Critique : Intelligence artificielle (film)

(Par Jérémie Bernard)

Il y a deux types de films de science-fiction : les films à grand déploiement, bourrés d’action et d’effets spéciaux utilisés en lieu et place d’un scénario solide et de personnages crédibles; et il y a aussi de grandes fresques imaginaires qui arrivent à transcender le temps et marquer beaucoup de gens, même si au final les ventes sont moins fulgurantes. Intelligence artificielle fait partie de la deuxième catégorie : celle qui n’est pas souvent rentable, mais gagne des prix.

Vous reconnaîtrez sans doute ce jeune acteur, Haley Joel Osment, qui fait office de personnage phare dans ce long film. Jouant le premier robot enfant jamais fabriqué sur Terre, cet acteur de renom très jeune à l’époque parvient à lui seul à soutenir la crédibilité de l’univers mis en images par Spielberg. À la frontière entre une machine et un être pensant, le personnage de David touche à maintes reprises par sa sensibilité et sa maladresse, pouvant être à la fois le plus malaisé des enfants et le plus prodigieux des robots sans aucune transition visible. Un visionnement de ce film peut déjà se justifier que par le fait d’être témoin de ce fantastique jeu d’acteur.

L’univers proposé dans le film est, tout comme le veut le genre, beaucoup plus vaste que ce que le temps restreint de toute production permet de montrer. Dans un monde où la calotte glacière a fondue, où plusieurs grandes villes furent submergés, le contrôle des naissances est primordial; d’où l’idée d’utiliser des robots-enfants pour colmater d’urgence le besoin primaire d’une bonne partie de la population de fonder une famille. C’est dans ce monde n’acceptant pas vraiment la présence de robots, éléments controversés et parfois même haïs, que le spectateur voit l’intrigue évoluer en des proportions gigantesques lui permettant d’avoir une vision plus globale de l’univers ainsi qu’une expérience cinématographique beaucoup moins modeste que ce que le film paraissait être au début.

Au départ un récit familial réaliste et mélancolique, le film devient finalement une quête identitaire menée par un robot, ce qui ouvre un débat des plus intéressant sur la valeur de l’intelligence artificielle. Plusieurs robots nous seront présentés et tous auront des traits très humains. La réflexion que ce film pose est sa plus grande qualité en plus d’être ce qui l’éloigne le plus de la première catégorie mentionnée plus haut, où le visuel l’emporte sur le contenu.

Les images sont quand même intéressantes, belles, artistiques : la vision de New York postapocalyptique est extrêmement bien réussie, ainsi que tous ces lieux peuplés de robots ou de destructeurs de robots. Ces derniers jouissent d’une originalité servant à incorporer plus profondément le spectateur au sein de l’intrigue et des valeurs présentées par le récit. La musique aussi est scintillante, sans toutefois surprendre autant que la fin du film sait le faire !

Alors que le film aurait pu se terminer sur la congélation de David, elle va beaucoup plus loin. Et là, les vrais admirateurs du genre seront servis, j’en fais la promesse! Allez le découvrir par vous-même, car cette conclusion est une plus-value toujours agréable pour ce type de films et vous rappellera un peu 2001 : A Space Odyssey.

 

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