Critique : Grand Theft Auto V (jeu vidéo).

(Par Marc-Olivier Lalonde)

Ça y est, Grand Theft Auto V est finalement sorti. Probablement le jeu le plus attendu de l’année, la nouveauté de Rockstar a dépassé largement toutes les prévisions. Comme en témoignait Martin Gioffre dans son article (CLIQUEZ ICI), le cinquième opus a récolté huit-cent-millions de dollars en vingt-quatre heures et un millard de dollars en trois jours. Ce sont des chiffres supérieurs à ceux de Call of Duty. Mais qu’en est-il du jeu lui-même? Les joueurs ont-ils eu raison de précommander Grand Theft Auto V en aussi grand nombre? Absolument. Cet article sera par contre consacré au mode hors-ligne seulement puisqu’au moment d’écrire ces lignes le mode multijoueur en ligne n’était pas encore très stable, particulièrement à la PlayStation 3. J’en ferai la critique aussi mais dans un autre article qui sera ajouté à celui-ci.

Histoire et personnages

L’intrigue se déroule à Los Santos, équivalente vidéoludique de Los Angeles. Dans une première pour la série, nous suivons le parcours de trois protagonistes plutôt qu’un seul. Michael est un ancien gangster qui vit maintenant sous le voile d’une nouvelle identité offerte par le FIB (l’équivalent du FBI, police fédérale américaine) suite à des évènements s’étant déroulés il y a environ dix ans. Ça ne va pas bien pour Michael en ce moment malgré tout. Son fils est un abruti sans dessein, sa fille convoite la célébrité a tout prix, quitte à se dénuder et Michael a des doutes sur les relations qu’entretient sa femme avec son professeur de yoga et de tennis. Vous vous en doutez bien, son passé va le rattraper prochainement.

Franklin est un jeune homme qui a grandi dans un quartier relativement pauvre et violent. Avec l’aide de Michael, il cherche à s’évader de son ghetto et aimerait bien monter d’échelon pour se retrouver avec des gens plus en moyens. Franklin travaille dans un concessionaire de voitures miteux et vole les véhicules pour le propriétaire quand les clients ne peuvent plus faire leurs paiements. C’est en volant la voiture appartenant au fils de Michael qu’ils feront officiellement connaissance. Franklin peut dresser le chien de son ami, Chop, afin de lui permettre de l’aider dans quelques activités. Il y a même des séquences où vous pouvez contrôler Chop lors de certaines missions.

Trevor est vraiment particulier. Lorsqu’on le voit pour la première fois, il est au beau milieu d’une partie de jambes en l’air avec la petite amie d’un autre homme. Alors que ce dernier le confronte, au lieu de s’excuser ou de prendre la fuite, Trevor le battra sauvagement pour lui avoir manqué de respect. Clairement, tout ne fonctionne pas rondement dans la tête de Trevor. Il est l’incarnation même du joueur dans un certain sens et est crédible dans le rôle d’un fou furieux. Il n’hésite pas une seconde à éliminer quelqu’un sans raison valable. Par contre, sans tomber dans les détails, Trevor possède tout de même un côté honorable (tordu, je vous l’accorde). La loyauté est l’une des qualités les plus importantes pour lui. Trevor demeure dans une maison mobile dans un endroit qui paraît plus pauvre encore que celui de Franklin. Pour utiliser un terme anglais, il est pratiquement un redneck. Quoique ce terme n’est pas le plus précis non plus puisqu’il déteste le racisme. Trevor est le protagoniste sur lequel on peut moins s’identifier psychologiquement mais possède une personnalité qui le rend unique parmi tous les antihéros de la série.

Jouabilité

La jouabilité est excellente en général mais je dois apporter quelques bémols. Lorsqu’un des protagonistes doit abattre un ennemi avec une arme, le viseur est quelque peu erratique. Disons que si ce n’était de l’assistance automatique fournie, les joueurs auraient de la difficulté à atteindre leurs cibles. À ce point-ci dans la série et avec autant d’argent d’investi, ce n’est pas normal que ce problème persiste. Lorsqu’on utilise principalement l’assistance, le jeu devient au contraire un peu trop facile. On n’a qu’à peser sur L2 (à la PS3) pour que le personnage vise automatiquement l’ennemi. En relâchant le bouton puis en poussant dessus à nouveau, le viseur passe d’une cible à l’autre sans que vous ayez à faire quoi que ce soit à l’intérieur d’une certaine distance. À titre d’exemple, une fois que vous avez tiré quelqu’un, il est impossible pour votre personnage de tourner sur lui-même afin de tirer un ennemi qui se trouve derrière lui. L’assistance a donc des limites et c’est tant mieux!

