Critique : Le justicier masqué (film)

(Par Martin Gioffre)

Johnny Depp et Jack Sparrow sont la même personne. Ou du moins, il semble difficile de sortir le Sparrow du Depp, puisqu’ils semblent si intimement liés. Il ne faut pas se leurrer, le personnage reste drôle ! Mais Johnny (on s’appelle par nos prénoms, lui et moi) semble avoir de la difficulté à se réinventer avec ce Western comique. Il semble aussi très difficile pour lui de se séparer d’Helena Bonham Carter. Johnny Depp reste malgré tout le maître incontesté du déguisement : il peut prendre n’importe quel costume et le porter comme un gant. Il s’y adapte, s’y mêle, prend sa forme.

Les États-Unis, dans leur plus jeune temps, étaient très difficiles à traverser. Il s’agissait souvent d’un combat contre la mort. Le chemin de fer devait changer la face du pays et lui donner les clefs du monde. Sauf quand le progrès devient un instrument politique.

C’est l’histoire de Tonto, un Indien à moitié cinglé et d’un stupide homme blanc nommé John Reid (le lone Ranger) qui doivent affronter des hors-la-loi meurtriers. Pourquoi ? Ils ont tué le frère de John. Ils ont aussi kidnappé la veuve et leur fils. Alors que les deux comparses poursuivent la bande de coyotes, ils entrevoient une immense toile. Une toile ? D’araignée ? Nope. Une toile de liens, de coïncidences, de supercheries, de complot… La corruption n’a pas commencé à Laval ni à Montréal, et on le voit bien. C’est une tradition politique pluri centenaire !

Beaucoup d’humour a été mêlé au film. Un peu trop peut-être. En effet, bien que le film semble avoir la prétention d’être un film « pour toute la famille », il est clair qu’il n’est accessible qu’à un public plus vieux. La violence y est à découvert et l’ambiance est souvent sombre et morbide. On trouve aussi, dans le film, plusieurs scènes humoristiques où le ridicule est exagéré et pas très réaliste. Par contre, il est certain que vous rirez durant le Lone Ranger ! Car bien qu’il soit parfois un peu mal dosé, il reste qu’il l’est souvent très bien (dosé) ! Et Johnny Sparrow-Depp a toujours ce don de faire les pires pitreries et s’en sortir quand même.

Les personnages sont authentiques, joués par des acteurs chevronnés et bien dirigés dans leur rôle. La ligne du temps, les paysages et les traditions d’époque sont respectés, sauf la récurrente capacité des revolvers, communément appelés six-coups… Et pourquoi sont-ils appelés comme cela ? Ben tiens ! Parce qu’ils peuvent tirer chacun jusqu’à 30 coups, comme dans le film. Ah ? Ce n’était pas comme ça dans le bon vieux temps ? Et merde. Ça me coupe les jambes, ça !

Et voilà maintenant quelque chose qui ne me coupe pas les jambes tant que ça : malgré la présence de Johnny Depp, le film peine à décoller au box-office. Pas que ce ne soit pas un bon film. Mais il n’est pas « excellent ». Il se laisse plutôt bien regarder par contre ! Les deux heures et demie se sont laissées regarder sans problème, et je n’ai pas regardé ma montre une seule fois de toute la séance (un très bon signe).

À louer.

 

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