Critique : The Last of Us (jeu vidéo).

(Par Marc-Olivier Lalonde)

La fin de cycle de la septième génération de consoles nous apporte des jeux de très grande qualité. The Last of Us s’élève parmi les meilleurs. Il servira de point de référence dorénavant pour la narration, l’histoire, les graphiques et l’interprétation des personnages. C’est moins un titre à jouer qu’une expérience à vivre.

Histoire et personnages

En 2013, une espèce de champignon (Cordyceps) fait irruption. Au moment où les humains s’en approchent, les spores du champignon s’introduisent dans les voies respiratoires et prennent tranquillement le contrôle de leur hôte comme un parasite. Les victimes se transforment peu à peu jusqu’à en perdre leur humanité. Une nouvelle forme de zombie est née. Ces derniers propagent l’infection par leurs morsures jusqu’à ce que se crée une pandémie.

Pour la presque totalité du jeu, The Last of Us se déroule en 2033, soit vingt ans après l’infection initiale. Le paysage a considérablement changé. Le monde est en ruines et les gens vivent dans des zones protégées par l’armée. Les gouvernements, l’économie et les sociétés tels qu’on les connaît se sont effondrés. À l’extérieur des zones de quarantaine se trouvent les zombies qui tuent toutes les personnes qui osent s’y aventurer.

Le jeu commence à Boston, où nous est présenté Joel, spécialiste de la contrebande. Il fait la rencontre de Marlene qui requiert ses services pour une livraison particulière. Au lieu des provisions habituelles, Joel doit conduire une fille nommée Ellie en dehors de la ville. Rapidement, les deux se lieront d’une amitié profonde qui leur permettra de surmonter les épreuves épouvantables qui les attendent. Disons que leur voyage ne se limitera pas à simplement quitter Boston.

Je l’avais mentionné dans ma critique de Bioshock Infinite et c’est tout aussi vrai ici: l’intrigue cède sa place aux personnages. Ce n’est pas tant l’objectif final qui importe plutôt que les évolutions personnelles de Joel et Ellie. J’ai pris plaisir à les entendre discuter pendant des moments plus calmes. Voir Ellie apprendre à siffler, découvrir que Joel aurait aimé devenir chanteur et remarquer la réaction d’Ellie devant une affiche d’un mannequin sont des séquences qui apportent une touche de réalisme nécessaire. Dans la plupart des jeux, les personnages se promèneraient dans le silence, sauf pour les scènes vidéo. The Last of Us et Bioshock Infinite se ressemblent en plusieurs points sauf en ce qui concerne la plausibilité. L’histoire de The Last of Us est en théorie possible car il existe déjà un champignon qui peut prendre le contrôle de fourmis. S’ils devaient subir une mutation leur permettant de faire le même coup aux humains, qu’arriverait-il? Une possibilité nous est présentée ici…

Jouabilité

Le bât blesse quelque peu en ce qui concerne la jouabilité. Selon moi, elle n’est pas à la hauteur du reste. Au début du jeu et pendant la majorité du temps, Joel et Ellie se retrouvent dans des situations précaires puisqu’ils se font constamment attaquer. La tension est souvent à son comble car les munitions se font rares, les ennemis sortent en grand nombre et Joel peut se faire tuer d’un coup s’il est malchanceux. De plus, les protagonistes ne se regénèrent pas automatiquement. Chaque affrontement doit être abordé intelligemment. Plus souvent qu’autrement, il est préférable d’éviter les ennemis dans la mesure du possible. Vous préserverez vos provisions pour les combats obligatoires qui, eux, nécessiteront tous vos moyens. Rarement toutes vos armes atteindront le maximum de munitions en même temps. Si vous écoulez toutes vos réserves, (et cela arrivera éventuellement), vos poings seront votre dernière alternative. Armé d’un brique ou d’un tuyau, Joel peut se défendre efficacement contre les zombies de bas niveau et d’autres humains.

Les zombies se divisent en trois classes qui sont définies selon l’évolution de l’infection. Les runners sont des humains nouvellement transformés. La mutation qu’ils ont subie n’est pas perceptible de l’extérieur. Ils portent bien leur nom car ils courront dans votre direction pour vous mordre au moment où vous entrerez dans leur champ de vision.

Les clickers représentent un stade plus avancé de l’infection. Les champignons ont envahi bien plus que le cerveau. En effet, ils ont perdu leur vision car les mycoses recouvrent presqu’entièrement leur visage. Les clickers emploient donc l’écholocation pour “voir” (comme les chauves-souris). Vouz devrez les éliminer à distance puisqu’ils sont capables de tuer Joel d’un seul coup.