Une autre chose qui m’a dérangé : les contrôles de l’hélicoptère, tout particulièrement lorsque je devais soulever un objet. Si les contrôles sont fidèles à la réalité, je ferais un terrible pilote. Ce qui est tout le contraire des avions. J’étais un as, un Baron Rouge réincarné. Quelques personnes m’ont dit que la situation était inversée pour eux. Comme quoi c’est peut-être plus un problème de style pour chaque joueur plutôt que les contrôles à proprement parler. Les voitures se conduisent mieux mais il y a toujours place à l’amélioration. Rien à redire pour les bateaux.

Passons maintenant aux (nombreux) côtés positifs. Les missions sont extrêmement bien variées et vous permettent de toucher à tous les aspects du jeu. Que ce soit des vols de banque, des courses contre la montre, des évasions spectaculaires, des photographies inédites de vedettes ou…du yoga. En effet, les missions ne vont pas toutes dans le même sens et sont spécifiques aux personnages principaux. Michael et compagnie font le genre de missions qu’on s’attend d’eux individuellement.

Chaque protagoniste peut se procurer de nombreuses propriétés partout à travers Los Santos. Ce ne sont pas des maisons mais bien des entreprises qui rapporteront continuellement de l’argent. Assurez-vous d’avoir les poches pleines parce que les prix peuvent fluctuer entre cinquante-mille dollars et cent-cinquante-millions de dollars. Qu’est-ce qui vaut aussi cher vous demandez-vous? Un terrain de golf! En plus de pouvoir pratiquer votre sport favori, ce terrain vous permettra de jouer gratuitement des rondes quand vous le voudrez. Vous détestez le golf? N’ayez crainte, d’autres sports vous sont offerts afin que vous puissiez vous divertir. Le tennis, le triathlon, des courses de bateau, du saut en parachute et la recherche pour Bigfoot sont toutes des activités que vous pourrez entreprendre dans vos temps libres. Certaines sont plus réussies que d’autres mais vous devriez facilement en trouver une qui vous apprécierez. Elles permettent aussi d’allonger de manière significative la durée de vie du jeu.

Vous n’êtes même pas obligé(e) de compléter les missions si vous préférez jouer à votre rythme. En effet, le monde est si vivant que vous pouvez tenter de mener une vie normale. Comment? En respectant le code de la route par exemple. Vous n’êtes pas la seule personne qui commet des crimes. Il n’est pas rare de voir des policiers aux trousses de bandits ou tueurs. À ce sujet, vous aurez plusieurs occasions d’arrêter des gens qui en volent d’autres. Apparaîtra donc un dilemme moral : garderez-vous l’argent qui a été volé? Ou allez-vous faire une bonne action en remettant l’argent? À vous de choisir. Vous aurez tout de même droit à une petite récompense si vous remettez l’argent. Ces instances font exception à l’interdit de tuer des gens. À moins d’avoir été chanceux, je n’ai jamais attiré l’attention des policiers pour ces meurtres.

Graphiques, musique et voix

Si, comme moi, vous aimez simplement rouler en voiture pour admirer le paysage et pour voir si des évènements cocasses surviendront, vous aurez droit à un très large éventail de musique. Vous pouvez choisir parmi dix-sept chaînes différentes. Comme quoi un bon nombre de genres de musiques sont représentés. Vous vous demandez laquelle j’écoutais? Eh bien, je vais vous décevoir car je préférais écouter WCTR et Blaine County Radio qui sont  des chaînes parlées! Écouter les gens converser et se disputer était hilarant. Je ne sais pas combien d’heures ont été enregistrées mais je n’ai pas encore remarqué de répétitions. Il faut dire aussi qu’il m’arrivait de tout simplement pas mettre de musique du tout. Voici en fait la liste complète des chansons du jeu (CLIQUEZ ICI). Par conséquent, libre à vous de juger la musique du jeu vous-même. Vous n’allez qu’écouter ce qui vous plaît de toute manière.

Si Trevor, Franklin et Michael sont aussi distincts en tant que personnages, c’est en grande partie grâce aux acteurs qui ont offert leur physique et leur voix. Ils ont fait un travail sensationnel. Chaque protagoniste ressemble beaucoup à la personne qui a servi de modèle. Trevor se démarque puisqu’il est le moins stable psychologiquement et passe par toute la gamme des émotions a plusieurs reprises. Nous pouvons facilement discerner ses émotions de par ses yeux uniquement.

