Critique : Louis-Jean Cormier (spectacle)

(Par Jérémie Bernard)

Première partie (Joe Grass) :

Seul avec sa gêne et sa guitare, ce remarquable musicien a su très vite conquérir une salle Jean-Pierre-Houde plutôt pleine avec des compositions intelligentes, une voix insoupçonnée et une belle touche d’expérimentation à même la couleur de sa musique. Ce musicien accompagnant plusieurs artistes de la scène québécoise est sans conteste un grand guitariste, maîtrisant son instrument au-delà de ce que je suis habitué de voir! C’est donc tout en douceur et en feutre grandissant que cette soirée s’est amorcée.


Il faut se le dire, cette tournée solo de Louis-Jean Cormier n’est pas construite pour ne mettre que son talent à lui en valeur. Le groupe l’accompagnant occupait une place centrale et essentielle dans ce qui fut construit ce soir-là. La voix d’Adèle Trottier-Rivard se trouvait à être le parfait complément à celle de Louis-Jean, réalisant avec assurance diverses harmonies ainsi que des percussions supplémentaires. Marc-André Larocque et Guillaume Chartrain se voyaient octroyés la difficile tâche de maintenir les rythmes de la soirée, et une deuxième guitare venait englober le tout, donnant aux compositions de Louis-Jean toute la splendeur dont elles ont besoin pour se réaliser pleinement en spectacle.

La veillée s’est faite dans la surprise du groupe de voir cette petite salle Châteauguoise aussi bien remplie, et dans la surprise des spectateurs d’avoir droit à un son aussi clair, subtil, et ne perdant rien de sa vigueur. Aucun accrochage technique n’est venu entacher la soirée, la magie a donc pu opérer à sa pleine capacité.

Le projet solo de Louis-Jean Cormier est, comme il l’a lui-même mentionné, un sincère mélange du parcours de l’auteur-compositeur-interprète : de ses influences, de son histoire, de ses origines, de ses pensées. Chaque chanson n’a pour base que la voix cristalline et franche de l’artiste et une profonde volonté de faire passer une passion pour la musique, un amour pour le spectacle et la mélodie, tout le reste étant toujours différent, aucunement restreint dans un style particulier. Impossible de penser ce spectacle comme un tout totalement homogène, tellement chaque pièce possède son essence propre, autant dans sa composition artistique que son interprétation infaillible.

Il faut s’arrêter un moment sur la fraîcheur et la grande passion rêveuse s’émanant des textes. Les paroles de Louis-Jean sont toujours parfaitement audibles et ne cessent justement jamais d’être pertinentes. Chaque chanson de ce spectacle ouvre des images plurielles et impossibles à refermer, touchant à des choses aussi personnelles que l’enfance ou l’amour qu’aussi universelles que l’enfance ou l’amour. Vous voyez maintenant la logique binaire dans la construction sémiotique de ces textes? À la fois intimistes et sociétaires, grandioses et simplistes, réfléchis et limpides.

Le membre fameux de Karkwa n’a donc pas fait un choix étrange de porter ses compositions personnelles jusqu’à la frontière sérieuse du spectacle. Pour une soirée unique puisque provenant de la sincérité profonde d’un de nos génies québécois, je vous propose sans aucune réserve de donner une chance à ce projet ambitieux et d’aller faire un tour à un de leurs spectacles pour constater comment ces pensées de l’intime sont apportées, par un travail d’équipe au sourire virulent, vers un public accompagné du début à la fin, nommé selon le nom de la salle dans laquelle il se trouve, Jean-Pierre commun à tous en ayant fait rire beaucoup et ayant fait découvrir, notamment pour moi, un artiste plein de mélanges et d’histoire, mais surtout, de talent conséquent d’une passion intemporelle et d’un travail acharné dont rien n’arrête, même pas le fait de sortir en son nom un nouveau projet, avec de nouveaux musiciens, et de nouvelles idées ; j’irais même jusqu’à dire, des idées nouvelles, inconnue jusqu’à leur découverte.

Un spectacle pour l’amour de la musique, de la vie et le plaisir de construire autour de quelques guitares des rythmes entraînants et des mélodies renversantes. Un spectacle où l’artiste donne autant qu’il reçoit, pour le bon plaisir de tous.

P.S : Mention spéciale au spectateur ayant toujours su, malgré tous les affreux obstacles, trouver un banc distinct où apposer son gilet. L’acharnement est une vertu, surtout pour permettre à tous, même les gilets, d’être assis de façon confortable.

 

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