’être humain. Un peu plus équilibrée que la précédente, cette pièce est tout de même marquée par divers arrêts frôlant le manque d’inspiration pour mettre en lien différentes sections.

Un étrange son électronique percussive créée une introduction des plus méchantes à la guitare. Pour une finale aussi enragée, il fallait débuter dur. Pour le reste, le piano est l’élément principal du tableau. Des « pads » clairs, une trame sonore de la nature, un interlude orchestral, ce sont quelques-uns des dizaines d’effets au clavier employés durant cette finale tout aussi longue que la première suite. Le clavier a quelques mélodies, parfois totalement seul avant de changer de section. Le travail au clavier sauve sans conteste cette chanson, la rendant beaucoup plus intéressante et mélodique que « Wildfire II ». Le violon brille une dernière fois, accompagné d’un orchestre complet, comme mentionné plus haut, pour permettre à l’auditeur de ressentir tout le tragique de cette finale inévitable.

La guitare aussi sait se démarquer un peu plus. Son jeu ressemble à celui de la pièce précédente, mais est un peu plus à propos et moins souvent identique d’un endroit à l’autre. Sans être un élément majeur de la pièce, cette guitare reste tout de même essentielle pour transporter la force du feu, comme autrefois sur la première « Wildfire ».

La batterie est super rapide et la basse la suit sans aucun problème. Tout en pesanteur, cette vitesse se donne le mandat d’entraîner l’auditeur dans la violence de l’histoire de l’œuvre. Ce marathon de rythme semble beaucoup plus inspiré que le dernier, pour un effet bien plus amusant à écouter, voir une chanson progressive mélodiquement viable et rythmiquement possible hors de l’obligation de suivre le débit des paroles.

Tony Kakko raconte une histoire, la fin d’une histoire. Il la raconte avec la puissance du désespoir et la force même du feu qui consume l’humanité dans ses paroles. Mélanges harmoniques déconcertants propres à Sonata Arctica et rimes enchaînées à la vitesse de la lumière ne font qu’ajouter à la beauté spéciale du texte. La nature gagne, et gagnera toujours, tant que l’humanité ne choisira pas de vivre avec elle au lieu de tenter de l’asservir. Quelques mots en suomi sont mêmes présents, en plus de ces dernières phrases parlées, environnementalistes et profondément déconcertantes. Cette chanson est comme un ordre direct à la population. « Wildfire III » est une sombre prophétie, pouvant trop facilement se réaliser au sein du monde dans lequel nous vivons aujourd’hui.

Se terminant sur la voix de la nature seulement, cette énorme pièce commencée huit ans plus tôt se termine par ces seize minutes de douleur et de vengeance. Sonata Arctica a su prouver à tout le monde qu’après un album jonché de chansons courtes et directes, il peut encore offrir ses deux pièces les plus progressives à ce jour. Bel équilibre pour terminer cet album, même s’il est un peu compliqué de mettre en lien ces deux chansons avec la thématique du reste de l’album. À moins que cette femme dont on parle depuis le début soit mère Nature elle-même?

Tonight I dance alone (Bonus Nord-Américain)

Toute petite balade tout en gentillesse, ce bonus réservé à l’Amérique devient la chanson la plus simple de l’album. Un élément par instrument, rien de spécial dans une œuvre aussi belle que courte.

Un petit orgue sympathique et un « pad » tout aussi tranquille font le tour de la production au clavier pour cette pièce. Quelques accords pour supporter la guitare acoustique, ni plus ni moins.

Une guitare plutôt calme après son déchaînement lors des « Wildfire », suivant religieusement le même « riff » encore et encore, jusqu’à un solo très mélodique, mais calqué sur ce que la voix fait déjà en grande partie.

La batterie essaie de se faire la plus discrète possible, ne gagnant en ampleur que lorsque la guitare est rendue à son solo avec distorsion. Le jeu de cymbale est par contre très intéressant et garde l’oreille occupée. La basse est bien plus présente, mais aussi lente que tout le reste, pour ne pas jurer avec l’ambiance générale.

Le chant ici est très unidirectionnel, mais fonctionne dans la mesure où l’on revient aux thématiques de l’album : les déceptions amoureuses et la solitude. Bien plus triste que les autres pièces présentées avant, « Tonight I dance alone » est touchant par son témoignage très personnel, chose tout de même connue avec ce groupe. Tony sait vivre chaque mot, et le fait encore une fois sur ce bonus.

