Critique : Dragon’s Crown (jeu vidéo).

(Par Marc-Olivier Lalonde)

Introduction

Le genre beat ’em up (jeux de combat où l’écran défile de droite à gauche et dans lesquels les héros doivent faire face à un nombre important d’ennemis) a connu ses heures de gloire dans les années 1980-1990. De nos jours, les franchises qui se sont illustrées pendant cette époque n’ont plus la même envergure et le même lustre qu’auparavant. Double DragonTeenage Mutant Ninja TurtlesStreets of Rage et Final Fight étaient des incontournables durant l’ère où seules deux dimensions régnaient. Quand sont sorties les Nintendo 64, PlayStation et Dreamcast, ces séries ont décliné rapidement. Plusieurs tentatives ont été tentées afin de rendre le genre attrayant à nouveau mais sans avoir de succès pendant des années. Le genre est-il mort pour autant? Pas du tout! Avec la récente recrudescence de la popularité des jeux 2D (s’expliquant par les jeux indépendants et les plateformes telles que Steam, PlayStation Network et Xbox Live Arcade), le genre est redevenu pertinent. Cela nous amène à Dragon’s Crown.

Histoire et personnages

Si le jeu possède un point faible facilement identifiable, c’est du côté de l’histoire. Tout ce que vous pouvez imaginer de plus générique concernant la fantaisie dans les jeux vidéos s’y retrouve. Un dragon ancien et extrêmement puissant est sur le point de se réveiller de son sommeil. Vous, accompagné des quelques compagnons, devrez faire en sorte d’éviter que cela se produise.  Entretemps, le roi de Hydeland est disparu et son royaume peut tomber en guerre avec un autre à tout moment. Rien de bien créatif, vous en conviendrez.

Comme dans tout bon beat ’em up, aucun personnage en particulier est l’unique héros de l’histoire. Libre à vous de choisir parmi le magicien (Wizard), la sorcière (Sorceress), l’elfe (Elf), l’amazone (Amazon), le nain (Dwarf) et le combattant (Fighter). Vous pouvez constater que les concepteurs auraient pu mettre un peu plus d’effort à la réalisation de leurs personnages et de l’histoire. Puisque je suis un grand amateur de la mythologie des jeux, j’aurais préféré que chaque personnage soit distinct. De sorte que je comprenne et j’apprécie la motivation derrière leurs intentions. Quoique je suis certain que plusieurs aiment néanmoins la liberté qui est offerte. Cela vous laisse l’opportunité de créer votre propre personnalité et histoire. Si tel est votre cas, vous vous réjouirez aussi du fait que les personnages n’ont pas de noms attitrés non plus. En ce qui me concerne, ma sorcière s’appelait Cynthia puisque c’était le nom suggéré. Je suis presque certain cependant que ces noms sont générés de manière aléatoire car c’est le cas de tous les aventuriers que vous rencontrerez (ceux qui feront partie de votre équipe c’est-à-dire. Mis à part Rannie, un voleur qui vous suivra partout mais qui ne se battra pas. Il vous déverrouillera des portes et des coffres.).

Jouabilité

Dragon’s Crown nous ramène vers nos enfances passées avec nos consoles et surtout dans des arcades (oui, oui, ces lieux qui sont dédiés aux jeux vidéo et qui sont en voie de disparition. Que de souvenirs…Je me sens vieux soudainement.). Le jouabilité est tout ce qu’il y a de plus récurrent dans le genre beat ’em up. Votre groupe fera face à des hordes d’ennemis, presque tous des classiques de la littérature de fantaisie. C’est donc dire que des vampires, orcs, goblins et démons seront au menu. Mention spéciale aux ennemis qui complètent les niveaux (les “boss”). Ils sont souvent gigantesques, parfois frustrants et toujours extrêmement dangereux.

Vous possédez plusieurs vies pour compléter chaque emplacement. Après avoir atteint un certain nombre de points, vous aurez droit à une vie supplémentaire. En général, j’en obtenais une à tous les tableaux. Si le degré de difficulté est grand et que vous avez écoulé toutes vos vies, le jeu vous laisse l’opportunité d’en acheter d’autres grâce à l’or que vous aurez accumulé. Cet même or sera utilisé afin de vous procurer de nouvelles pièces d’équipement.

Le jeu vous offre la possibilité de jouer coopérativement en ligne ou hors-ligne. D’autant plus, vous pouvez l’acheter à la PlayStation 3 ou à la Vita. Mieux encore, vous pouvez transférer vos données entre les deux consoles. Quand vous aurez sauvegardé, vous pourrez continuer votre aventure sur l’autre console. Les joueurs solitaires (comme moi) ne seront pas en reste. Si vous décidez d’affronter les périples seul(e), l’intelligence artificielle contrôlera les trois autres personnages qui complèteront votre bande. Sur votre chemin, vous trouverez des restes humains qui pourront être ramenés à la vie moyennant une somme d’argent négligeable. Ces squelettes redeviendront des personnes qui seront à votre disposition. C’est de cette manière que vous remplacerez des alliés tombés au combat. Votre niveau augmente plus vous progressez mais pas celui de vos ami(e)s. Vous n’aurez d’autre choix que de les échanger pour d’autres quand les dommages qu’ils (et elles) feront aux ennemis deviendront insignifiants. Plus vous progresserez dans l’aventure, plus le nombre d’habiletés auxquelles vous aurez accès augmentera. Pour chaque niveau supérieur atteint, un point (skill point) vous est offert. Vous devrez utiliser ces points pour acheter des habiletés. Des points vous seront aussi offerts quand vous aurez complété des quêtes spéciales.

