Critique : Helloween – Straight out of hell (CD)

(Par Jérémie Bernard)

Les gars d’Helloween commencent sérieusement à se faire vieux. Pas nécessairement dans leur énergie, ni dans l’exécution de leur musique. Non. Ils commencent à se faire vieux, donc à tourner trop facilement autour du pot et cela, sûrement sans s’en rendre compte. Straight out of Hell n’est pas un mauvais album, mais il est loin d’atteindre les sommets vertigineux dont le groupe nous as habitués, et ce, même jusqu’à très récemment. Voici pourquoi.

Le pire, c’est que j’ai failli me faire avoir. La première chanson du lot, Nabataea, je l’ai trouvée franchement excellente ! Cette pièce peut facilement selon moi s’insérer à côté d’autres bons classiques du groupe et du genre. Elle représente un bon mélange des longues pièces du passé de la formation qui prend la peine de raconter une histoire avec le son tout particulier apparu avec l’album Gambling with the devil en 2007. Cette chanson métaphorise l’enfer dans la conquête de l’Amérique par les Espagnols, par les massacres des grandes civilisations qui se trouvaient là avant que les Européens ne débarquent avec leur religion, leurs maladies et leurs armes à feu. Jusque-là, tout va bien. Mais ensuite?

Dès la deuxième pièce, Helloween tombe dans un power metal peu récherché qui ne manque pas de vitalité, mais qui est facilement détruit par n’importe quelle autre chanson de ce type du catalogue passé du groupe. Je ne veux pas jouer la note nostalgique, mais bien rappeler à tout le monde qu’il y a toujours une limite à rester dans un style très particulier comme le power metaldurant des décennies sans jamais se répéter. Ce que je trouve affligeant sur Straight out of hell, ce n’est pas tellement de trouver des pièces proches des plus anciennes chansons du groupe, mais bien de revivre des compositions déjà présentées avec quelques mineures différences dans Gambling with the devil et 7 sinners, les deux albums précédents. Le groupe semble s’être un peu assis sur le son qui l’a remis sur la carte, et pour ça l’album entier perd des points selon moi.

Que reste-il d’intéressant sur Straight out of hell? Plein d’éléments, à ma grande surprise ! En effet, le disque est d’une qualité plutôt inégale, passant d’une chanson sans saveur à une petite perle qui surprend dès la première minute d’écoute. Je parle surtout ici de pièces comme Live now!Waiting fo the thunder et Asshole. En fait, chaque pièce a son petit quelque chose d’amusant, d’agréable, d’Helloween, mais je vous avise que tout cela perd de sa magie lorsqu’écouté d’un seul trait. Insérez l’album mélangé au reste de votre discographie. C’est mon conseil.

J’ai remarqué que, personnellement, les compositions qui ont le plus attiré mon attention sur l’album sont toujours (ou presque) celles d’Andi Deris, le chanteur. Ce dernier semble avoir encore une certaine flamme capable de créer quelque chose de différent tout en prenant soin de conserver le genre Helloween très bien perceptible. Si ce n’était pas d’une flopée d’excellents solos de guitare et d’un travail remarquable (pour tout l’album, encore une fois) à la batterie, j’aurais facilement pu affirmer que Deris a su sauver cet album.

La pochette fait très « Helloween des années 90 », mais je sais que ce style est totalement voulu. L’agencement des couleurs est réussi (plus que le concept d’album, plutôt sombre, mais qui incorpore plusieurs chansons joyeuses) et les images font le travail en général. J’ai été par contre très déçu du travail bâclé pour l’intérieur du livret. Ce dernier n’incorpore aucune parole de chansons, mais présente aussi plusieurs erreurs de mise en page ! Pas des petites erreurs, des majeures… Raison de plus pour croire qu’Helloween est victime d’une certaine pression de la part de sa maison de disque (albums tous les trois ans, sonorité identique…). Tout semble fait à la va-vite, commercialement. Je suis au moins content que le groupe choisisse d’inclure le moins de modifications studio possible à même ses sonorités. Car si on y pense trente secondes, Helloween possède un bac de pièces tellement énorme et excellent qu’ils devraient pouvoir prendre tout le temps qu’ils veulent pour créer de nouvelles chansons. Je suis certain que personne ne viendra dire « je veux des nouveaux trucs » en spectacle, alors que le groupe peut repasser 6 fois avec des chansons toujours différentes, vu le nombre qu’ils nous ont créé à travers les années.

Straight out of hell est donc l’indice flagrant d’une sauce un peu trop étirée et qui commence à refroidir sur les côtés de la casserole. Avec trois pièces bonus un peu discutables et un hommage à Freddie Mercury qui est en soi une bonne idée, mais qui manque un peu de vie, Helloween ne m’aide pas du tout à me faire une idée claire et tranchée sur cet album que je n’ai pas détesté, mais dont je ne peux m’empêcher de constater les multiples défauts de fabrication.

 

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