Petite chanson qui a tout pour se retrouver lors d’un interlude acoustique en spectacle, cette pièce n’a rien de méchant, mais ne surprend ni ne se démarque totalement. C’est une balade de Sonata Arctica sans fioritures, mais tout de même un beau poème accompagné d’une magnifique mélodie.

One two free fall (Bonus Japonais)

Que d’énergie et de festivité pour ce dernier bonus rappelant à tous que Sonata Arctica est encore très capable de faire des chansons comme avant, mais qu’il se les réserve comme bonbon au lieu des inclure à même l’album.

Avec ces quelques accords étranges en début de chanson, l’auditeur ne peut savoir quelle explosion d’énergie il aura à confronter dans les secondes à suivre. Beaucoup d’orgues, mais aussi une entraînante mélodie en duo avec la guitare exactement comme sur « Flag in the ground » font partie des essentiels au clavier pour cette pièce. Le premier couplet se fait au piano, qui semble énervé, voulant faire le plus de notes possible avant que tout le groupe ne le rejoigne. Plus tard dans la pièce, après une montagne de cordes et d’orgue, l’amateur de vieux Sonata Arctica verra cette alliance clavier/guitare se déchaîner pour un solo à deux, aussi rapide et déjanté que les meilleurs moments de « Children of Bodom ».  Une pièce qui fait du bien, et qui doit permettre à Henrik de se dégourdir un peu vu son manque de solos dans l’album principal.

La guitare se permet quelques accents  « 80’s » avant de se lancer dans cette mélodie folklorique et souriante. Elle n’aura aucune peine à soutenir le rythme de la chanson, toujours rapide, lourde et digne du « Power métal ». C’est un des jeux les plus confiants et efficaces offerts par Vilijanen dans cet album, mis à part les premières chansons critiquées plus haut. Le solo semble toujours aller plus vite et est réalisé avec talent, en plus d’être mêlé aux folies du clavier. Chaque changement d’ambiance se voit effectué avec la guitare en tête de cortège, toujours prête à époustoufler dans les quelques minutes de la pièce.

Le cœur de toute cette énergie provient bien entendu de la section rythmique, de retour avec un mur de son ordinaire, mais toujours très efficace pour soutenir une mélodie aussi rapide et mise en évidence. C’est un autre sprint signé Sonata Arctica que le groupe nous offre ici, comme à l’époque des premiers albums. Chose plus récente, les changements de rythmes fréquents pour accompagner les paroles rendent la chanson bien plus dynamique et originale. Chevauchant le métal folklorique, le hard rock et le « Power métal » un à la suite de l’autre, la batterie et la basse font chacun le travail, sans jamais voler la place de l’autre.

C’est en criant que Tony Kakko fait son entrée dans la toute dernière pièce disponible pour « Stones grow her name ». Un chant doux pour débuter, accompagné d’un piano impatient, pour ensuite enchaîner avec un couplet coulant exceptionnellement bien sur ce rythme rapide. Un refrain qui s’imprimera dans l’esprit de chacun, aussi heureux mélodiquement que tragique et colérique dans ses paroles. Les harmonies de voix sont nombreuses, reprenant des phrases ou doublant la voix principale, toujours à point, ajoutant à cette vivacité de la pièce. L’utilisation du mot « jump » à même les paroles fera un malheur en spectacle. Comme si ce n’était pas assez, Tony se permet même de reprendre un paragraphe encore plus rapidement, avant de crier comme au début, pour bien terminer cette boule d’énergie avec toute la fougue dont il est capable. Une chanson qui parle de libération, d’être intègre à soi-même, de suivre ses désirs si l’on ne se sent pas bien dans une situation. Un message fort, pour un morceau tout aussi puissant.

Ce tout dernier aperçu est tout ce qui manquait à « Stones grow her name » pour bien réunir tous les styles de Sonata Arctica. Avec cette finale heureuse et inspirante, l’espoir est rendu à un narrateur malheureux et prisonnier durant tout l’album. C’est la sortie de secours, faite par soi même, que représente cette chanson. Elle n’est pas lyriquement joyeuse, mais présente une opportunité, une option nouvelle : le contrôle. C’est le seul élément qui semblait manquer à chaque pièce, mais qui complète bien le tableau avec ce bonus selon moi incontournable dans la mise en scène de l’album.

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