Critique : Overlord (jeu vidéo)

(Par Jérémie Bernard)

Il ne faut pas penser « Overlord » comme un jeu de rôle médiéval sérieux et prévisible, dans le genre rendu populaire par « Diablo » ou « Baldur’s Gate ». Ce jeu est en fait une parodie de tous ces univers médiévaux fantastiques. C’est par un « gameplay » totalement hors de l’ordinaire et un humour parfois trop léger, parfois hilarant qu’ « Overlord » affiche ses vraies couleurs : celles de l’amusement, de la stratégie et de l’autodérision. Plongez avec moi dans cet univers bien connu, mais cette fois teinté d’absurdité, d’humour enfantin et de cruauté pure! « Overlord » a le mérite de vous faire jouer le côté des méchants, chose plutôt rare dans un jeu, en plus de permettre au joueur de le faire de façon un peu plus songée que dans un vulgaire jeu d’action ou de plateformes. Regardons de plus près l’ensemble de l’œuvre réalisée par les gars de « Triumph Studio ».

L’introduction est déjà plutôt amusante : vous êtes réveillé par le chef des larbins, créatures ressemblant à un ludique mélange entre gobelins et gremelins. Vous êtes pour eux le nouvel « Overlord », maître du mal incontesté. Sans vous donner trop de détails sur la disparition du dernier chef, ce vieux larbin vous montre dans quel état de décrépitude se trouve votre tour du mal, et vous fait part de l’urgence de vous mettre au boulot le plus rapidement possible ! C’est ainsi que tout démarre, sans trop d’explications et déjà avec un ton plutôt premier degré par quelques blagues juvéniles et un petit dictaticiel très rapide. La première grande surprise du jeu se retrouve dans cet apprentissage du « gameplay », celui-ci s’avérant très proche de « Pikmin ». Vous pouvez contrôler l’avatar de l’ «Overlord », mais surtout donner des ordres à vos larbins et ainsi réaliser plusieurs tâches assez différentes, comme ouvrir une porte ou saccager une pièce, sans parler des combats, élément central de ce jeu!

« Overlord » est donc plutôt axé stratégie. Pas de la haute stratégie à se casser la tête, mais tout de même assez pour ne pas vouloir se retrouver en manque de larbins. Ceux-ci, de quatre couleurs différentes, sont tous spécialisés en un élément de combat différent, et mourrons lamentablement s’ils sont mal gérés. Le jeu devient donc une espèce de copie clichée et tordue de l’univers de Tolkien tout en proposant un environnement ouvert et des défis adaptés aux quatre types de larbins. Pour ajouter un peu de longévité au jeu, il faut débloquer progressivement chaque type, donc revenir à d’anciens environnements pour accéder aux endroits auparavant inaccessibles faute d’être en possession du type de larbin approprié.

L’histoire n’est pas ennuyante, mais se trouve à être aussi clichée que l’univers parodié par le jeu, ce qui la rend tout à fait facile à prévoir. En tant que maître du mal, vous devez annihiler tous les autres meneurs de la région, chacun d’une race différente. Vous rencontrerez donc les classiques elfes, nains, halfelins et humains, sans grande surprise. « Overlord » n’est pas là pour révolutionner le genre, mais bien pour en rire, tout en offrant son « gameplay » particulier rendant le jeu un peu plus nerveux qu’il n’en paraît à première vue. Oui il est très facile de se promener dans les prés pour y accumuler des orbes donnant vie à vos larbins, et le tout sur une petite musique de prairie toute mignonne, mais lorsque vous devez affronter une horde d’ennemis, ou un gros méchant serpent de mer, un peu plus d’attention s’impose pour ne pas vous retrouver seul avec votre hache médiocre et vos trop peu nombreux pouvoirs magiques pour vous en sortir vivant…

Ce jeu est donc un peu inégal, puisque ledit « gameplay » est un peu brouillon par moments, et que le jeu se répète beaucoup dans son ensemble. Il faut ramasser tel objet par ici, attaquer telle créature par là… Chaque nouvel environnement est jouissif à découvrir, mais se trouve à être bien vite semblable à son prédécesseur dans ce que l’on doit y faire, même si le rendu visuel est quant à lui complètement différent ! L’ambiance du jeu est donc très unique, à la fois humoristique et épique, sous une musique soutenue et digne d’un grand film médiéval fantastique, mais aussi teintée d’une violence tout à fait gratuite. Le joueur choisit quel parcourt moral il préfère dans « Overlord », mais se rendra très rapidement compte que se la jouer gros méchant sadique est cent fois plus rentable.

Il y a donc beaucoup à faire dans ce petit jeu répétitif. Tout ramasser ce qui traîne à travers les niveaux et acheter toutes les armures totalement améliorées, en plus de payer pour améliorer vos larbins et votre tour des ténèbres peut s’avérer assez long, et malheureusement ennuyant vu le manque de diversité que le gameplay propose. Le niveau stratégie est donc un atout majeur du jeu, mais ne sert pas assez à des actions différentes pour garder l’intérêt du joueur jusqu’à la toute fin de toutes les actions du jeu. S’en tenir à la trame narrative reste le plus amusant, en plus d’aller quelquefois combattre les créatures déjà rencontrées dans le jeu, dans votre arène personnelle, afin d’y tester vos dernières trouvailles stratégiques. Le mode multijoueurs est lui aussi très répétitif, autre raison d’en revenir à l’histoire.

« Overlord » permet donc à un « gameplay » plus rare de briller, tout en donnant plus de profondeur à ce qui serait un piètre jeu d’action médiévale humoristique sans cette petite touche gestion aidant la longévité et le facteur amusement de l’œuvre. Même si on peut rapidement s’attacher à l’univers loufoque créé par « Triumph », l’absence totale de voix de notre personnage et les multiples « bugs » graphiques, pour ne nommer que quelques exemples, n’aident pas à garder le joueur immergé dans le monde proposé comme le ferait une version plus sérieuse. L’humour n’est pas une mauvaise idée, mais le manque de finition de certaines sections du jeu, oui. Il faut donc mettre la main au moins une fois sur ce jeu stratégique dénué de compétition, question d’au moins avoir pu voir ce que les développeurs ont tenté de créer : un pastiche absurde et intelligent d’un univers surexploité et souvent mal exploité! Le tout aurait pu bénéficier d’un peu plus de diversité pour gagner encore plus de points, mais pour tout joueur désirant s’en tenir à la trame narrative, « Overlord » en vaut le détour ne serait-ce que pour son originalité.

 

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