Critique : Fred Pellerin – De peigne et de misère (spectacle)

(Par Jérémie Bernard)

Les conteurs se font rares de nos jours. Vous savez, ces hommes et ces femmes qui peuvent, par leur simple charisme, nous faire s’asseoir devant eux et les écouter durant des heures nous raconter des choses que nous savons expressément faux. Le mensonge, lorsque teinté de poésie, devient la plus belle des vérités. Fred Pellerin est notre barde d’aujourd’hui, digne représentant de nos coutumes ancestrales québécoises. Le revoir pour son nouveau spectacle fut pour moi autant un plaisir qu’une profonde remise en question de ma position dans l’espace-temps.

Oui le spectacle était toujours aussi modeste que la dernière fois, mais le fait que Fred prenne encore le temps de venir chez nous me comble. J’ose penser qu’il a vraiment les petites villes et les villages à cœur. Comment décrire un spectacle de Fred Pellerin pour quelqu’un qui n’a jamais vécu cette expérience particulière?

Pensez à une scène presque dénudée. Imaginez le conteur assis sur une petite chaise de bois, entouré de quelques instruments de musique qui serviront à l’occasion pour quelques interludes. Ajoutez au tableau une bouteille d’eau et un micro, et vous aurez une bonne vision d’ensemble. Fred Pellerin met sa personne en spectacle, son bagage culturel, ses mots, son parler unique, sa poésie teintée de folklore… Et malgré tout cela, j’ai plus ri dans ce spectacle que dans la plupart des spectacles d’humour que je suis allé voir ces dernières années.

Avec le temps, Fred s’est bâti tout un univers (déjà bien connu par des productions cinématographiques, entre autres) autour de son petit village de St-Élie-de-Caxton. Les personnages reviennent, d’un spectacle à l’autre, d’histoires en situations toujours plus rocambolesques. Pellerin part d’une banale histoire de coiffeur qui tombe amoureux d’une religieuse et le tout se termine sur une leçon universelle de la valeur des choses, du pardon et du don de soi-même. C’est peu dire que Fred Pellerin est un vrai magicien des mots!

Déjà mentionnés, quelques interludes musicaux ponctuent agréablement le spectacle. Fred a déjà quelques albums à son actif et n’hésite pas (comme il n’hésitait pas lors de son premier spectacle) à incorporer quelques chansons très profondes à ses contes ou entre ceux-ci. Sans être trop longs, ces interludes rendent la magie du spectacle encore un peu plus contemplative. Déjà en transe lors d’une des histoires, les spectateurs se retrouvent encore plus transportés par la musique. Atout à conserver à l’avenir !

La fin du spectacle incorpore un lever de soleil très bien rendu par l’éclairage. Après avoir autant ri, cela fait du bien de terminer solennellement cette épopée à la fois si loin et si proche de nous. Ce petit village québécois, il est un peu à l’intérieur de chacun de nous, de par nos ancêtres, de par nos racines. Lorsque Fred Pellerin raconte son village à lui, c’est le Québec qu’il expose : nos valeurs, nos sentiments, nos combats.

Ce conteur nous raconte finalement notre histoire, à sa manière.

 

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