À la manière de Diablo 3 par exemple, plus vous jouez, plus le jeu devient répétitif. Quand vous aurez battu les neuf emplacements, vous devrez les compléter à nouveau afin de trouver des talismans. Le combat final vous attend une fois cet objectif atteint. Le jeu n’est pas entièrement terminé cependant puisque deux autres niveaux de difficulté qui poursuivent l’histoire vous attendent. C’est donc dire que chaque emplacement doit être complété au moins six fois pour compléter le jeu. Un peu trop honnêtement.

Graphiques, musique et voix

J’ai adoré l’effort qui a été mis dans le style, unique aux jeux provenant de Vanillaware. Bien que les boss ne soient, pour la plupart, pas singuliers, ils sont magnifiques à regarder. En fait, tous les environnements et les personnages se démarquent. La palette de couleurs est impressionante et nous renvoie directement vers les bandes-dessinées. J’aurais préféré qu’il y ait une plus grande distinction entre les sortilèges de la sorcière et du magicien cependant. Surtout en ce qui trait à ceux qui touchaient aux éléments (feu, glace, vent, etc). Les effets visuels se ressemblaient un peu trop à mon goût. D’après la description des personnages, c’est une des raisons pour lesquelles j’ai choisi la sorcière plutôt que le magicien. Elle possède une plus grande variété de sortilèges. Elle transforme ses ennemis en grenouilles, ressuscite des squelettes pour les avoir sous ses ordres et protège ses alliés avec des sorts plus défensifs. Peu importe, le jeu est magnifique.

Une certaine controverse est née dès les premières images qui ont été présentées au public. La raison? Les dimensions farfelues des personnages féminins. Sans compter le fait que plusieurs d’entre elles sont des stéréotypes de la princesse qui a besoin de se faire secourir par un héros. Est-ce que je suis d’accord avec les gens mécontents? En partie. Ces personnes ont raison d’affirmer que ces femmes (humaines, elfes) possèdent des proportions impossibles. J’ai un contre-argument à cette affirmation cependant : les hommes, pour la plupart, ont l’air tout aussi loufoques. Prenons le combattant à titre d’exemple. Sa tête est beaucoup trop petite si on la compare au reste de son corps. Le stéréotype du gars musclé sans cervelle est bien représenté avec lui. Le nain? N’en parlons pas. Ses muscles ont des muscles et ses poings sont plus volumineux que sa tête! De plus, il porte à peine plus de linge que l’amazone. En ce qui concerne la sexualisation des personnages non-jouables féminins, je suis entièrement d’accord avec les critiques. Ces femmes n’étaient pas obligées de poser de façon aussi suggestive. Le reste du jeu n’aurait pas été affecté. Une tempête dans un verre d’eau si vous voulez mon avis. Surtout que l’elfe, la sorcière et l’amazone ne font pas partie du cliché de la femme sans défense. Elles sont aussi fortes que les hommes et ont un rôle crucial à jouer quand vient le temps de combattre aux côtés d’alliés. De plus, elles ne sont pas frêles comme en témoigne l’amazone. Elles jouent des rôles diversifiés et sont présentes en nombre égal à celui des hommes. Vraiment, d’autres franchises mériteraient de se faire taper sur les doigts bien avant Dragon’s Crown. Quelques exemples : Duke NukemDead or AliveSoul Calibur et Call of Duty (qui inclura des femmes dans son prochain opus, finalement. Feront-elles partie de l’histoire ou seront-elles reléguées au mode multijoueur seulement?).

Pour ce qui est des voix, chaque acteur fait du bon travail. On entend la différence entre les personnalités des personnages. La musique est potable mais je ne peux pas dire qu’il y ait une chanson plus qu’une autre qui me restera en tête.

Conclusion

En somme, je vous conseille fortement d’acheter ce jeu si vous êtes une personne qui a connu les années de gloire de la 2D. Particulièrement si vous êtes amateur(trice) des beat ’em up ou encore des hack and slash (taillader et trancher) plus récents. C’est ce qui se fait de mieux dans le genre depuis les dernières années. Si vous avez apprécié Scott Pilgrim vs the World : The GameCastle Crashers ou encore Viewtiful Joe, vous devriez aimer ce que Vanillaware a à offrir.

Pour me donner vos impressions, envoyez-moi un courriel à marcolalonde@jestermind.com ou faites-moi signe sur ma page Facebook : https://www.facebook.com/marcolivier.lalonde

 

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