Critique : Dragonforce – The power within (CD)

(Par Jérémie Bernard)

Cette formation multiculturelle a toujours eu une relation d’amour/haine avec le public. L’énorme talent dont fait preuve chacun des musiciens de Dragonforce est autant adulé par une horde de fans que décrié ou remis en question par une armée de détracteurs tout autant passionnés. Le débat autour du groupe est toujours celui de la qualité sonore des albums comparée à celle recréée en spectacle. Pour avoir vu Dragonforce trois fois en prestation, je peux vous garantir que ces derniers livrent la marchandise, et ce, sans problème. Un fois ce débat légendaire mis de côté, prenons maintenant le temps ensemble d’analyser leur tout dernier album, composé dans une position assez critique pour toute formation musicale : la perte de son chanteur.

Quelles sont les recettes clés pour The Power Within? C’est très simple : de prendre la source même de la musique de Dragonforce, l’énergie, et la projeter vers le monde dans une recette plus compacte, plus intense et plus travaillée que jamais. La maturité se ressent à travers cette œuvre, c’est aussi une raison de l’efficacité de cet album qui aurait pu être catastrophique par une mauvaise intégration de cette nouvelle voix à un son déjà bien ancré dans la mémoire collective.

C’est la durée des chansons qui m’a le plus frappé lorsque j’ai déballé l’album. Exit les grandes épopées de huit minutes auxquelles le groupe nous avait habitués à travers les années. Cette fois, seulement Wings of liberty atteint les sept minutes. Pour le mieux? Surprenamment, oui! L’on pourrait être porté à penser que c’était la durée des pièces de Dragonforce qui les rendaient intenses. Le groupe a bien compris que leur véritable essence réside en l’énergie de l’exécution de ces chansons. Ce que le groupe parvient à faire en raccourcissant chaque pièce, c’est à mener l’auditeur à en vouloir plus, contrairement au dernier album (comme excellent exemple) qui était aussi merveilleux, mais avait la fâcheuse habitude de totalement épuiser l’oreille lorsqu’écouté d’un seul trait. Détrompez-vous, l’album ne laisse pas sur sa faim de façon négative, mais parvient à donner le goût de le réécouter immédiatement. Il y a en effet énormément à entendre sur ce disque, et ce, malgré sa longueur un peu coupée par rapport à ce que le groupe nous a produit par le passé. Excellent choix de format donc! Dragonforce y est allé pour un sprint intense, mais toujours divertissant plutôt qu’un sprint étiré et épuisant.

Le tout s’ouvre sur Holding on, qui incorpore une magnifique introduction du nouveau chanteur Marc Hudson aux fans du groupe. Ce dernier possède une voix plutôt différente que son prédécesseur, Z.P Theart. Hudson possède une voix de tête plus marquée et peut donc atteindre des notes vertigineuses sans aucun problème et même les tenir assez longtemps pour impressionner un vieux loup de musique métal comme moi! Il faut comprendre que cette nouvelle voix reste la plus grande nouveauté sonore de l’album, puisque les paroles seront débitées de façon beaucoup plus originale que sur les albums précédents. Hudson peut chanter haut, certes, mais ne se limite jamais à cette simple force et tente toujours de varier ses rythmes et ses styles pour offrir une palette aussi complète que les autres musiciens tentent de le faire avec leurs instruments respectifs.

Alors que le dernier album était tout à fait électronique, avec Vadim Pruzhanov, le claviériste, à l’honneur, celui-ci est plus direct, affichant un retour aux sources au niveau des sonorités. C’est là que The Power Within fait sourire, lorsqu’il propose justement les classiques piano/cordes/cuivres au clavier, mais déroge quelquefois violemment de ces conventions pendant des moments tout à fait mémorables disséminés à travers l’album. La batterie est toujours aussi inhumaine (et croyez moi, Dave Mackintosh peut réellement faire tout cela) et les guitares restent folles et amusantes. Frédéric Leclercq semble avoir un peu plus participé à la composition de cet album, pour des lignes de guitare basse dont la vitesse vous surprendra, mais aussi une des meilleures pièces du disque, Seasons, qui est tout bonnement addictive!

Quelques belles surprises sont à découvrir sur The Power Within, dont la très différente chanson Give me the night, qui sort des sentiers maintes fois battus par Dragonforce pour offrir un son plus agressif, plus sombre, plus rythmique que mélodique. Il y a aussi Cry Thunder qui est incontournable par son tempo quelque peu ralenti et ses solos vraiment originaux.

Dragonforce vous offre donc un album un peu plus court qui témoigne d’une recherche un peu plus poussée au niveau des paroles et des thèmes (sans toutefois réaliser de miracle) ainsi qu’un emballage simpliste, mais ressemblant quelque peu à la pochette de Inhuman rampage par son petit côté industriel et puissant. Je vous conseille donc de vous laisser bercer par The Power Within qui offre une réelle progression dans le fil de ses chansons. Last man stands fait vraiment « fin d’album », même si une version acoustique de Seasons vous attendra au détour ! C’est un excellent nouveau départ avec une tout autre voix que Dragonforce réalise avec une certaine maîtrise de la situation, pour un disque toujours agréable à écouter, qui a l’intelligence de ne pas confondre chansons courtes avec manque de qualité et de recherche dans les compositions. Si vous devez réapprendre à apprécier le groupe, allez vous-en chercher ce disque, si vous êtes déjà un fan, il vous occupera pour un bon moment!

 

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