Critique : Tales of Xillia (jeu vidéo).

(Par Marc-Olivier Lalonde)

Tales of Xillia est paru le 6 août dernier. Puisque c’est un jeu de rôle japonais, disons que ça m’a pris plusieurs heures avant de voir défiler le générique de la fin. Des dizaines d’heures même. C’est la raison pour laquelle je n’en critique pas autant que prévu. Dommage. Pour les non-initié(e)s, Xillia fait partie d’une franchise qui fête cette année son dix-huitième anniversaire. Un peu à la manière des Final Fantasy, chaque histoire est indépendante et se déroule dans un univers différent. Inutile donc d’avoir joué aux précédents pour apprécier chaque titre.

Histoire et personnages

Un étudiant en médecine s’appelant Jude Mathis s’apprête à graduer. Son mentor, un de ses professeurs, disparaît toutefois sans laisser de traces alors qu’il vient de lui offrir de travailler sous sa supervision. Jude part à sa recherche dans un complexe militaire puisque des rumeurs laissent entendre que des expériences bizarres se déroulent à cet endroit et que le professeur y aurait été vu. Au moment où il réussit à lui mettre la main au collet, une machine ayant l’allure d’un gigantesque pistolet se nommant la Lance de Kresnik enlève la vie au professeur. Alors que le même sort semble l’attendre, Jude se fait sauver la vie par Milla Maxwell, une femme affirmant être l’incarnation du dieu Maxwell. Milla perd tous ses pouvoirs suite à une autre décharge de la Lance de Kresnik. Elle et Jude fuient le complexe et apprennent que le roi Nachtigal avait autorisé la fabrication de cette arme monstrueuse. Ils décident de voyager vers le pays de Rashugal, où règne Nachtigal, afin de le confronter et pour aider Milla à retrouver ses pouvoirs. En chemin, ils feront la rencontre de plusieurs personnes particulières qui se joindront à leur cause, toutes avec leurs propres motivations. Je n’entrerai pas plus dans les détails parce qu’expliquer les différents conflits deviendrait complexe. Sachez que la quête des protagonistes aura des conséquences sur le monde entier.

Jude est un héros malgré lui. Un jeune homme qui, par la force des choses, doit affronter des ennemis plus grands que nature possédant des pouvoirs démentiels. Je dois dire qu’en général, Jude et la majorité des personnages m’ont laissé un peu de glace. Ils sont pratiquement tous des stéréotypes classiques du genre. Il y a l’amie d’enfance en amour avec le héros depuis toujours même si elle ne lui a jamais exprimé ses sentiments (Leia Rolando), le mercenaire qui joue des deux côtés (Alfred Vint Svent, autrement appelé Alvin), la petite fille qui est beaucoup plus puissante qu’elle ne le semble (Elize Lutus), le vétéran d’âge mûr qui est un mentor pour le groupe et un vétéran de longue date (Rowen J. Ilbert) et la petite bête qui agit à titre de mascotte (Teepo). Milla est la seule qui échappe quelque peu aux stéréotypes. C’est monnaie courante de voir un personnage perdre ses pouvoirs pour les regagner peu à peu au fil de l’aventure. Ce qui est moins commun est de voir des personnages féminins aussi puissants (sinon plus) que les masculins. Milla ne souffre pas du syndrome de la princesse qui doit être secourue par le chevalier. En fait, vous avez l’option dès le début de choisir entre les points de vue de Milla ou Jude. Y a-t-il des différences entre les deux? Absolument, mais elles ne sont pas énormes. Autant du côté de l’histoire que de la jouabilité. Je vous recommande fortement de choisir Jude si vous jouez à Xillia pour la première fois puisque l’histoire de Milla agit plutôt à titre de complément. Notez que chaque personnage a droit à une introduction pleinement animée. L’histoire de Milla commence avant sa rencontre avec Jude et nous la suivons à chaque fois qu’elle se sépare du groupe.

Jouabilité

Ceux qui connaissent la série constateront que peu de changements ont été apportés du côté de la jouabilité sauf en ce qui concerne le système que vous emploierez pour modifier les attributs de vos personnages (le Lilium Orb). Je vais tout de même offrir plus de détails pour les gens qui essaient un Tales pour la première fois. Pour les combats, tout se passe en temps réel. Vous devez utiliser des attaques régulières et des attaques magiques en tandem. Les attaques magiques nécessitent des points techniques pour être utilisées ce qui n’est pas le cas d’attaques normales. Les points techniques se rechargent peu à peu lorsque vous frappez vos ennemis, avec le temps ou en prenant des potions. L’essentiel durant les combats est d’enchaîner vos attaques le plus longtemps possible afin d’allonger la période de temps durant laquelle l’ennemi ne peut contre-attaquer. Vous ne pouvez pas les frapper infiniment cependant. Les personnages n’ont le droit qu’à un certain nombre d’actions avant de devoir s’arrêter (déterminé par l’Assault Counter). La durée des chaînes affectera aussi le nombre de points techniques que vous allez récupérer. Je vous conseille donc d’employer des attaques qui font peu de dommage mais qui frappent à répétition. Souvent, vos attaques les plus puissantes mettent fin aux enchaînements. Seules les attaques spéciales superpuissantes (qui ne peuvent être utilisées que sporadiquement) échappent à cette règle.

