Critique : Le liseur (film)

(Par Panda)

**CET ARTICLE RÉVÈLE L’INTRIGUE DU FILM! **

C’est tout de même drôle. J’ai acheté ce film banalement, voilà quelques années déjà. Il trainait dans mon meuble muni de quelques DVDs. Quelques mois plus tard, mon frère me demande un bon film à écouter. Je lui ai tendu ce film, ne sachant aucunement ce qui en découlera. C’est avec acharnement qu’il a réussi à me faire écouter ce chef-d’œuvre, comme je le considère maintenant. Préparez-vous, cette critique révèle l’intrigue du film!

C’est donc avec grand étonnement que j’ai apprécié ce film. Il relate l’histoire du jeune Michael Berg (interprété par David Kross), sauvé de la maladie par Hanna Schmitz (parfaitement jouée par Kate Winslet), une Allemande avec un air sérieux qui vérifie des tickets de train. Cet adolescent, une fois guéri, revient voir son sauveur à son domicile. Une relation s’installe dès le moment où Michael aperçoit Hanna se déshabillant. Une certaine perversion s’installe. Ce n’est plus qu’une relation « sauveur, je te remercie », mais plutôt une relation romantique. Je pourrais même dire plus sexuelle au commencement de l’histoire. C’est même elle qui lui apprendra les bases de la sexualité.

On pourrait s’attendre qu’à une relation purement sexuelle entre cette femme de la trentaine (voir quarantaine) et ce jeune homme. Par contre, un élément vient chambouler la routine : la lecture. En effet, au grand plaisir d’Hanna, Michael lui fait la lecture. De l’Odyssée d’Homer à Tintin d’Hergé, Michael lit tout ce qui lui tombe sous la main. Rien ne pourrait rendre Hanna plus heureuse. Son côté rigide disparaît. On voit en elle un être humain, qui n’attend qu’une occasion se présente pour s’épanouir. Nous voyons sa vulnérabilité transpercer sa rigidité de la vie quotidienne. Ce que nous apprenons par la suite, c’est qu’elle est incapable de lire. Cela la nuit aujourd’hui, mais la nuira davantage dans le futur, comme cela lui a nui dans le passé.

Justement, parlant du futur. Revenant de l’école, Michael se rend à l’appartement d’Hanna, pour le découvrir vide. Elle s’est enfuie aussi vite qu’elle est apparue. Cela marque énormément le jeune homme. Cela ne l’empêche pas d’avancer dans la vie. Il étudie le droit au Heidelberg Law School, vers la moitié des années 60. C’est grâce à son succès dans ses études qu’il est amené à assister à une audience pour crimes de guerre, survenus pendant la Seconde Guerre mondiale. Cette audience se tient, car une survivante a écrit un livre sur ce qu’elle a vécu dans les camps. Elle a aussi indiqué 6 femmes qui dirigeaient le camp. Qui reconnait-il sur le banc des accusés? Nul autre que sa belle Hanna! Il se rend compte que les crimes qu’elle a commis sont impardonnables, mais qu’elle n’était pas totalement consciente de ses actes. En effet, son incapacité à lire rendait ses possibilités d’emplois assez restreintes. Elle s’était jointe aux SS vu que c’était rapide, facile, et qu’elle n’avait pas besoin de lire. Les autres femmes œuvrant pour les SS ont mis la faute sur elle, car elles savaient qu’elle ne pouvait pas prouver son innocence. En effet, honteuse d’elle-même d’être incapable de lire ou écrire, elle prend la faute sur elle. Elle n’ose pas avouer qu’elle n’a pas écrit ledit rapport rapportant les pires crimes du camp. C’est avec injustice qu’elle se voit recevoir la pire sentence.

Vous allez me demander pourquoi je n’ai toujours pas parlé de l’apport de Ralph Fiennes jusqu’à maintenant. En effet, il joue le rôle de Michael Berg, mais plus âgé. Nous le voyons alors qu’il est un avocat reconnu, et bien en place. On se rend compte qu’après toutes ces années, il pense à Hanna, son premier amour. Qu’il croit en sa vulnérabilité, sa naïveté, son innocence! Il va même lui apprendre à lire, sans le savoir, par l’entremise d’une audiocassette!

C’est avec brio que Kate Winslet nous transmet l’émotion qui émerge de son personnage. On ressent la détresse de cette femme, mais aussi la détermination des acteurs incarnant Michael (autant David Kross que Ralph Fiennes). En écoutant ce film, on peut se demander comment des hommes, mais surtout des femmes, ont pu commettre des crimes aussi graves. C’est à se demander jusqu’à quel point des individus peuvent agir sous la contrainte de l’autorité. C’est à se demander comment une femme peut avoir si honte d’être illettrée qu’elle accepte la responsabilité de toutes les autres femmes nazies.

 

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