Les bloaters constituent le stade le plus avancé. L’infection a tellement progressé que les champignons recouvrent leur corps et forment une armure. Ils peuvent également vous frapper de loin grâce à leurs boules de champignons. Vous devrez utiliser vos meilleures armes afin de les annéantir.

Tout au long du jeu, vous devrez impérativement chercher des objets qui vous permettront d’améliorer vos armes ainsi que d’en créer. Certaines trouvailles (ciseaux, rouleaux de papier, alcool) seront plutôt amassées afin d’improviser des trousses de premiers soins. Je préfère vous mettre en garde tout de suite: vous n’aurez définitivement pas assez de ressources pour améliorer chaque arme à son plein potentiel. Du moins, pas avant d’avoir complété le jeu au moins deux fois.

En parlant d’armes, j’ai été un peu déçu du fait que Joel, à la fin, ressemblait aux héros de toutes les autres franchises de survie horrifique ou de jeux de tirs. Pistolets, mitraillettes, lance-flammes, fusils, tout y est. L’affrontement final m’a aussi laissé sur mon appetit. Je ne croyais pas que le jeu se terminerait à ce moment. C’est pourquoi j’ai vu apparaître le générique de la fin sans avoir pu utiliser mes meilleures armes.

L’intelligence artificielle des ennemis laissait à désirer par moments. Il est possible de se cacher dans un coin sûr et de laisser les ennemis vous attaquer en courant dans votre direction l’un à la suite de l’autre. Des cibles faciles. Vous verrez surtout ce comportement avec les humains. À plusieurs occasions j’ai pu tirer sur des soldats sans que ceux-ci ne réagissent. Pour ce qui est des zombies, les runners semblent prédestinés à ne couvrir qu’un territoire précis. Je m’explique. Je me cache derrière une boîte et je regarde défiler les 2-3 runners qui sont à proximité. Ils suivent continuellement le même tracé. C’est alors que je sors à découvert. Je me mets dans leur champ de vision, mais à distance. Disons que dix mètres nous séparent. Sachez qu’ils ne m’ont jamais attaqué jusqu’à ce que je sois à presque cinq mètres environ. Ce qui est tout à l’opposé de l’intelligence artificielle d’Ellie. Jamais elle ne m’a donné des maux de tête de par sa stupidité comme c’est souvent le cas ailleurs. Elle sait quand aider et quand se cacher.

Graphiques, musique et voix

Pour une fois, la musique n’est pas omniprésente. En fait, c’est son absence qui m’a le plus surpris. Au lieu de forcer les émotions du joueur avec des mélodies, les créateurs chez Naughty Dog ont préféré laisser les évènements en cours faire le travail. Quel choix judicieux! Il y a de la musique, bien sûr, mais pas tout le temps. Et quand elle fait son apparition, elle complémente ce qui se passe à l’écran plutôt que de dicter le ton. J’ai énormément apprécié.

Les acteurs de voix font un travail exceptionnel. Du premier au dernier. Ce sera évident quand la mort frappera tout autant que dans les moments de détente (relative). Si Bioshock Infinite avait des allures de dessins animés, The Last of Us est réaliste au possible. Les personnages ne font pas qu’ouvrir la gueule en émettant des sons. Ici, il est possible de relier les mouvements de bouches aux paroles qui en sortent. Impressionnant. Cela témoigne de la qualité des graphiques. Bien que le jeu soit exclusif à la PlayStation 3, il n’en demeure pas moins qu’il soit visuellement magnifique. Je serais surpris de voir un autre jeu plus beau d’ici la mort de la PS3.

Conclusion

The Last of Us aurait pu être un roman ou un film tellement l’histoire est profondément humaine et touchante. Je ne peux pas en dire autant de la très grande majorité des autres franchises. La séquence d’ouverture (qui dure environ quinze minutes) a fait en sorte que je me suis attaché instantanément aux personnages. Celle où Joel et Ellie rencontrent un troupeau de girafes aussi. Bien qu’il ne soit pas parfait, The Last of Us est un excellent jeu. Derrière quelques lacunes de jouabilité se cache un jeu qui a du coeur. Tous les détenteurs de PS3 doivent absolument y jouer. Bioshock Infinite et The Last of Us se livreront une chaude lutte pour la catégorie du jeu de l’année.

 

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