Jude et Milla peuvent courir dans trois dimensions même si l’action se déroule surtout en deux dimensions entre chaque attaquant et sa cible. Contrairement à bien des jeux de rôles, les héros peuvent sauter dans les airs. Les ennemis qui volent peuvent donc être atteints aussi. J’ai préféré rapprocher mes opposants de la terre plutôt que d’avoir à sauter continuellement. De plus, la variété d’attaques aériennes est moindre que la celle où vos pieds demeurent bien ancrés sur terre.

Là où le jeu provoque une certaine dépendance, c’est avec le Lilium Orb. À chaque fois que votre niveau augmente, des points vous seront donnés. Vous les utiliserez pour débloquer des habiletés et pour augmenter vos statistiques. Concrètement, toutes vos statistiques et habiletés sont rassemblées dans une espèce de toile d’araignée (CLIQUEZ ICI). Tout comme une toile, il y a des intersections un peu partout. Vous vous frayez un chemin à travers la toile en reliant les points. Lorsque les quatre coins d’un quadrilatère sont activés, une habileté est débloquée. Voyez-vous, chaque quadrilatère contient une habileté. Afin que votre toile devienne plus grande, vous devez débloquer une habileté critique et deux autres à votre choix. C’est donc dire que vous n’êtes pas obligé de compléter à toile au complet avant de passer à un niveau supérieur. À titre de comparaison, le Sphere Grid de Final Fantasy X est similaire. Vous avez donc la possibilité de mouler vos personnages selon vos désirs. N’oubliez toutefois pas que les personnages ont tout de même des statistiques de base et qu’il serait préférable de les modifier selon leurs spécialités. Libre à vous d’essayer de combler leurs lacunes ou de mettre tous vos points dans les meilleures statistiques.

Graphiques, musique et voix

Les graphiques laissent à désirer. Il faut préciser que le jeu est sorti en 2011 au Japon originalement. C’est un contraste frappant avec les scènes d’animation qui, elles, sont très plaisantes à regarder même si elles sont peu nombreuses. Puisque le jeu emprunte le style de l’animation japonaise, les couleurs sont vives (y compris les cheveux), les costumes sont extravagants, les sautes d’humeur fréquents et le jeu des acteurs de voix exagéré. Bref, rien de nouveau dans le genre. Il y a une tonne de pièces composées qui sont parfois épiques mais très peu sont mémorables. Le genre varie de très joyeux à dramatique. Aucune subtilité, donc rien d’atmosphérique. Encore là, rien de nouveau pour le genre.

J’ai rencontré des ralentissements quand il y avait beaucoup d’action à l’écran. Lorsque plusieurs personnes utilisent des attaques en même temps, il y a énormément d’effets visuels qui apparaissent. Ce n’est toutefois pas une excuse puisque les graphiques ne sont pas à jour.

Conclusion

Qui devrait essayer ce nouveau Tales? Les amateurs de la série et de l’animation japonaise surtout. Dans l’ensemble, le jeu est dans la moyenne pour la franchise. Il n’atteint pas les mêmes sommets que Tales of Vesperia ou Tales of Symphonia cependant. Il faut faire partie de la niche pour réellement apprécier des jeux comme celui-ci. Vous raffolez des Call of DutyGrand Theft Auto et MaddenXillia n’est pas pour vous malheureusement. Le jeu est lent, les dialogues multiples, la quête linéaire et vous passerez énormément de temps à naviguer des menus. Le jeu de rôle japonais typique quoi. Moi? J’adore ce genre même si je sais que les gens le délaissent peu à peu. Xillia n’est pas mémorable cependant. Il n’est pas mauvais, juste très ordinaire. Je l’ai aimé mais il ne m’a pas marqué pour autant. Tales of Xillia 2 s’en vient dès l’an prochain et j’y jouerai. À vous d’en tirer votre propre conclusion. Si vous n’avez jamais essayé des jeux de rôles japonais, ne commencez pas avec ce titre, vous pouvez trouver mieux.

Pour me donner vos impressions, envoyez-moi un courriel à marcolalonde@jestermind.com ou faites-moi signe sur ma page Facebook : https://www.facebook.com/marcolivier.lalonde

 

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