À première vue, le jeu n’est pas aussi beau que The Last of Us disons. Par contre, le monde est bien plus grand et pas linéaire du tout. Il devait donc y avoir des sacrifices côté beauté pour permettre aux développeurs de créer un environnement aussi immense. Mis à part le  chargement initial, il n’y en a presque pas d’autres par la suite. Tout est très fluide. Les transitions entre les moments jouables et les cinématiques se font sans heurt, du jamais vu. Je ne dis pas qu’on ne les voit pas ces transitions, c’est juste qu’elles sont bien moins abruptes que celles qui apparaissent dans d’autres jeux. Il n’y a pas une énorme différence côté graphiques entre les moments jouables et les cinématiques non plus. La coupure est donc moins apparente. Les seuls moments où l’on voit vraiment notre console en train de travailler, c’est lorsqu’on passe d’un personnage à l’autre. Puisque le jeu ne garde pas en mémoire les positions et les faits et gestes des deux autres personnages pendant que vous faites une transition, GTA V doit donc effacer ses opérations actuelles pour repartir à neuf. Ça peut pendre peut-être cinq à dix secondes pour faire la transition complète. Elles permettent par contre de revoir Trevor dans des situations tout à fait loufoques. À un certain moment, il se réveille habillé seulement de son caleçon sur une plage avec un bouteille d’alcool à la main. Une autre fois, il tenait un homme à bouts de bras pour le jeter par la suite en bas d’un viaduc sur l’autoroute vers sa mort. Franklin et Michael ne bénéficient pas de moments aussi humoristiques.

Puisque le jeu est aussi énorme, c’est certain que plusieurs bogues font leur apparition. Cependant, contrairement aux jeux de Bethesda disons (SkyrimFallout), rien pour faire planter le jeu ou même la console. Plutôt, ces bogues créent des moments comiques. À titre d’exemple, alors que Michael revenait chez lui après une mission, sa femme était debout sur le comptoir de la cuisine comme si de rien n’était. Elle tenait une bouteille dans sa main avec le haut de celle-ci semblant lui traverser sa cuisse. Étrange…Sa fille était debout aussi sur le fauteuil du salon. Ça ne m’est arrivé qu’une seule fois mais j’ai trouvé le moment cocasse. J’ai remarqué quelques petits problèmes de physique aussi, des inconhérences plutôt. Certains accidents de voiture auraient dû me coûter la vie a plusieurs reprises. Ce qui est tout le contraire des accidents de motos. Des fois, je frappais un objet à très basse vitesse mais c’était suffisant pour tuer mon personnage. Peu importe.

Conclusion

En somme, Grand Theft Auto V est l’un des meilleurs jeux de l’année, facilement. L’immense popularité du jeu fera sûrement en sorte qu’il remportera le titre du jeu de l’année devant Bioshock Infinite et The Last of Us disons. Le jeu se compare plus facilement à The Elder Scrolls V : Skyrim. Bien que les deux jeux se déroulent dans des mondes complètement différents, leur jouabilité fait en sorte qu’ils se ressemblent. Avec le mode en ligne, vous pourrez mettre des dizaines d’heures supplémentaires dans le jeu. Tout joueur doit essayer GTA V. Ce n’est pas pour rien que la franchise règne dans le genre monde ouvert. C’est un événement à chaque fois qu’un nouvel opus se retrouve sur les tablettes. J’ai tendance à revenir à la série de temps en temps parce qu’elle est parfaite pour relâcher son stress. Quoi de mieux après une mauvaise journée que de se défouler sur des victimes sans défense (pixélisées évidemment)? Je pourrais facilement faire un parallèle avec les gens qui préfèrent plutôt se défouler dans le monde réel mais aujourd’hui n’est pas ce jour. Je ferai un article sur les jeux vidéo et la violence une autre fois car c’est tout de même un sujet passionnant.

Néanmoins, ne laissez pas des jeunes enfants jouer à des jeux comme celui-ci. Les adolescents le feront peu importe votre décision, eux (je sais, je n’avais pas l’âge d’y jouer non plus quand j’ai commencé). Il y a par contre trop de situations matures  pour les enfants. Évidemment, ils ne possèdent pas tous le même niveau de maturité. Sachez du moins qu’il y a de la nudité, de la drogue, de l’alcool, de la violence et du langage ordurier. À vous d’établir si vos enfants (si vous en avez) sont assez matures pour comprendre ce qui se passe réellement. S’ils regardent déjà des films d’action du genre 13 ans et plus, vous n’avez rien d’autre à craindre. Je me devais de souligner ceci avant de clôturer ma critique. À vous d’acquiescer ou de me dire de me mêler de ce qui me regarde. Sur ce, je vous revois à ma prochaine critique très chère lecteur(trice).

Pour me donner vos impressions, envoyez-moi un courriel à marcolalonde@jestermind.com ou faites-moi signe sur ma page Facebook : https://www.facebook.com/marcolivier.lalonde

 

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