Critique : Massacre à la tronçonneuse 3D (film)

(Par Jean-Christophe Dagenais)

Cachée dans le placard, retenant son souffle, elle contient les larmes et les cris, se débattant à l’intérieur de son être. L’homme masqué de peau humaine traversa la pièce enragée d’avoir perdu sa proie. Scie à chaine à la main, il avait l’odeur de la mort collée à la peau. Soudainement, il quitta la chambre. Heather sentit une larme couler le long de sa joue, alors qu’elle ressentit, pour la première fois, un véritable espoir. Elle sortit de sa cachette, tout en marchant silencieusement et avec précaution. Alors qu’elle sortait de la pièce, un craquement se fit entendre derrière elle. Elle se retourna brusquement et aperçu l’homme à la scie planté devant elle. Une douleur intense la traversa des pieds à la tête. Il était déjà trop tard, la scie mutilait son abdomen en lambeaux, réduisant son jeune corps à rien de plus que de la chair humaine. Elle ne quitta pas le regard du boucher, jusqu’à ce que celui-ci retire la scie de son corps. Enfin libérée de cette souffrance, Heather quitta son corps soulagé.

Il ne s’agit malheureusement pas d’un passage du film, mais bien du cru de mon imagination. Une scène du genre aurait été le strict minimum pour faire honneur à la série massacre à la tronçonneuse. Au lieu de cela, nous devons se contenter d’un mélange entre un film d’horreur de série B et Jersey Shore.

Heather apprend qu’elle a été adoptée et doit aller récolter l’héritage donné par sa vraie grand-mère récemment décédée. Celle-ci met le cap sur le Texas accompagné de quelques amis, pour aller récolter ce qui lui est dû. Arrivée au village, elle fait l’acquisition du manoir lugubre de sa grand-mère. Ce qu’ils ignorent, c’est qu’un être assoiffé de sang partagera cette maison avec eux. Armés d’une scie à chaine, les jeunes adultes devront un à un combattre pour leur survie.

Suivit de Massacre à la tronçonneuse 2, 3, 4, d’un remake (2003) et d’un « reboot » (2005), pourquoi ne pas suivre la tendance et faire une version inédite, incohérente, inutile et de plus offerte en 3D? Encore mieux, il s’agit d’une toute nouvelle histoire, avec de nouveaux personnages et tellement d’originalité. Voilà comment John Luessenhop nous vendait son tout nouveau film. Effectivement, sa merveilleuse affiche et sa bande-annonce alléchante pour les admirateurs du genre étaient impeccables. Certes, il est un bon vendeur, mais n’a aucun respect pour sa clientèle.

Des muscles, des tonnes de gel, des mini-jupes, des décolletés, du sexe, de l’alcool et de la drogue, j’ai l’impression de décrire la majorité des téléréalités jeunesses de nos malheureux jours. Le rôle des acteurs, hyper stéréotypé, enlève toute crédibilité à la production qui s’avérait prometteuse. L’accent sur l’insignifiance de la jeunesse de nos jours est beaucoup trop accentué. Voulait-il toucher un public de jeunes adolescents ou son vrai public cible? De plus, il était bien de prendre l’initiative de donner de la nouveauté à la série avec une suite du classique de 1974. Pourquoi tacher de sang cette série? Elle n’est pas déjà assez violente en soi?

Dans ce genre de film, la sensation du dégout, de la peur et de l’insécurité est de mise. Pourquoi avoir copié 95% des films du genre pour ensuite, oublier d’y mettre de l’originalité. J’avais l’impression de réécouter les six films précédents celui-ci, sans les éléments clés. Faire du cinéma = du dépassement et de l’originalité. Comme dit plus haut, Monsieur Luessenhop a été bon vendeur.

En plus de ne pas respecter la série, sa clientèle cible et les admirateurs, Massacre à la tronçonneuse 3D ne respecte pas son titre.

 

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