Critique : Mitchel Scanlon – Descent of angels (roman)

(Par Jérémie Bernard)

Avec l’œuvre de Scanlon, la série grandiose sur l’histoire d’Horus et de ses complots dantesques est mise brutalement de côté. L’auteur remonte considérablement le temps pour raconter l’histoire particulière de la première légion : les « Dark Angels ». Bien connue des adeptes de l’univers de Warhammer 40k, cette légion s’est vue séparée de son Primarque dès sa naissance, contrainte alors de le retrouver dans l’immensité de la galaxie. Avec une certaine lenteur et un souci du détail fort prononcé, Mitchel Scanlon raconte donc la vie difficile sur Caliban, où Lion El’Jonson, Primarque de la première légion s’est retrouvé coupé de ses racines terriennes, loin de la protection de l’Empereur et de l’Impérium de l’humanité.

Les premières questions du lecteur parmi ces dizaines de pages de chevalerie et d’honneur sont : quel est le rapport avec Horus? Où est l’hérésie dans tout cela? Scanlon prend la peine de bien asseoir son environnement avant de débuter son histoire. Il y va même d’un prélude pour permettre une plus grande compréhension des enjeux et des valeurs du peuple qu’il met en scène durant son roman, les humains allant rejoindre la grande croisade et les « Dark Angels », aux ordres du Lion. Les interrogations s’amincissent au fil des pages, le niveau de détail apporté par l’auteur rendant le tout assez lourd par moment alors que si peu d’informations sur le théâtre d’action de la série sont données.

Est racontée au lecteur l’intégralité du processus d’intronisation d’un chevalier dans « l’ordre », jusqu’au point culminant où les personnages principaux sont choisis pour devenir de puissants Astartes après la visite de l’Empereur sur Caliban. La vitesse de la narration ressemble beaucoup aux romans d’Harry Potter dans la mesure où l’on voit évoluer des adolescents dans un apprentissage multiple, une camaraderie franche et des défis quotidiens les rendant exceptionnels.

Le premier indice d’hérésie dans « Descent of Angels » provient de la nature malsaine des créatures peuplant Caliban. Ces êtres pourchassés par Lion dès qu’il est amené à la civilisation sont issus du Warp. Le lecteur assiste donc à une reproduction naïve, mais très bien rendue de la grande croisade de l’Empereur sur la surface de Caliban, impliquant un futur Primarque et sa horde de loyaux chevaliers. Tous les thèmes sont présents : La présence d’éléments ne désirant pas suivre les préceptes de la croisade, la présence du chaos comme force principale contre cette croisade et aussi un désir de tricherie à l’encontre de l’Empereur lorsque celui arrive sur Caliban. Il ne faut donc pas voir « Descent Of Angels » comme une continuité de la série, mais bien un élément y ressemblant à une échelle microscopique, racontant par le fait même l’histoire d’une des plus grandes légions Space Marine. C’est en plongeant autant le lecteur dans le dogme et les rites de Caliban que le roman parvient à faire comprendre à quel point cette planète aurait pu avoir un tout autre destin à chaque moment de son existence.

Ce roman possède une petite déception pour tout amateur du chaos, ce qui inclut une bonne majorité des lecteurs de cette série : l’on n’apprend rien sur la chute de Cypher, personnage mythique dans l’univers de Warhammer 40 k. L’on sait que l’ancien Cypher disparaît, mais aucun détail n’est donné sur son sort. Le lecteur doit alors espérer que certaines réponses seront présentes dans la suite de cette saga représentant les « Dark Angels ». En plus des longueurs ressenties à suivre le lent apprentissage d’aspirants chevaliers, cette porte grande ouverte non exploitée qu’est Cypher fait partie des défauts non négligeables de ce roman.

La séparation en différents livres propre à la série est beaucoup plus claire et importante dans le roman de Scanlon. Chaque partie marque une étape cruciale dans l’évolution de Zahariel, personnage principal et dans sa relation avec ses chefs, ainsi que son cousin Nemiel, frère d’armes depuis son plus jeune âge. Une première section est sur Caliban et ses dangers, la deuxième encore plus précisément sur les monstres qui la peuplent, par le point de vue de Zahariel qui voit sa vie changée à cause d’un spécimen lui permettant de devenir chevalier et de faire face à la mort. La troisième section introduit la venue de l’Impérium sur Caliban et les changements drastiques imposés à ce peuple reclus de fiers guerriers. Cette troisième partie est la plus étrange à la lecture. Autant les changements sont trop rapides et nombreux pour les calibanites, autant le lecteur peine à se retrouver dans une narration beaucoup plus rapide impliquant des changements bien plus radicaux que tout ce dont il a été habitué depuis le début du livre. Cette partie représente bien le chaos d’une annexion rapide et procure un malaise sûrement voulu au lecteur qui a appris à apprécier les façons de faire de Caliban parmi toutes les pages où il subit le même apprentissage que les personnages. Une fois le premier choc culturel passé, Scanlon applique son style particulier et sa narration détaillée à l’univers connu des lecteurs de la série, question de le préparer à la dernière section.

La quatrième section est sans conteste la plus intéressante du lot, grâce à la patience et la minutie de l’auteur de fournir autant d’éléments d’informations au lecteur pour en arriver à l’action finale. Construite réellement comme un court livre, elle raconte une mission que les nouveaux « Dark Angels » auront à faire en présence de leur Primarque. Ces cent dernières pages se lisent dans le temps de le dire, remplies d’action, de rebondissements, d’éléments étranges et de descriptions s’ajustant au niveau grandiose et puissant des autres romans de la série. Cette minihistoire à elle seule vaut la peine d’avoir lu le reste du roman, malgré sa lointaine appartenance aux Space Marines à cette époque pré impériale. C’est par une fin malaisée que Scanlon choisit de terminer son histoire maintenant bien ancrée dans la tradition « Dark Angels».

Sauvé par une fin rocambolesque et un style d’écriture lourd avec des chevaliers, mais élégant et poignant avec des Space Marines, « Descent of Angels » reconstitue bien les enjeux importants et les forces contraires de la série tout en apportant une claire lumière aux lecteurs quant à la naissance de la première légion. Faisant une pause de l’histoire principale, ce sixième « Horus Heresy » possède tout de même assez d’éléments pour comprendre le manque de moyens qu’ont les hommes à l’époque pour combattre le Warp et les sombres divinités qui en sont issues.

 

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