Critique : Jean-Claude Mourlevat – Le combat d’hiver

(Par Sophie Vaillancourt)

C’est la guerre.

Du moins, ce l’était jusqu’à il y a une douzaine d’années, lorsque le gouvernement (appelé la Phalange) a fait taire toutes les voix de la résistance. Pour toujours.

Des hommes et des femmes ont disparu du jour au lendemain, tout simplement parce que leur opinion ne concordait pas avec celle de la Phalange.

Les années ont passé, les ardeurs se sont refroidies jusqu’à s’éteindre. L’espoir persiste toujours dans le cœur de certains, mais il n’est qu’une toute petite flamme qui ne demande qu’à devenir brasier. Et il y a une chose, une seule et unique chose, qui peut remplir ce mandat : la relève de la résistance, reprenant le flambeau de la révolution.

Helen Dormann et Milena Bach en seront. Malheureusement, elles sont retenues, un peu contre leur gré, dans un orphelinat, convaincues qu’elles ne sont personne, comme tous les autres pensionnaires de ces prisons. Or, tous sont les enfants des membres qui ont jadis fait partie de ce groupe de révolutionnaires qui revendiquaient la liberté du peuple face au despotisme de l’État. Et ce dernier garde tous ces jeunes captifs, dans l’ignorance, redoutant ce qu’il pourrait advenir si jamais ils se rebellaient. Avec raison.

Un jour où Helen est déprimée, elle demande à aller voir sa Consoleuse et se fait accompagner par Milena. Les deux jeunes filles ne se doutent pas qu’elles feront une rencontre qui changera leur vie.

En effet, elles croisent Bartolomeo Casal et Milos Ferenzy, deux pensionnaires de l’orphelinat pour garçons, qui, eux, reviennent du village des Consoleuses. Comme ce sont les premiers garçons qu’elles croisent lors d’une sortie, les deux jeunes filles font rapidement les présentations et ils promettent tous les quatre de s’écrire des messages, et de se les envoyer par le courrier illégal qui existe entre les deux établissements. Cette promesse faite, les duos continuent leur chemin.

Alors qu’Helen est chez sa Consoleuse, Milena va bouquiner à la bibliothèque du village. Mais lorsqu’Helen va la retrouver, une surprise l’attend : Milena a disparu! Et le plus grand des hasards fait que Bartolomeo n’est pas rentré à son pensionnat. Lui aussi.

Débute alors une aventure folle, dans laquelle s’embarquent Helen et Milos afin de retrouver leurs amis et d’accomplir leur destin. Milena et Bart seront les deux figures les plus importantes de cette révolution, l’un acquérant le soutien du peuple des Hommes-Chevaux, l’autre soulevant le peuple de sa voix en or, quoique tout sera perçu du point de vue d’Helen ou de celui de Milos.

Je ne suis honnêtement pas surprise de la qualité de ce roman de Mourlevat. Après avoir lu Terrienne, l’été dernier, je savais qu’il était un grand écrivain. Je n’ai pas été déçue du Combat d’hiver qui semble si réel, si authentique, rempli d’émotions fortes, de questionnements, et, surtout, de pincements au cœur. Mourlevat m’a même frustrée, vers la fin du récit, mais je ne dirai pas pourquoi. Pour ceux qui s’y connaissent un peu, je suis une grande adepte de l’idéologie de consolation… et ce n’est malheureusement pas tout à fait ce que se passe dans Le Combat d’hiver

Allez! À vos bouquins!

 

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