Critique : Gears of war (jeu vidéo)

(Par Jérémie Bernard)

Quand Gears of War est arrivé sur Xbox 360, une onde de choc déferla sur l’industrie entière. Responsable de l’augmentation de la mémoire vive de la console lors des dernières étapes de sa production, Epic games se devait de prouver au monde que ce caprice de plusieurs millions de dollars était fondé. À l’aide de leur tout récent Unreal Engine 3, les créateurs de Gears of War on su d’entrée de jeu mettre bien haute la barre de tous les prochains TPS sur cette génération de consoles. Avec un contexte incroyablement captivant, un gameplay lourd et jubilatoire et des personnages attachants dans un cachet graphique bien reconnaissable, cette nouvelle licence avait tout pour conquérir tous les gens avides de science-fiction et aimant bien les jeux un peu crasseux.

Dans Gears of War, tout va au plus mal sur Terre. Il y a plusieurs années, une race surpuissante a émergée des entrailles de la planète pour commencer à conquérir toute surface viable, donc à exterminer les poches démographiques humaines une à une. Une seule ville tient encore debout grâce au seul fait qu’elle est assise sur une immense plaque de granit. Cette dernière fait office de dernier rempart de l’humanité, de la dernière poche de résistance des hommes face à la horde locuste.

Nous incarnons donc les Gears, ces soldats surprotéinés et vétérans des anciennes guerres humaines, voués à combattre quotidiennement ces grosses larves et toutes leurs variantes. D’emblée, je vous conseille fortement de jouer au jeu dans sa trame originale, la traduction française rendant absurdes et clichés ces gros soldats chargés de testostérone.

Le jeu se veut très sombre, mais surtout très beau, les graphiques n’ayant à l’époque aucun égal en terme de décors, d’effets et de jeux de caméras. En contraste avec tout le sentiment d’impuissance de l’humanité face à cet envahisseur trop nombreux et trop puissant, les dialogues des Gears dégagent toujours un sarcasme et un cynisme hilarant. Le jeu en est donc allégé, mais pas moins sérieux dans son sujet. Les personnages que vous verrez évoluer tentent de mettre un peu de rires dans leur vie sale et meurtrière.

Au niveau du gameplay, Epic a su redonner ses lettres de noblesse au genre particulier qu’est le « third person shooter ». La caméra est un peu plus près du dos du personnage, contrairement à d’habitude, et se veut très cinématographique lors des courses ou du découpage à la tronçonneuse. Tous ces éléments accentuent le côté tragique, violent et intense deGears of War sans jamais gêner le joueur, ce qui est en soi une excellente force du titre.

Les développeurs savaient bien que leur nouvelle licence se dévoilerait sous forme de trilogie, ce qui explique pourquoi ce premier opus pose plus d’énigmes sur l’univers qu’il n’en résout. Cette introduction sert donc à se familiariser avec les personnages clés de l’univers ainsi qu’au contexte particulier dans lequel le joueur évolue. L’histoire en soi est intéressante, mais très ordinaire si l’on oublie un peu les graphiques hors du commun et le plaisir pur ressenti en jouant. Le scénario reste en surface, peu détaillé, peu original. Le but de ce premier jeu est ni plus ni moins d’éliminer la race Locuste de l’intérieur. L’aventure est une vraie partie de plaisir, surtout en coopération, mais ne surprend pas une fois la logique narrative comprise dans ses mécaniques de base.

Autre section ayant fait sensation à l’époque, le multijoueur de Gears of War se veut quant à lui très original et s’inscrit dans la catégorie très recherchée en jeux vidéos du « Oh, mais je n’ai jamais vu ça! ». Avec de petits affrontements à huit joueurs, ce jeu tourne le dos à la mode « guerre à grand déploiement » très populaire à l’époque (et encore aujourd’hui) pour offrir des modes de jeu très classique, mais un système d’exécutions tout à fait novateur et amusant. Dans plusieurs modes de jeu, il faut achever son ennemi pour que ce dernier ne se relève pas avec l’aide d’un de ses alliés. Ce concept se verra beaucoup par la suite, ainsi que tout le gameplay basé sur le fait de bouger aisément d’un couvert à l’autre, le tout de façon fluide et rendant les affrontements multijoueurs plus nerveux et calculés.

Avec un scénario réducteur, mais un univers baignant dans la violence et l’horreur qu’inspire les locustes en plus d’un multijoueur différent et addictif, Gears of War a su ajouter une excellente exclusivité au catalogue de la Xbox 360, créant alors ce qui deviendrait une des séries cultes de cette génération. Excellent début, ce premier Gears laisse assez de marge et de bonnes idées à ses successeurs pour  leur assurer un avenir glorieux rendant connu de tous le logo rouge mort de l’émergence locuste, date sordide faisant frémir les plus forts et mourir de peur les plus faibles.

 

Votre opinion?

Entrer les renseignements ci-dessous ou cliquer sur une icône pour ouvrir une session :

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s